Cf. Rocher, op. cil., pp. 280, sq
5. Dans sa biographie, Eginhard s'était borné à dire : « Hispaniam quam maximo
Petaviani, — qui mentionne, à l’année 778, sinon la prise de la ville, du moins sa reddition entre les mains de l’empereur. Mais son témoignage, du reste assez suspect ‘, ne saurait prévaloir contre le silence de tous les autres textes. Au contraire, l'accord unanime de ceux-ci suffit à établir, que Girone ne joua, sans doute, aucun rôle dans l'expédition de 778, et qu’en tout cas elle ne fut pas prise par Charlemagne ?.
Ce qui est vrai, c’est que, quelques années plus tard, en 785, dans des circonstances assez obscures, Girone fut livrée aux Français 5. Que cela ait été l'effet d’une expédition heureuse, entreprise par un des comtes, auxquels l’empereur avait confié la garde de la frontière, ou celui d’intrigues habiles, nouées par l’un d’eux avec la population chrétienne de Girone, ce qui est sûr, c’est qu'il ne faut pas prendre à la lettre les termes, dont se servent les chroniques, quand elles disent, que la ville fut livrée « au roi Charles ». En 785, l’empereur n’est pas venu en Espagne. Il est resté en Saxe, retenu par d’autres soins 4. Girone n’a donc pu être remise qu’à l’un de ses représentants. Il n’a pas reçu lui-même sa soumis-
poterat belli apparatu aggreditur, saltuque Pyrenei superalo omnibus quae adierat oppidis alque caslellis salvo et ‘incolumi exercitu revertitur » (Mon. Germ. hist. Script., Il, 447). Et le passage des Annales relatif au même événement, quoique: plus développé, était également muet sur la prise de Girone. Cependant, Dom Bouquet, en reproduisant le premier de ces textes, avait ajouté la note suivante, empruntée à une autre chronique : « Susceptis scilicet Pampilona, Osca, Barsilona atque Gerunda. » Et, de mème, les Bollandistes, reproduisant le passage d’Eginhard continuent en ces termes : « Ea expeditio anno 778 ipsorum Maurorum rogalu suscepta. Capta Pampilona et in reditu destructa aut nn nudata, Osca, Pare Cæsaraugusta aul cerle eorum praefecti obsides dedere. » Tous ces textes sont cités intégralement par Rocher, op. cif., p. 281.
1. «778.Eodem anno domnus rex Carolus cum magno exercitu venit in lerram Galliciam et adquisivit civitatem Pampalona. Deinde accepit obsides in Hispania de civitatibus Abitauri alque Ebilarbii quorum vocabulum est Osca et Barcelona necnon et Gerunda. » Cité par Rocher, loc. cit.
2. Cf. Abel und Simson, Jahrbücher des fränkischen Reiches unter Hal Cros,
Pp2220; 3e Fu Abel und Simson, op. cit., I, p.419. La Chronique de Moissac se borne à dire : Eodem anno (785) CA bntA homines Gerundam civitatem Karolo regi
PR » Mon. Germ. hist. Script., I, p. 297.