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sortes dans les livres liturgiques, même les plus beaux, et qui avaient été établis à grands frais '. Rien, par suite, ne nous assure, que celui qui ajouta au Bréviaire de 1539 le texte de l'office de Saint Charlemagnesesoit acquitté de sa tâche, mieux que les autres scribes, et que sa copie soit de tous points parfaite. L'absence'de tout autre manuscrit rend impossible la correction d'un certain nombre de fautes et de lacunes qui peuvent s'y trouver. En outre, comme nous n'avons pas affaire au Bréviaire lui-même, le texte que nous avons de l'Office de Charlemagne peut avoir été altéré par le fait de ceux qui l'ont transcrit, d'après ce manuscrit unique. Comment fltire la part d'erreur qui revient au scribe primitif, et celle qui appartient, en propre, aux copistes modernes ? Et quel espoir peuton avoir, dans ces conditions, de reconstituer le texte véritable de l'Office ?
Une précieuse ressource nous est cependant fournie par le fait, que du texte, contenu dans le Bréviaire aujourd'hui perdu, nous avons non pas une, mais deux copies, faites par deux auteurs différents. Jusqu'ici, on n'avait guère utilisé que celle de Florez. C'est elle, qui, publiée d'abord dans VEspaha Sai^rada ^, avait été reproduit, par Migne \ par Rocher ■* et par M. Schneegans 5. C'est sur elle, que repose la traduction de l'Office, donnée par Gaston Paris ^ et que Rocher lui a empruntée 7.
Une autre copie, cependant, existait, celle que Villanueva avait
1. ISEspaiia SagraJa nous cite, à ce sujet, le curieux témoignage de Juan de Biedma sur le Bréviaire de l'église de Tolède, qu'il fit imprimer à Venise en 1483 : « Habebat enim scripta oiiinia mendis referta, ita iit gariila avis videretiu-, si qiiis legeret. Deinde non coma, non periodiis : postrenio, quod onininm est deterius nec sententia nec sensus, ita ut legentes pêne teniulenti viderentur. » Il en était, paraît-il, de même de la plupart des manuscrits liturgiques des églises d'Espagne et VEspaûa Sagrada y revient plusieurs fois. Cf. notamment XLIV, p. 109.