CHAPITRE ii
saint local. Il n'avait qu'à rédiger en un texte liturgique les croyances de ses fidèles. Aucun culte ne pouvait, scmblc-t-il, devenir plus rapidement populaire.
Aussi bien, Arnaud de Montredon escomptait-il cette popularité de Charlemagne pour "établir son culte, non pas seulement dans la cathédrale, mais dans toutes les églises de la ville et du diocèse. Une tradition voulait, que la cathédrale, qui était auparavant dans l'église collégiale de Saint-lx'lix, eût été transférée par Charlemagne dans l'ancienne mosquée des Musulmans, et l'Office y fera nettement allusion. Aussi, dans la pensée de l'évéque Arnaud, cette cathédrale doit-elle être en quelque sorte le centre du culte institué en son honneur. Dans une des neuf chapelles, qu'il avait fait jadis ménager autour du chevet de l'église ', dans celle des martyrs de Gironc, il établit un bénéfice en l'honneur de saint Charlemagne % et, sur l'autel même, il fit placer une statue du saint \ qui devait en effet y rester jusqu'en 1883 '. L'acte de fondation du nouveau culte insiste particulièrement sur les cérémonies, qui doivent avoir lieu chaque année, et au jour dit, dans la cathédrale ^ Mais la par-
1. \ln 1*312, étant encore clianoinc, il avait cté, en nicmc temps que l'arcliidiacre Rainiond de Vilaric, cliargé de faire reconstruire le chevet de la cathédrale. On avait bâti autour neuf chapelles. Cf. \'illanueva, op. cit., XII, p. 171.