‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint Charlemagne [microform]Chapitre 88 sur 114 · VA. Roclicr, o/'. cit., p · texte numérisé non relu

VA. Roclicr, o/'. cit., p

2. C'est ce qui explique, qu'on n'ait jamais songé à en publier le texte /// extenso et qu'on se soit borné, comme Pert/, à l'utiliser pour l'établissement du texte de la Chronique de Moissac. Cf. Monuiii. Cnini. hisl. Script., I, pp. 290, sq.

LES SOURCES DE L OFFICE LITURGiaUE

sentants. Au contraire, d'après la prétendue Chronique de Ripoll, l'empereur aurait été maître de Girone, non en 785, mais en 786, et c'est lui-même, qui serait venu l'assiéger et la prendre. Enfin, au moment de la prise de la ville, différents prodiges se seraient produits : une croix de feu, notamment, aurait apparu au-dessus de l'endroit, où fut bâtie la cathédrale ce qui aurait déterminé Charlemagne à transférer là la cathédrale, qui, jusqu'alors, avait été l'église

de Saint-Félix.

Sur les deux premiers points, la date du prétendu événement et la part personnelle que Charlemagne y aurait prise, ce témoignage est en contradiction formelle avec la vérité historique et cela suffit pour qu'on doive le rejeter absolument '. Mais, si l'histoire véritable n'a rien à retenir de ce récit certainement mensonger, l'on peut se demander, d'où sont venues au clerc, qui, à Ripoll, recopiait la Chronique de Moissac, des données aussi fliusses, et pourquoi il les a préférées à la vérité plus simple, que relatait son modèle.

On a d'abord songé à expliquer le transfert à l'année 786 de la prise de Girone et la mention des prodiges, qui l'auraient accompagnée, comme provenant d'une erreur toute matérielle du scribe de la Chronique de Ripoll. Si, en effet, la Cronique de Moissac relate de la fiiçon que l'on sait, et à l'année 785, la reddition de Girone, par contre, à l'année 786, elle notait, toujours d'accord avec la plupart des autres annales % comme un fait considérable, l'apparition de phénomènes atmosphériques ressemblant singulièrement aux prodiges, qui, d'après la Chronique de Ripoll, auraient marqué la prise de Girone. De part et d'autre, ce sont des épées formidables, qui se montrent dans le ciel, des croix qui apparaissent sur les vêtements et une pluie de sang qui tombe. La Chronique de Moissac

1. Cï. supra, p. 6; Abel und Slm^on, Jiihrl)ikber des frànkiscJk'ii Keiches tiuter Kiirl ilem Grossen, I, p. 419; Densusianu, Li prise de Cordres et de Sehilte, p. xcvi,

note I .

2. « Eo anno(786) mense Decembri apparuerunt acies terribiles in coelo, quales numquam nostris temporibus nec antea apparuerunt, necnon et signa crucis apparuerunt in vestimentis hominum, et nonnulli sanguinem dixerunt se videre pluere : unde pavor ingens et metus in populo irruit, acmortalitas magna postea secuta est. » Mon. Germ. hist. Script., I, p. 298.

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