CONCLUSION
L'étude qui précède nous a permis de préciser quelques points de l'histoire du culte de saint Charlemagne à Girone et aussi d'établir les rapports des deux textes, qui s'y rattachent le plus directement, l'Office liturgique en neuf leçons et le Tractatiis de captione Gerunde. A vrai dire, au point de vue, qui, surtout, nous intéresse ici, il n'y a que le premier qui soit important. L'autre n'en est qu'un remaniement, pour lequel on a utilisé diiîérents éléments, mais non pas les traditions populaires ni les légendes poétiques.
L'Office liturgique seul concerne l'histoire poétique de Girone. L'étude, que nous venons d'en faire, ne résoud certes pas le problème, que celle-ci nous pose. Mais, si elle n'a pas établi le vrai rapport des deux légendes, qui constituent cette histoire, celle de Charlemagne et celle d'Ernaut, du moins nous permet-elle d'affirmer que celle-ci, la plus récente, est toujours restée étrangère aux traditions locales. En 1345, malgré la célébrité conférée à Ernaut par l'imtnense popularité des chansons du cycle de Guillaume, et bien, que peut-être, ailleurs, le succès de sa légende ait rejeté dans l'ombre la tradition plus historique et plus ancienne qui attribuait à Charlemagne la prise de Girone, le personnage reste inconnu des Gironais. L'auteur de l'Office peut mettre e-n scène, à côté de l'empereur, des personnages secondaires comme Roland et comme Turpin, que ses compatriotes connaissent au moins de nom, il ne mentionne pas Ernaut. Et cela au moins semble bien indiquer, que nous n'avons pas affaire à un héros local, dont la légende serait née au pays de Girone. C'est une forte présomption en faveur de l'hypothèse, qui représenterait celle-ci comme d'origine française et surtout comme une légende purement littéraire.