‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint Charlemagne [microform]Chapitre 58 sur 114 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

demander, si celui-ci n'est pas le développement de celui-là, ou inversement, si l'Office liturgique n'est pas un abrégé pur et simple du récit du Tractatiis. C'est cette hypothèse, que M. Schneegans a écartée tout d'abord, en s'efforçant d'établir, que ni TOffice ne pouvait être un résumé de l'autre récit, ni celui-ci une version développée

de l'Office.

Un argument, qu'il invoquait dans les deux cas, était tiré de certaines divergences constatées eiitre les deux récits, en ce qui concerne la forme de quelques noms de lieux. L'Office, notamment, appelait Sachisa la localité, au pied des Pyrénées, où Charlemagne se heurta à une première résistance des Sarrasins, au lieu que l'autre récit, représenté par le fragment du Vidimns appelait le même endroit Clnsa et Seclusa. De même, la position plus élevée, où les Sarrasins s'efforcent, encore une fois, de barrer la route, est appelée Malparhis dans le premier, au lieu que le second lui donne les noms d'EsparlHS et de Poilus. Ces variantes, sur la valeur desquelles M. Schneegans s'est du reste trompé, n'auraient pas, d'après lui, existé, si les deux récits s'étaient directement inspirés l'un de

l'autre *.

Il est certain, que, si l'on devait comprendre comme lui les formes Sachisa et Scchisa, les tenir pour des formes altérées de Clnsa, et rattacher, en particulier,-w///5^/ au verbe secliiderc, on s'expliquerait mal les variantes des deux auteurs, mais il ne s'ensuivrait pas, qu'ils n'aient pas pu s'inspirer l'un de l'autre. Si le même texte, à côté de CUisa, présente la forme, soi-disant altérée, Seclusa, pourquoi n'admettrait-on pas, qu'un imitateur ou un copiste ait pu, à son tour, mal lire et arriver à Sachtsa ? Mais, en réalité, ces trois formes sont également correctes. Dans Sacliisa, qu'il faut écrire Sa Clusa, nous devons reconnaître le substantif (^/z/^s-^/ précédé de l'article catalan féminin .s7/^ et seclusa lui-même, écrit ^V C7//M est son synonyme exact, ^é' étant une forme dialectale du même article sa K Chacun

î. Cf. Schneegans, op. cil., p. 73.

2. Au moins en ce qui concerne Siiclusa, M. Schneegans avait reconnu son erreur primitive et la présence dans ce mot «Jj l'article catalan téminin. Cf. Gesta Kiiroli Miii^nii au Carùusomim cl Wirboiiiini, édit. Schnejgans, p. 36.

5. Cf. Morel-Fatio, D.n CaULinischc {Grohcv, (?ru>ichiss dcr rom.iniscb:n Philologie, I. p. 682). .

LE TRACT ATUS DE CAPTIOSE GERUSDE

des auteurs de YOffice et de Tmclatus, tous deux catalans, a pu employer, de préférence, la forme qui lui était la plus familière, alors même qu'il aurait eu l'autre sous les yeux.

Pour ce qui est de l'autre nom de lieu, les variantes sont plus nombreuses encore que ne l'imaginait M. Schneegans. Si, en effet, en face de M^//^rt;7/<5 de l'Office, le F/W//////5 avait EsparlusQi Portas, le Traclalus donne, de son côté, Perlus et Esperlns. Delà comparaison de ces différentes formes, il apparaît, tout d'abord, que la primitive est Ferlas = lat. *pcrtus(u}n), qui convient très bien à la percée, au passage qu'elle sert à désigner. Les autres n'en sont que des formes dérivées ou des équivalents. Il apparaît» en outre que dans Espertus et dans Espartus, cà écrire respectivement Es Perlas et Es Parlas, il faut faut reconnaître l'article masculin catalan es = lat. ipse précédant le subtantif. Parlas n'est qu'une variante phonétique de Perlas, où nous trouvons le changement de e protonique initial en a, fréquent en ancien catalan '. Quant à Porlas, donné parle Fidimas 2. côté de Es Parlas, s'il n'est pas simplement une fitute de Ber::ard Cerda % on pourrait le considérer comme un équivalent latin, mais très imparfait de Perlas. Enfin, le Malparlas de l'Office pourrait bien être le nom populaire au lieu de perlas ou de parlas, le nom géographique. L'Office pourrait procéder directement du Traclalus ou inversement, la substitution de l'un de ces noms à l'autre serait, dans les deux cas, aisément explicable.

On relèverait encore, entre les deux textes, d'autres variantes dans la forme des noms de lieux. C'est ainsi que pour le Coîlnm de Panissas de l'Otïice, on trouve dans le Vidlams la forme latine Collani Paaissari, et dans le Tarclalus, à côté de Panissas une autre forme catalane attestant le passage à e de Va suivi d'une nasale. Le même phénomène nous est présenté par la forme Sent Madir de l'Office K

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