‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint Charlemagne [microform]Chapitre 62 sur 114 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Mais d'abord, pour bien apprécier les mérites des deux récits, il faudrait ne pas attribuer au rédacteur de l'Office des erreurs qu'il n'a pas commises. Nous avons déjà, à propos d'une précédente lacune de ce texte, montré que l'on pouvait très bien entendre la première phrase de la leçon IX, que M. Schneegans prétendait n'avoir aucun sens, et qui dit qu'après la fondation du cloître d'Amer, Charlemagne « rcih'it ad niontcni dcjhnifa » '.Il ne faut incriminer ni la tradition, ni la conception du texte, et le passade correspondant du Traclalus, pour être plus développé et plus détaillé, n'est ni plus logique ni plus clair.

Une autre erreur, attribuée par M. Schneegans à l'auteur de l'Office consisterait dars la fausse identification de la localité, appelée par lui Sent Madir, avec Sainte-Marie de Amer. Si, en effet, il avait identifié ces deux localités distinctes et distantes, en réalité, de plusieurs kilomètres -, l'erreur serait d'autant plus significative qu'elle ne se retrouve pas dans l'autre texte. La chose, il est vrai, serait assez surprenante de la part d'un clerc, qui semble, par ailleurs, connaître très bien la topographie des environs de Girone. Mais, en réalité, si l'on se reporte à son récit, on ne voit nullement, qu'il ait confondu, identifié ces deux endroits. Il y est dit, sans doute, que Charlemagne s'étant engagé dans le val d Astoll passa par « Sent Madir », puis marcha à la rencontre des Sarrasins, les mit en pièces et fonda, sur le lieu même de la victoire, un cloître consacré à la Vierge Marie. Mais, vouloir entendre Ci^nessiis au sens strict de « sortir », et ibidem comme tenant la place de Seul Madir, c'est s'exposer à ne pas comprendre un auteur, qui écrit ■à\{:c clarté, mais non sans quelque mollesse, et qui recherchait d'autant moins la précision, qu'il était bien sûr d'être compris de ceux auxquels il s'adressait. Il est naturel d'admettre, qu'un certain temps s'est écoulé entre le

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