‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 41 sur 88 · Cf. Schneegans · texte numérisé non relu

Cf. Schneegans

74 CHAPITRI' IV

donne Bernard Cerda quand il jiarlc des différentes lectiones, usitées au jour de la fête de Charlemagne. Au lieu que dans ce dernier cas, il désigne expressément les leçons liturgiques, constituant les différents offices de saint Charlemagne conservés dans le le.gendariiim ', quand il appelle lurvam leclionem le texte, qu'il reproduit en raison de s?i nouveauté, le mot n'a pas d'autre sens que celui, plus général et plus étendu, de « texte » et de « récit ».

Il faut donc renoncer à cette dénomination de neuvième leçon, qui ne s'est jamais appliquée au texte transcrit par l'auteur du Fidnniis. Quels que soient ses rapports avec l'Office liturgique, ce récit nous apparaît, dans la forme même où nous l'a transmis Bernard Cerda, comme un récit indépendant, ayant une destination différente et qui n'a jamais été un texte rituel.

Cette façon de comprendre ce récit se trouve confirmée par la découverte du texte complet, dont il n'est lui-même qu'un extrait. De tout ce qui avait été dit à son sujet, une seule chose subsiste, c'est qu'il est un fragment d'un récit qu'on croyait perdu. Il est d'autant plus curieux de le constater, qu'on ne s'était pas préoccupé beaucoup de le retrouver. Cependant Rocher, à propos de la fraternité des deux églises de Girone et du Puy, avait invoqué l'autorité du manuscrit, qui le contient, et vraisemblablement, sans l'avoir lu. Il citait en effet comme contenant les preuves authentiques de cette fraternité « un livre de la Confrérie contenu dans l'armoire n° 58 », et il renvoyait avec précision au folio 9 dudit manuscrit, où se trouve,

I. Si l'on se reporte en eflfet au texte de son Vidimus, on voit qu'il a trouvé dans le legendariiim non seulement les leçons de l'office, chanté pendant cent quarante ans à Girone, mais encore d'autres leçons, c'est-à-dire d'autres offices en l'honneur de saint Charlemagne. Aujourd'hui encore, au secrétariat du chapitre, on conserve un ancien bréviaire, où figure la fête de saint Charlemagne, mais l'office est tout différent de l'office institué en 1345 à Girone et sans aucun rapport avec la légende de la prise de la ville . Il se peut, que ce bréviaire et d'autres encore, aujourd'hui disparus, aient été rassemblés par l'évêque Arnaud de Montredon, alors qu'il se préoccupait d'instituer à Girone un culte analogue à celui, que d'autres églises avaient déjà voué à Chhrlemagne. Il aurait emprunté à ces bréviaires la forme générale de l'office, et aussi certaines antiennes ou certains hymnes chantés ailleurs. Il n'y aurait eu de local et d'original que la légende dont il constitua les leçons. On trouvera à l'appendice le texte inédit de cet office.

LE TRACTATUS DE CAPTIOXE GERUXDE 75

en effet, le récit complet dont le Vidimus de 1561 nous a conservé l'extrait que l'on sait'. Comment a-t-il pu ne pas le reconnaître? C'est ce manuscrit, que nous avons retrouvé <\:x\\sV Archivo de la cathédrale, par hasard, le classement de ces archives étant beaucoup moins rigoureux, que ne le laisseraient supposer les indications si précises données par Rocher. C'est un beau manuscrit en parchemin, de o"'37 de haut sur o"'25 de large, folioté de i à 33 et écrit en deux colonnes. L'exécution en est soignée et l'écriture paraît être du xv*^ ou du xvi'= siècle, sans qu'il soit du reste possible de beaucoup préciser. Une note manuscrite, qui se trouve sur la reliure ne nous renseigne que très vaguement sur son âge. Elle se borne à dire : « Liber iste anlhjiiissimus sed quia erat pêne dirutus remwaltis fuit anno Domiiii ijoS. » Il suffit d'examiner le corps du manuscrit pour constater, que la reliure seule est moderne et que c'est uniquement à elle, que s'est appliquée la restauration de 1708. Sur cette reliure en parchemin se trouvent en capitales le titre de deux des documents, vraisemblablement les plus importants, contenus dans le manuscrit.

INSTITUTIO CONFATRL'\E (sic) HEATAH MARIAI- Al.MAI- S1-:DIS

{;i-:rundensis. — tractatus dh captioni- gerln'dae et edificatione ipsius cathedralis ecclesie comodo karoi.l's magnus magnl's imperator eam dotavit atq.ue ix ea episcopum ordinavn .

La présence du Tractatus dans un même manuscrit, à côte de l'autre document, s'explique peut-être par le foit, qu'il se rapporte, lui aussi, par certains côtés, au culte voué à la Vierge Marie par la cathédrale de Girone, et qu'il peut, dans une certaine mesure, passer pour un témoin de l'antiquité de ce culte. C'est Charlemagne lui-même, qui aurait dédié l'église à la Vierge : c'est peut-être par là, que s'explique le choix, tait par lui conmie évêque de (iirone d'un chanoine du chapitre de Notre-Dame du Puv, et les relations certaines, qui, dès longtemps, ont existé entre ces deux églises. Nous verrt)ns plus loin l'importance et le caractère, que les chanoines de (jirone s'efforcèrent de donner à ces relations.

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