‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 86 sur 88 · Cf. supra, p · texte numérisé non relu

Cf. supra, p

j. Cf- l'cdition Schnccgans, 64501761. 11 tant même noter que, par l'application du procède de dédoublement cher à l'auteur du Philoweiui, nous vo\ons reparaître, bien apré.s la mort de Mahomet, un deuxième roi de Girone, anonyme celui-là, qui, lui aussi, prend part ;\ une expédition formée pour secourir Narbonne et meurt sous les coups de l'abbé de La (îrasse. Cl', édition Schneegans, 1622 et 1684.

En même temps, le silence de l'Office au sujet du roi Mahomet nous fournit un nouvel argument à la fois contre l'hypothèse- de M. Schneegans, touchant l'utilisation par l'Office de la source du Pseudo-Philomcna , et contre sa f;içon de concevoir ce récit poétique. Si l'auteur de l'Office ne s'était pas inspiré directement du Philornena, il n'avait aucune raison de passer sous silence le personnage, que mentionnait la tradition locale. Et si la source commune, que l'on attribuait à ces deux récits, avait contenu une Prise de Girone, puisque c'est à elle que le Pseiido-Phiioniena aurait emprunté le nom du roi Mahomet, on ne s'expliquerait pas, comment l'auteur de l'Office, utilisant à son tour et plus exclusivement cette narration de la prise de Girone, aurait ainsi éliminé ce personnage. Tout s'explique, au contraire, si l'on admet avec nous, qu'il n'a connu et utilisé que le Pseudo-Philomena.

Ainsi, cette histoire, si peu véridique, de l'abbaye de La Grasse est bien la source, à laquelle a puisé l'auteur de l'Office de Girone. On s'en était, certes, douté ', mais on ne s'en était jamais rendu compte, comme nous venons de le faire, et jamais, surtout, on n'avait eu l'idée, qu'elle était la seule source écrite utilisée par ce clerc.

On voit maintenant, comment il a procédé, et que, dans son récit, destiné à commémorer un fait imaginaire, la part de l'invention se réduit à presque rien. Si l'on excepte certains détails très secondaires, qu'il a pu imaginer ou du moins modifier à son gré, il n'a rien raconté, que l'on ne racontât avant lui. Il a d'abord répété ce que tous ses contemporains croyaient, touchant cette prétendue prise de Girone. Il n'est intervenu, peut-être, que pour éliminer une donnée, qui pouvait sembler suspecte, afin de rendre son récit plus vraisemblable. Puis, pour dater autant que possible l'événement et aussi

I. Cf. De Marca, Marcahispanica, p. 2^0, et Demaison, Ayineri de Nurbontie, I, p. 233.

LES SOURCES DE L OlFICE LlTUIU;iQ.UE I59

pour l'encadrer, il l'a rattaché à des événements sans doute légendaires, mais auxquels un long passé poétique avait donné comme un air de réalité. SeuleiiKiit^ il n'a pas puisé à la légende même. lia mis à contribution un texte, qui jouissait à ses yeux d'une grande autorité, et, comme avait fait pour le Psciido-Turpih l'auteur de l'office d'Halberstadt ', mais avec plus d'art, il a résumé dans ses leçons les données du Pseudo-Pbilomena. A part la prière adressée par Charlemagne à la Vierge et l'apparition de celle-ci, il n'y a guère que la manœuvre attribuée à l'empereur, au col de Panissas, et où l'on reconnaît un auteur au courant de la situation réelle des lieux, qui soit vraiment de son invention. C'est le lien, qu'il imagine pour rattacher la poursuite des Sarrasins à la prise de Girone, les données du Pseudo-Philomoia à celles des traditions locales. Entre ces deux sources, il n'y a pas de place pour une troisième, puisque aussi bien on ne voit pas ce qu'il aurait pu lui emprunter. Par suite, au point de vue de l'histoire poétique de Girone, l'Office liturgique n'a de valeur traditionnelle, que celle qu'on reconnaîtra à la légende locale, dont nous avons essayé de déterminer les traits essentiels, et celle surtout, que l'on accordera aux traditions poétiques mises en œuvre, utilisées et, peut-être aussi, altérées par le Psciido-Phi/oiiiena.

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