Cf. l'"idel Fita, oJ>. cil., Keiiaxensa, III, p
En effet, telqu'ill'a publié, l'Office de saint Charlemagne comprend huit leçons, numérotées de I à VIII. Cette constitution est si singulière, si anormale, qu'on peut, sans aller plus loin, affirmer, qu'elle ne correspond pas à celle de l'Office, qui figurait dans le Bréviaire déchiffré par Florez. La liturgie n'a jamais connu d'office de huit leçons, mais uniquement, selon l'importance des fêtes qu'ils célébraient, des offices de une, trois ou neuf leçons '. L'Office de Girone, tel qu'on a appris à le connaître par VEspaha Sagrada, serait une sorte de monstre, et de cela il ne semble pas que l'on se soit douté jusqu'ici.
Sans doute, on a affirmé l'existence d'une lacune et supposé la perte d'une neuvième leçon, qui aurait fait suite à la dernière du texte actuel^ mais c'était pour des raisons purement littéraires et afin de retrouver, dans l'Office liturgique, tous les éléments d'un récit, considéré comme plus ancien et comme lui ayant servi de modèle ^. Mais nous verrons, que l'hypothèse est purement gratuite, et qu'il n'y a aucune raison de penser, que la leçon VIII du texte connu ne soit pas, en effet, la dernière.
Cependant, en s'appuyant sur l'usage liturgique, on peut assurer, que l'Office de saint Charlemagne devait avoir neuf leçons. Nous savons, d'autre part, qu'il en était ainsi. L'acte, par lequel Arnaud de Montredon l'avait établi, portait peut-être la mention du nombre de ses leçons ', mais ce qui est sûr ^, c'est que lors de la visite de Don Lopez de Haro, le chapitre lui parla de l'office « en neuf leçons », consacré à saint Charlemagne. Enfin, la copie de Villanueva comprend, bien effectivement, neuf leçons ; une leçon nouvelle, étrangère au texte de Florez, vient s'insérer après la leçon VI, pour devenir la leçon VII, tandis que les deux suivantes, tout en restant identiques à ce qu'elles sont chez Florez, sont respectivement les leçons VIII et IX.
1. On signale aussi, mais comme tout à fait exceptionnelle, l'existence de quelques offices de 12 leçons.