‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint Charlemagne [microform]Chapitre 19 sur 114 · Cl. wSchnecgans · texte numérisé non relu

Cl. wSchnecgans

5. Cf. l'acte de fondation, /;/ Kocher, 0/7. (//., pp. 26i,sq.

LE CULTE DE S.\INT CHARLEMAGNE A GIRONE

Le seul argument en fltveur de l'hypothèse de M. Schneegans, qui mérite d'être retenu, est la présence du texte de l'Office dans un bréviaire, que l'on date de 1339 '. Ce bréviaire, dont on appréciera plus loin l'importance pour la tradition du texte de l'Office, porte, en effet, une note très explicite, qui nous donne le nom du scribe, qui l'a copié, celui de son possesseur, et surtout la date de sa confection '. Elle est ainsi cone;ue :

« Afino Domini MCCCXXXIX ciirrit anrciis numcrus in dcccm : undc fuit Pascha illo muw dominica post FI. Kal. Aprilisin qiio annobreviariiim isiud fuit compictniii per maiiiim Pctri Arualdi de Podiolo iiinc clcrici Saucti Pctri de Gallican In. Est antcni hrcviarinm Vitalis de Blanis abhatis \ »

Il semble donc prouvé par là, que l'Office de saint Charlemagne figurant dans ce bréviaire, et la fête elle-même existaient avant 1345, et au moins dès 1339. Mais il eût fiillu tenir compte aussi du foit, que si l'Office fait bien actuellement parti du bréviaire, il n'en a pas toujours été ainsi. Deux des offices, qui y figurent, ne sont pas de la même main que le reste du manuscrit : tous deux sont des offices d'institution récente et qui ont été établis précisément, par les soins d'Arnaud de Montredon. L'un est l'office, qui se récitait à la fête en l'honneur de la Conception de la Vierge ; l'autre est précisément

1. Déjà Gaston Paris avait été frappé de l'importance de ce fait. Dans un compte rendu de l'ouvrage de Rocher, paru dans la Romdnia, III, p. 310, il déclarait formellement : « Un bréviaire manuscrit conservé à Girone et daté de 1339 contient les 9 leçons de l'office. Arnaud de Montredon n'a donc fait que confirmer un usage antérieur. » Il ajoutait encore : « Un acte de 1332 parle déjà d'une fontaine appelée Fout de Caries Matines. » Mais il est évident que ce détail, précieux pour l'histoire des traditions locales concernant les rapports de Charlemagne et de Girone, n'intéresse en rien celle du culte et de l'Office liturgique. Les traditions locales attribuant la prise de la ville à l'empereur sont antérieures, et de beaucoup, à l'établissement de la fête de saint Charlemagne.

2. Cette note avait été publiée de façon fautive et incomplète par Rocher, op. cit., p. 263, note, et reproduite telle quelle par Schneegans, op. cit., p. 54 note I . Que penser en effet, de l'expression « aniius numenis » ?

3. Nous empruntons le texte correct de cette note à Villanueva, Viiije liler./r/V), etc., XII, p. 207.

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