CHAPITRE II
n'eût qu'à enregistrer la date, qu'il nous donne, de 1345 \ comme étant celle de la fondation de la fête et de la composition de l'Office. On est donc surpris de voir M. Schneegans considérer, qu'avant 1345 et l'institution faite par l'évéque Arnaud, il y avait déjà, à Giroîie, une fête en l'honneur de Charlemagne. L'Office serait donc lui-même plus ancien et, comme on a cru retrouver une forme de la légende % dont cet Office ne serait que l'abrégé, peu s'en faut qu'on ne recule, jusqu'au lendemain de sa canonisation, l'établissement \ Girone de la fête de saint Charlemagne, dont la forme primitive de rOffice serait ainsi contemporaine.
A la vérité, M. Schneegans se trouve embarrassé par les termes si explicites et si nets de l'acte d'Arnaud de Montredon. D'un bout à l'autre, en efiet, il y est parlé de « l'établissement )> et de la « fondation )) d'une fête de saint Charlemagne. Il s'agit, à n'en pas douter, d'une véritable <( création » et M. Schneegans est bien obligé de le reconnaître K 1/évêque se fût exprimé autrement, s'il eût voulu confirmer, ou développer une fête déjà existante. C'est équivoquer que dédire, qu'il est parlé de « fondation », parce que la fête allait être désormais plus brillante, et que les frais qu'elle entraînait étaient imputés par Févêque sur ses propres revenus *, En outre, s'il y avait eu déjà, en 1343, une fête ayant le même objet, comment Arnaud de Montredon n'y aurait-il pas fait allusion ? Alors que dans son exposé des motifs et pour justifier son initiative, il invoque l'exemple des villes allemandes, qui célèbrent le culte de Charlemagne >, comment n'eùt-t-il pas rappelé aux Gironais la dévotion, qu'ils manitestaient déjà à son égard ? Hnfin, dans aucune histoire de l'église de Girone, nous ne relevons la moindre trace d'un culte, voué à Charlemagne antérieurement à 1345.
1. C'est }xir erreur que Villanueva (()/). r//., XIII, p. 198) donne la date de 1346. Partout ailleurs il dit 1345.
2. Nous étudierons dans le chapitre iv ce texte, dont on ne connaissait qu'un fragment et que nous avons retrouvé en entier dans un manuscrit des archives de . la catliédrale de Girone.