CHAPITRE IV
juxta promissum bcate ' Virginis diu desideratum ^ Denique imperator3 videns hoc sio:num 2^^ col. reddit Domino laudes et Virgini gloriose ^ et beato Jacobo dicens, quod, ultra invocationem béate ^ Virginis capitaneam, faceret in capite ecclesie altare Sancte ^ Crucis promittens quod primam civitatem,quamcaperet perse vel peralium, [sub] invocationem", principalem Sancte Crucis ordinaret (quod et factum fuit cum per filium suum primogenitum Ludovicum postea fuit civitas Barchinone capta) et quod faceret signum crucis sanguineum in vexillo'^ dicte civitatis sicut apparet^ in hodierno die. Post très autem dies imperator paravit se toto animo cum exercitu suo ad capiendam civitatem. Et invenit, quod tercia die a dicta visione celica, videlicet die dominica, hora nocturna omnes Sarraceni fugerant propter timorem territi dictis signis. Tune imperator gratias agens Jhesu Christo et béate \'irgini '" [v», i^ col.j et beato Jacobo et principi Ecclesie Michaeli " ingressus est civitatem cum gaudio indicibili et cum devocione mirabili. Ordinavit autem quod illa die dicerentur due ^^ misse sollempniter in mesquita Sarracenorum, quarum prima fuit de beata Virgine et secunda de Sancta Cruce. Mandavit autem ibi fieri magnam ecclesiam etfortem, cujus altare majus esset béate Virginis gloriose sicut ipsa predixerat in campo Mileti '' et quod juxta majus desuper esset altare '+ Sancte Crucis propter signum crucis, quod apparuerat in celis'>. Ordinavit etiam ibi episcopum quemdam canonicum Sancte Marie '^^ de Podio Francie et aliquos «Tejusdem sedis fecit inde canonicos "^ et voluit, quod iste due sedes essent germane et socie «9. Dotavit autem sedem ornamentis preciosis ^o et jocalibus et muneribus multis deditque ei quatuor villas, videlicet Bascaram, Ullianum, Eontanetam, que nuncvocata est La Bisbal, et Castrum de Valoses^' et.semper quamdiu vixit habuit ad istam Sedem magnam devotionem.
Tel est le texte complet de ce second récit de la prise de Girone,
Variantes : i) beatac V — 2) ; diu desideratum manque daus V — 3) Dcipde imperator V — 4) gloriosae K — 5) beatac V — 6) capitae ecclesiae altarae sanctae crucis V — 7) alium invocationem T — 8) sic apparct 7' — 9) dictac V — 10) bcatae Mari;v V — 1 1) ecclesiae Sancto micacli V — I2)duae V — 13) sicut.... mileti tniinijiie dans V — 14) altare majus V — 15) cœlis V — 16) Sanctae Mariae V — 17) canonicas T — 18) Franciae et alliquosT — 19) istae duae;germanae et sociae V — 20) proeciosis V — 21) Raloses V.
LE TRACTATUS DE CAPTIONE GERUXDE
dont la découverte pose à nouveau, et mieux que n'avait fait le fragment du Fidimus, la question de ses rapports avec l'Office liturgique. Un des principaux arguments, sur lesquels M. Schneegans avait appuyé l'opinion que Ton connaît ', était l'absence dans le second récit de l'introduction et de la mention des combats livrés en Roussillon, qui figurent dans l'Office \ La restitution du texte intégral de ce récit, où se trouvent bien l'une et l'autre, est de nature à ébranler la solidité de ses conclusions.
En outre, toute son argumentation procède d'un point de départ qui est, au moins, discutable. Il affirme, en effet, que le récit de rOffice ne peut pas être le récit original, mais seulement un abrégé d'une version antérieure et plus développée. Il n'en a, du reste, d'autres garants que les erreurs et les obscurités qu'il avait cru trouver dans ce récit. Or, une étude plus attentive nous a conduit à une conclusion contraire >. Il n'y a pas, dans l'Office, une seule erreur, une seule obscurité, qui tienne vraiment à la conception du récit. La seule, que nous y ayons relevée, tient uniquement à la tradition du texte et à une altération partielle du manuscrit unique qui nous l'a conservé. Nous y avons, du reste, remédié par une correction, qui a, pour elle quelque vraisemblance. Par ailleurs, le récit, toujours clair, se suffit à lui-même. Rien ne nous oblige, pour l'expliquer, à supposer une autre rédaction, dont il se serait maladroitement inspiré. Ainsi, la base même de l'argumentation venant à manquer, on peut mettre en doute les conclusions de M. Schneegans, et c'est une nouvelle raison de reprendre à nouveau l'examen de la
question.
Les deux récits étant ce qu'ils sont, l'hypothèse la plus naturelle consisterait à se les représenter comme inspirés directement l'un de l'autre. D'une façon plus précise, l'un étant essentiellement court et concis, l'autre, au contraire, long et amplifié, la première façon qui se présente à nous de concevoir leurs rapports consiste à se