Cf. Gaston Paris, Roiiiaiiia, II, p
5. Il n'y a même pas lieu de s'arrêter à l'opinion toute gratuite de M. Schneegans, d'après qui, si les deux récits étaient à l'origine indépendants, ils auraient été réunis plus tard dans le même texte. Certains bréviaires auraient complété les huit leçons de l'Office liturgique en les faisant suivre de cette neuvième leçon. C'est une supposition, qui ne repose sur rien et tout à fait invraisemblable. Cf. Schneegans, op. cit., pp. 5 5 et 75.
LE TRACT ATUS DE CAPTIONE GERVKDE 73
Dira-t-on, pour expliquer cette dénomination de noua lectio, que ce récit avait, lui aussi, primitivement revêtu la forme rituelle, qu'il appartenait à un texte liturgique plus largement développé, dont l'Office de 1345 ne serait qu'une réduction ? Nous avons vu, qu'antérieurement à cette date il n'y a pas trace à Girone d'un culte voué à Charlemagne. Il n'y a donc aucune raison de supposer l'existence d'un récit antérieur de la prise de Girone, rédigé sous la forme liturgique de leçons. Au surplus, le texte, que nous a conservé le chanoine Bernard Cerda, ne porte aucime trace d'une division en leçons. L'hypothèse de M. Schneegans, qu'à l'origine cette division existait et qu'elle se serait ensuite perdue ' est, de sa part, purement arbitraire. Et il n'était pas moins vain de chercher, comme il l'a fait, à retrouver dans le texte actuel les leçons de l'original '. Si l'on remarque en outre, que ses dimensions conviennent peu à un office destiné à être récité ou chanté et nécessairement assez bref, qu'il contient la matière de plus de quatre leçons de l'office liturgique, on se demande, si ce nom de noua lectio s'appliquait bien à lui, ce qu'auraient pu contenir les huit leçons précédentes. Il s'ensuit, que cette dénomination n'a pu lui être attribuée qu'abusivement.
Est-ce Bernard Cerda qui a foit cette fiiute ? La chose paraît peu vraisemblable, si l'on songe qu'il connai.ssait parfaitement l'Office liturgique, qu'il en avait une copie dans ce même lecj^endàrium, auquel il a emprunté l'autre récit, et qu'il n'y a aucune raison de supposer, qu'il l'ait connu autrement que sous sa forme véritable d'un office en neuf leçons. Il n'a donc pas pu, pour désigner le texte reproduit par lui, se servir de ces termes de ;/07/c; lectio, qui, même pour lui, ne pouvaient avoir aucun sens. Et il reste uniquement que cette dénomination étrange provienne d'une faute de lecture du P. Fita ou de Rocher, qui am'ont lu noiiniii lectioiieni là où le manuscrit dit très correctement uoiunii lectioneiii. Il n'y a à remarquer que l'emploi du mot lectioneiH, qui a ici un sens un peu différent de celui, que lui
1. C'est ainsi i.)iril explique, que le récit avait pu, .'i un moment Jonné, être consid(irc comme la suite de TOllice lituri;ique. Cl. Schneej^ans, ofi. al., p. )t.