Cl". iMorcl-I'atio, o{). cit., p
2. Nous avons ailleurs la preuve i^ue Bernard Cerda a parfois déformé les noms propres qu'il trouvait dans le texte. Ainsi, alors que le 7Vi/r/ii/;n, d'accord en cela avec l'Oflice, appelle Alhai i\is la p.irtie des l'vrénées, où Charlema^ne trouve un passage, l'auteur du l'iàiiiiin, décomposant sans doute ce nom en Al Ihtrtii(s), le transforme en un locns del liai lii, qui est un non sens.
J. Cl. Morel-f'atio, 0/'. (//., p. 675.
Pour cette dernière, le Trnctains a préféré la (orme hùn'isée Sanctus Madir, et de même, au lieu de Sancta Maria de Amer, il latinise complètement le nom en Sancta Maria de Amerio. Enfin Berufa du Tractatus n'est, en face de Barufa de l'Office, qu'une forme seconde, où se trouve marquée la valeur particulière en catalan de Va protonique initial, qui le rapproche beaucoup de Ve '. De cette comparaison des noms de lieux dans les deux récits, il ressort donc avec évidence, que nous avons affaire à des auteurs, qui, tous deux, sont des clercs et des Catalans. Ils adoptent, pour leur toponymie, des formes soit latines, soit latinisées, et quand ils leur conservent leur nom vulgaire, chacun d'eux choisit la forme qui lui est la plus familière, ou qui se rapproche le plus de sa prononciation. Quels que soient les rapports des deux récits, les variantes relevées ont pu se produire, et rien ne s'explique plus naturellement.
Pour prouver, en particulier, que l'Office ne pouvait être un abrégé de l'autre récit plus développé, M. Schneegans recourait à deux arguments spéciaux. L'un, dont la découverte du Tractatus a démontré la vanité, était tiré de l'absence, dans le second récit, de l'introduction et de la campagne dans le Roussillon, qui semblaient propres à la rédaction de l'Office. L'autre consistait dans le fiiit, que l'Office indique très exactement les deux chemins suivis par l'armée de Charlemagne, lors du passage des Pyrénées, au lieu que l'autre récit n'en mentionne expressément qu'un.
Ce dernier argument n'est pas plus probant que le précédent ; il n'est même pas mieux fondé. Si l'on se reporte, en effet, aux textes, on voit que la fuite des Sarrasins sur Girone est déterminée par la crainte d'être cernés par l'armée de Charlemagne. Celui-ci, arrêté au Perthus par une suprême résistance de l'ennemi, s'efforce de le tourner et, pour cela, divisant en deux corps son armée, fait passer l'un par le col de Panissas situé à l'ouest ^, tandis que l'autre suit un chemin moins nettement indiqué et surtout moins commode « per