I. Cf. l^oclier, op. cit., p
LE TRACTA TUS DE CAPTIOWE GERUNDE
motivée par des négociations engagées entre les deux chapitres, au sujet des intérêts financiers, qu'avait à Girone même et en Catalogne le chapitre de Notre-Dame du Puy. Sans que l'on puisse rien affirmer expressément, il semble bien, que, vers cette époque, le clergé gironais ait voulu se débarrasser, comme d'une charge trop lourde, du tribut, que cette église étrangère levait sur tout le pays, et qu'il ait invoqué pour cela la prétendue « fraternité » établie par Charlemagne, au nom de laquelle Girone, l'égale de Notre-Dame du Puv, aurait cessé d'être son éternelle débitrice. Il n'est pas douteux, non plus, qu'il se soit servi de la légende de Charlemagne et de ses prétendus rapports avee Girone pour appuyer et authentiquer ses prétentions.
Au point de vue particulier qui nous occupe, on peut considérer, que la transformation imposée dans ce dessein à cette légende, permet de dater, au moins relativement, les textes, qui nous l'ont rapportée. Des deux récits de la prise de Girone, que nous connaissons, de l'Office liturgique qui ignore la fraternité des deux églises ' et du Tractahis qui l'atteste et qui la définit, il est certain que celui-ci est le plus récent.
Une autre question est celle de savoir, si le Traciaîus existait déjà en 1479, et si c'est son texte, qu'on a mis sous les yeux de Pierre Bouvier pour le convaincre des droits de la cathédrale de Girone à être traitée en égale par Notre-Dame du Puy. Nous ne le croyons pas. Lafiiço"» ^^^'^^ l'official désigne le passage si intéressant comme étant la fin de la dernière leçon, finem ultimae Jectionis, nous permet d'affirmer, que ce récit de la légende de Charlemagne et de la prise de Girone était un texte divisé en leçons, par suite un texte liturgique, de forme analogue à celui, que nous a conservé le Bréviaire dit de 1339. Il faut donc admettre, que le texte de l'Office liturgique lui-même avait été remaniée pour permettre d'y intro-
I. C'est en vain que Roclier, op. cit., p. 263, affirme qu'un Bréviaire conservé à la catliédrale de Girone contenait un Office en neuf leçons, où il était fait mention de la fraternité des deux églises. Ce bréviaire, tel qu'il nous le décrit, n'est autre que le fameux Bréviaire de 1339, qu'il n'a pas su identifier avec le manuscrit utilisé par Florez.