‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 65 sur 88 · LES SOURCES DE L OFFICF I.ITURGIQ.UE II · texte numérisé non relu

LES SOURCES DE L OFFICF I.ITURGIQ.UE II

la croyance à la réalité du fait s'établit vite parmi le peuple. Il y eut des traditions, qui en transmirent le souvenir aux générations successives, et c'est cette légende locale, qui dut s'imposer au rédacteur de l'Office liturgique, plus que les traditions poétiques, qu'en sa qualité de clerc il pouvait ignorer. En ce sens, Gaston Paris a eu parfaitement raison d'indiquer les traditions et les souvenirs populaires comme une des principales sources de l'Office liturgique '. Mais, si c'est bien, en effet, cette légende locale, que l'auteur devait d'abord utiliser, il importe de rechercher, en quoi elle consistait, à la date de 1345, quelle forme particulière elle avait revêtue, et si, en particulier, elle n'avait pas subi l'influence de traditions littéraires, qui s'étaient développées ailleurs.

Il est, au moins, une de ces traditions, qui est restée étrangère à la légende locale et que l'auteur de l'Office lui-même a complètement ignorée, c'est celle, à laquelle fait allusion le passage déjà cité de la Kaiscrchronik. De toutes, c'est celle qui apparaît comme la plus littéraire et la plus poétique. Charles se serait rendu maître de Girone, après l'avoir étrt)itement bloquée et il l'aurait réduite par la famine'. C'est là, peut-être, le trait constitutif de la légende poétique de Girone, et le fait, qu'on le retrouve très reconnaissahle dans les traditions particulières à Ernaut, l'autre sauveur de la ville, pourrait établir un curieux rapport entre les deux légendes, celle de Charlemagne et celle d'Ernaut, qui constituent l'histoire poétique de Girone >.

1. Cf. Gaston Paris, Histoire poétique de Charleiiiai^iie, pp. 65 et 279-281.

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