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2. Nous avons dcj.'i relevé riiivr.ii.scniWancc, qu'il \ av.iit .1 ciuovcr p.ir mer
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ment peut-être, l'histoire à la légende. Il a fermé l'oreille aux traditions poétiques, à supposer qu'à cette date elles fissent encore entendre leur voix. Son récit, par rapport a l'Office liturgique, nous apparaît comme s'éloignant, à dessein, ou non de la légende qui fait le fond de cet autre récit. Et c'est, en définitive, ce qui nous fait retrouver en lui une conception très postérieure à celle de l'Office. Non seulement il a été écrit beaucoup plus tard, mais la façon, dont l'auteur se i;eprésente les choses, exclut la possibilité, qu'il ait pu s'inspirer d'un récit antérieur à la rédaction de l'Office. Il ne peut être qu'un remaniement de la légende, que nous avons appris à connaître sous la forme rituelle, que lui imposa, en 1345, l'initiative de l'évèque Arnaud de Montredon. A cela se réduit sa véritable valeur. Il ne peut expliquer les particularités, que nous avons signalées dans l'autre texte. C'est celui-ci, dont le témoignage importe, au point de vue de l'histoire poétique de Girone, et dont il nous reste, en recherchant ses sources, à établir la valeur traditionnelle.
une armée de secours et un convoi de vivres, qui, débarquant sur la côte espagnole, devaient, pour parvenir à Charlemagne, traverser un pays tout entier aux mains de l'ennemi. Nous croyons, que c'est là un souvenir assez malencontreux des expéditions, parties plusieurs fois au moyen âge des côtes du Languedoc pour venir au secours de la Catalogne et de r Aragon. C'est ainsi, notamment, qu'en 11 14 Guillaume de Montpellier et Aymeri 11, vicomte de Narbonne, ayant chacun armé vingt vaisseaux, étaient venus se joindre à Raimond Bérenger comte de Barcelone, pour reprendre Majorque, qui était encore aux mains des Sarrasins. Cf. Hisloirc de Laugiwdoc, III, pp. 620, sq.
LES SOURCES DE l'oITICE LITURGIQUE ET SA VALEUR TRADITIONNELLE
La dernière question, qui se pose à propos de l'Office liturgique, est celle de savoir, à quelles sources a puisé son auteur. Puisque c'est seulement en 1345, qu'apparaît, sous la forme rituelle, la légende de saint Charlemagne à Girone, et que rien n'autorise à supposer, qu'elle s'était déjà fixée dans un récit antérieur, il faut nous demander, comment s'y prit le clerc, qui, pour obéir aux prescriptions de l'évêque Arnaud de Montredon, constitua de toutes pièces l'Office en neuf leçons, qui devait, jusqu'en 1484, se réciter le 28 janvier de chaque année dans tout le diocèse de Girone.
Il s'enquit, à n'en pas douter, des offices qui étaient récités ailleurs et dans les mêmes circonstances. Depuis déjà cent quatrevingts ans le culte de Charlemagne était célébré. La liturgie particulière à sa lète s'était constituée. A côté d'antiennes empruntées au « commun » des Confesseurs, les églises, qui fêtaient la saint Charlemagne, avaient admis dans leurs oflîces certaines antiennes ou oraisons propres au saint et inspirées de sa légende. L'auteur de l'Office de Girone dut, en partie au moins, adopter les chants liturgiques, qui étaient en quelque sorte consacrés ', et de fait, la plupart des hymnes, antiennes et oraisons, qui le constituent, se retrouvent
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dans les offices célébrés ailleurs en l'honneur de saint Charlemagne.
Nous avons une autre preuve du souci, qu'il eut de modeler l'Office, qu'il créait, sur ce qui était déjà, dans le fait, qu'aujourd'hui encore, la cathédrale possède un bréviaire appartenant à un diocèse étranger, dont la légende en neuf leçons raconte tout autre chose que la prise de Girone par Charlemagne '. C'était, sans doute, un bréviaire, que l'auteur de l'Office s'était procuré pour se conformer à la liturgie traditionnelle du saint. L'étude de la constitution de cette liturgie, de ces liymnes et de ces antiennes pourrait être intéressante non seulement pour l'histoire du culte de Charlemagne, mais aussi pour celle de sa légende en général.
Au point de vue particulier, qui nous occupe, c'est uniquement la constitution de la légende en neuf leçons, adoptée par Girone, qui doit retenir notre attention, et il est bien certain, que, sur ce point, la comparaison et l'étude des offices célébrés à Halberstadt, à Zurich ou ailleurs ne put rien fournir au clerc, qui la rédigea. Il voulait commémorer, non pas les mérites généraux de piété, de vertu et de dévotion, que la légende cléricale attribuait à l'empereur devenu saint, mais les services particuliers rendus par lui à la ville et à l'église de Girone. Il voulait célébrer le saint, en quelque sorte, local, qui avait délivré Girone des Musulmans, qui avait aussi fondé la cathédrale et la plupart des églises, couvents et chapelles du diocèse. Sur ce sujet, les offices déjà existants devaient naturellement être muets.
Au surplus, qui, mieux qu'un Gironais, pouvait être au courant des faits et gestes, réels ou prétendus tels, de Charlemagne à Girone? Il n'est pas douteux, en effet, que la légende des services rendus par lui n'ait, de beaucoup^, précédé à Girone l'institution du culte officiel, que lui voua, en 1345, l'évêque Arnaud de Montredon. A cette date, et depuis longtemps, on était à Girone, habitué à traiter Charlemagne comme un bienfaiteur et comme un saint. Quels qu'aient pu être l'origine et le développement des traditions littéraires, relatives à la prise de la ville j^ar l'empereur, il est certain, qu'à Girone même,