Cf. Morel-Fatio, op. cit., p
2. Sur l'importance et la situation exacte de ce défilé, cf. Schneegans, op. cit. p. 69.
LE TRACTATUS DE CAPTIOXE GERUXDE
abrupta montium ». Telles sont, du moins, les indications données par l'Office. Dans le Tractatus, de même, Charlemagne fait passer une partie de ses troupes par le col de Panissas, et, toujours comme dans l'Office, élève, en cet endroit, une église à saint Martin. L'effet produit sur les Sarrasins est le même. Ils ont peur et s'enfuient, par crainte d'être cernés « quia pars exercitns per aliam viam ibat ». Il n'est donc pas exact de dire, que le second récit n'indiquait qu'une route. Il dit seulement, que le deuxième corps de l'armée de Charles suivit une autre route. L'expression n'est pas beaucoup plus vague que le « per abrupta montium », et, peut-être, pourrait-on y voir la preuve que le Tractatus s'est inspiré de l'Office, si, comme nous le crovons, cette expression n'a d'autre raison d'être que de corriger ce que l'autre peut contenir de peu vraisemblable. Toutes deux, en réalité, trahissent l'embarras des auteurs, l'idée de la manœuvre étant donnée, à fiiire suivre aux deux armées une route distincte. Que le Tractatus ait voulu corriger, en ce point, une invraisemblance de l'Office, ou que celui-ci ait voulu suppléer au vague de l'indication donnée par le premier, l'un et l'autre sont également admissibles. La variante, en tout cas, ne saurait prouver ce qu'en prétendait tirer M. Schneegans et, ainsi, rien ne subsistant de toute cette argumenation, la p remière hypothèse, qu'il s'était efforcé d'écarter, reste possible. En absence de toute autre raison contraire, l'Office pourrait être une forme abrégée de l'autre récit.
Quant à l'autre alternative, il ne semble pas que M. Schneegans ait mieux réussi à en établir l'impossibilité. Nous avons déjà vu, que, pour prouver que le Tractatus n'est pas une version développée de l'Office, il ne pourrait plus invoquer les variantes relevées dans les deux récits pour certains noms de lieux '. Ses deux autres arguments se résumeraient assez bien en ceci, que la narration du Vidimns, c'est-à-dire du Tractatus, lui paraît la plus claire, la plus complète et la plus satisfaisante ^ Est-ce une raison pour en conclure, qu'elle ne peut être une version développée et améliorée du récit de l'Office ?