CHAPITRE V
LHS SOURCES DE l'oFFICE LlTURGiaUE
arrive même, qu'à la prière de Charlemagne un miracle se produit, qui n'est qu'une complication de celui de Josué. Alors que les Sarrasins sont dans la plus grande obscurité, les Français sont inondés de clarté. Ils peuvent, malgré la nuit, donner la chassse à leurs ennemis. Et, en effet, le lendemain au matin, ils se trouvent dans une plaine du Roussillon, où le combat s'engage à nouveau. De nouveau les Sarrasins sont vaincus. La poursuite reconmience, et cette fois jusqu'aux Pyrénées '. Puis Charlemagne s'occupe d'ensevelir ses morts et revient à La Grasse ^
On peut supposer, que les deux combats de la Nielle et du Roussillon n'en faisaient qu'un dans l'épisode primitif. On ne s'explique pas, comment, grâce au miracle, les Chrétiens n'exterminent pas sur place leurs ennemis, et comment, d'autre part, ceux-ci, malgré les ténèbres épaisses, peuvent trouver leur route jusqu'à cette plaine du Roussillon, où ils auront encore à combattre. Il y a là une telle invraisemblance que le traducteur a corrigé le texte latin et a supprimé le second champ de bataille. C'est sur les bords de la Nielle, qu'à deux reprises les Sarrasins sont vaincus. Le combat s'arrête le soir et, malgré le miracle qui atteste simplement la protection divine, il ne se prolonge pas pendant la nuit. Il ne reprend qu'au matin, mais à la même place et, c'est de là, que commence la poursuite, qui amène Sarrasins et Chrétiens jusqu'à la Cluse K
1. « Et sic cofii^rcnrati [Siimueni] cepenmt fugaw. Sed ante qiiaw fuissent opud riviim Niclk, amisit Mardi i us de suis. XVI. m. et Kotolandus percussit ibi quemdani reirem Ilildnigutn uomiiie et eum scindit per tncdiuni et in illo ictu Juerunt omnes perierriti ita quod nuJJus aUuni expectavit et usque fuit nox secuti Juerunt eos. Et tune Karolus fecit suos pediles redire deprecando Deum ut Marcilium cuni suis confunderet. Finitii onitione tantus splendor corruit in eos, ac si meridies esset, et inter Sarracenos tanta tenehrositas, ac si nox esset nigerrinia, sicut erat. Et ante terciani in crastinum in piano Rosselionis fuerunt. Et ibi fecerunt prelium et iteruni fuit Marcilius devictus et amisit ibi .LXX. niilia de suis et Karolus non nisi quadringentos milites.... Et persecutio christianorum duravit usque a La Clusa. » Édition Schnccgans, 1194-1213.