Cf. édition Schnccgans
3. « Maxs ans que fossen a la Xiela perdec dels sieus Marceli. XVI. m
Etentroque fo nuext^ seguiron los. Et adoncx Karles fe ne los sieus cirventi tornar, pregan Xostre Senhor Dieus, jue Marceli e'is sieus confundes c que dones Victoria ad el étals sieus. E fenida la oratio tan grau resplendor venc sobre- Is sieus, corn se fos mieg
Rien, du reste, dans l'original latin ne caractérisait le second combat, sinon le chiffre des Sarrasins morts, qui est de pure fantaisie, et la mention de certains clercs ou évèques, elle aussi, manifestement inventée. L'auteur du PhiJomena semble vraiment avoir dédoublé non seulement l'épisode de la poursuite, tel qu'il était dans son modèle, mais encore un des motifs de cet épisode. Le désir de varier son récit l'a amené à pousser à l'extrême le procédé de développement qui lui est cher. D'un combat unique, que sa source lui indiquait peut-être, comme ayant été livré auprès d'une rivière et dans une plaine, il a fiiit deux combats livrés l'un sur les bords de la Nielle, apiid riviim Nielle, et l'autre dans la plaine du Roussillon, m piano Rosselionis. Peut-être aussi, était-ce à ses yeux un moyen de compenser la suppression des détails relatifs à la poursuite même des Sarrasins et qu'il réservait pour le second récit. En tout cas ce qui est certain, c'est que dans le texte utilisé par lui l'épisode primitif comprenait essentiellement un combat livré aux Sarrasins, qui coupait en deux la
poursuite.
Un second élément était la lutte, engagée par l'empereur dans les Pyrénées mêmes, pour forcer le passage, ou tout au moins pour rejeter l'ennemi en Espagne. Dans la première forme, donnée par le Philomena à la poursuite, l'effort des Français s'arrête à La Cluse. Pourquoi renoncent-ils à aller plus loin, malgré leur désir plusieurs fois manifesté d'anéantir les Sarrasins? Il n'est pas question d'une résistance quelconque tentée par ceux-ci et rien ne semble avoir empêché l'empereur d'achever sa victoire. Pourtant Charlemagne ne va pas plus avant. Il est bien dit, que Roland poursuivit encore les païens « pendant quatre jours », mais la durée même attribuée à cette poursuite la rend invraisemblable. Comme La Cluse est proche de la frontière, une poursuite de quatre jours aurait du amener Roland en Espagne. Et il n'est rien dit du passage même des Pyrénées. Très
dia, et entre-ls Sarrasis tan gran scurtat, com si fos nueytiescura, et era 0 be nnext^. E Vendema enans de lercia feron aqui gran bataïha et aqui fo vencuti autra venguada
Marceli et perdec aqui .LXX. m, dels sieus E Vencaus dels crestias durée entro La
Clausa. » Édo" Schnccgans, 1 195-1210.
ni
CHAPITRL V
LES SOURCES DE l'oFFICE LITURGIQUE
manifestement cette poursuite dirigée par Roland n'est pour l'auteur du Fhilomcna qu'un moyen de remédier à ce qu'a de choquant et d'invraisemblable la retraite de Charlemagne en pleine victoire '. A vrai dire, le récit de la résistance des Sarrasins dans les Pyrénées paraît avoir été, dans ce premier récit, de parti pris, complètement sacrifié. Pour diversifier les deux récits parallèles de la poursuite des Sarrasins on dirait que, dans chacun d'eux, l'auteur du Pscitdo-Philomcua n'a voulu développer que l'un des deux éléments de l'épisode primitif; dans le premier, c'est le combat qui interrompt pour un temps la poursuite et que l'auteur développe en en faisant deux combats. Dans le second, c'est la résistance des païens dans les montagnes, qui forme l'incident caractéristique, et par l'application de son procédé familier, au risque même de choquer la vraisemblance, il la dédouble en deux scènes successives.
Le récit, dont s'est inspiré l'auteur du Fhilomcna, mentionnait sans doute, qu'arrivés dans les Pyrénées, les Sarrasins avaient fait un effort pour défendre le passage et arrêter l'élan des Français. Selon toute vraisemblance, si cette source était un récit poétique, l'endroit précis n'était pas très précisément indiqué. La tentative des païens devait échouer, ne se renouvelait pas, et les Français pouvaient pénétrer en Espagne. L'adaptation de cet épisode à l'objet et au plan du Pscudo- Phiîomcna devait entraîner pour lui certains changements. Comme l'auteur devait ramener Charlemagne à La Grasse, il a dû femdre, que Charlemagne y était revenu chercher des renforts, parce qu'il n'avait pu forcer le passage \ Fn outre, pour donner un air de réalité au récit, l'auteur du Psciuh-Philomcua s'est efforcé, à l'aide de ses souvenirs et peut-être de sa connaissance des lieux, de substituer aux indications sans doute assez vagues de sa source une topographie aussi exacte que possible. Enfin et surtout, de l'effort unique tenté parles Sarrasins il a fait deux tentatives distinctes, ayant eu lieu successivement et sur deux points difiérents.
1. « lit pcrsciiilio Christ'uinonini diiiavil iisquc a Ld Clusd El ao/o-
hunltis pemrulus fuit cos [Siinacenos'] cmn .XL. m il la Je suis pcr qiuiluor ilics cl abstulit Mcurilio plus qiidm. C. milia mililcs cl poslai n-Jiil in tcrmiii Rossclioiiis cl eximlccum Karolo cl suis rcdiil apuil Crassam. » \id'\ùon Schnecgans, 1212-1218.