‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint Charlemagne [microform]Chapitre 89 sur 114 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ajoute, qu'à la suite de ces prodiges une panique se produisit parmi le peuple et aussi que la mortalité augmenta beaucoup *. Le manuscrit rédigé à Ripoll passe ces deux derniers fliits sous silence, mais ajoute aux phénomènes généraux, notés par les chroniques, la mention du prodige local, qui aurait déterminé Charlemagne à transférer la cathédrale à l'endroit, où elle a été depuis.

Ne pourrait-on pas considérer, que le point de départ de cette variante aurait été une confusion involontaire de l'auteur de ce manuscrit ? La mention de la reddition de Girone, qui terminait le chapitre précédent, relatif aux événements de 78 5, aurait glissé à la fin du chapitre suivant, où elle se serait rencontrée avec celle des prodiges qui termine en effet celui-ci. L'auteur aurait ensuite, de lui-même, établi un rapport entre ces deux faits, à l'origine complètement indépendants ~. Mais la cause de cette transformation, subie par le texte primitif de la Chronique de Moissac, serait une négligence ou une étourderie du moine de Ripoll 5.

Ce qui nous empêche d'admettre cette explication, c'est qu'en réalité la transformation est beaucoup plus importante, qu'on ne nous la donne. Hlle porte, à la fois, sur la date, sur les circonstances et sur la nature même de l'événement, qui mit Girone au pouvoir des Français. Ce n'est plus le fait obscur de la reddition de Girone, mais sa conquête par Charlemagne lui-même, qui est marquée par les prodiges que Ton sait. Il ne s'agit donc pas simplement de deux passages, mis par hasard bout à bout, et ensuite soudés l'un à l'autre tant bien que mal. L'auteur de la Chronique de Ripoll a modifie toutes les données de sa source et s'est livré à un remaniement conscient. Dira-t-on, que c'est là, de sa part, une transformation tout arbitraire, et qu'il a, de toutes pièces, imaginé la venue de Charlemaiine à Girone, sa victoire sur le roi de Girone et la prise d'assaut de la ville? Dira-t-on, que c'est pour relever un tait aussi glorieux,

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