I. Cf. supra y p
LE TRACT ATUS DE CAPTIONE GERUNDE
pour ne reproduire de la légende que les traits essentiels. Cependant, à certains indices, il n'est pas impossible de reconnaître, que c'est le Tractât us, qui représente une forme remaniée du récit contenu dans
l'Office liturgique.
Tout d'abord, il est hors de doute, que sa composition est très postérieure à celle de l'autre récit, dont l'institution à Girone de la fête de Charlemagne, en 1 345, nous fournit la date exacte. Non seulement le manuscrit, qui nous a conservé ce Tractatus, est relativement récent, mais encore l'auteur nous dit expressément, que, de son temps, la fête de Charlemagne existe déjà et se célèbre chaque année dans la cathédrale de Girone. C'est même la raison prmcipale qu'il donne pour justifier son dessein. Il veut en quelque sorte justifier l'existence de cette fête, en racontant la prise de Girone par Charlemagne et les miracles que Dieu y fit ^ On pourrait même penser, qu'il n'a écrit son Tractaîiis que très longtemps après institution de la fête et la composition de l'Office, peut-être même à une date, où celui-ci avait cessé d'être récité. Ne serait-ce point, parce que l'interdiction de le réciter serait déjà intervenue, que l'auteur sent la nécessité de justifier l'existence de la fête en l'honneur de saint Charlemagne, qui, elle, continue à être célébrée ?
Un aut\-e indice concordant est le fait, qu'au moment, où écrit l'auteur du TraclatHS, cette fête semble bien n'être plus célébrée que dans la cathédrale de Girone. L'évêque Arnaud de Montredon avait prescrit, qu'elle serait commune à toutes les églises de son diocèse ^ Nous avons cependant vu, qu'au bout d'un certain temps le culte de saint Charlemagne s'était beaucoup restreint, pour n'être plus pratiqué, à la fin, que dans l'église cathédrale. C'était, sans doute, chose faite au moment de la composition du Traciaîiis. L'auteur ne nous dit pas, que la fête était encore célébrée dans tout le diocèse, ou dans la plupart des églises de ce diocèse, mais seulement dans la cathédrale, à laquelle sans doute il appartient, « in ista sacra Sede