‹ Étude sur l'opération de PorroChapitre 16 sur 17 · E DE I.A M1.;RE · texte numérisé non relu

E DE I.A M1.;RE

Thèse de Lauth

4 mars 1843

à terme

Guérison.

4 mars 1858.

Mort

Clinique. . . .

.1 !«'• avril 1857.

Mort.

1»’’ septembre 1857.

à terme

Mort.

25 mai 1862.

:i terme

13 octobre 1860.

à terme

Mort.

16 novembre 1870.

à terme

Guérison.

31 décembre 1875.

à terme

Guérison.

Thèse de Lauth

3 avril 1858.

à terme

Mort.

16 août 1859.

à terme

Mort.

20 septembre 1856.

à terme

Mort.

Guérison.

à terme

Guérison. |

à terme

Petit

Guérison. I

24 mai 1862.

à terme

Guérison.

30 août 1860.

à terme

Mort.

laternité

10 juin 1852.

à terme

Guérison.

22 novembre 1853.

à terme

Guérison.

21 février 1857.

Mort.

20 décembre 1859.

à term-e

Mort. 1

11 octobre 1858.

Guérison. 1

30 décembre 1871.

Thèse de Lauth

Guérison. 1

Mort. 1

27 septembre 1857.

à terme

Moyen

Mort. 1

Clinique

15 mars 1873.

à terme

Guérison. B

mars 1860.

Guérison. B

22 niai 1860.

à terme

Guérison. 1

Thèse de Lauth

18 novembre 1849.

à terme

Guérison. 1

12 mars 1860.

à terme

22 décembre 1860.

Guérison.

Maternité

18 août 1859.

à terme

Mort.

Thèse de Lau(h

23 mai 1863.

à terme

Mort.

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ciés. Il faudrait donner â chacun une courbure en rapport avec la conformation de la filière pelvienne.

Qu’on nous permette ici de prendre un exemple. Lorsqu’on applique le forceps de Levret sur une tête engagée dans l’excavation par exemple, on ignore toujours la direction exacte dans laquelle on doit tirer, et quelle que soit la manœuvre qu’on emploie, on ne suit jamais qu à peu près l’axe du bassin. Avec le forceps deM. Tal'nier,au contraire, on n’a pas à se préoccuper de cette inconnue ce qui donne surtout à cet instrument une supériorité si incontestable, c’est le fait même qü’il est guidé par la tête à travers le canal pelvigénital, et non par les mains de l’opérateur qui n’ont qu’à suivre, avec les tiges de traction, la direction que leur indiquent les branches de préhension.

Pour que la céphalotripsie pût donner des résultats toujours identiques, toujours comparables, il nous faudrait donc connaître des données qui nous manquent : le volume exact de la tête fœtale, et la conformation exacte du canal qu'elle doit parcourir.

Ces réflexions une fois faites, et après avoir signalé les défectuosités inhérentes à toute statistique de céphalotripsie, nous allons exposer les résultats auxquels nous avons été conduit par nos recherches.

Dans les 67 cas dont nous publions le tableau, nous n’avons tenu compte que des rétrécissements du bassin qui mesurent au plus 6 c. 5 de diamètre sacro-pubien.

Sur ces 67 cas, nous trouvons 39 guérisons et 28 morts, c’est-à-dire une mortalité de 41,79 pour cent.

Cette mortalité augmente à mesure que le degré du rétrécissement est plus considérable, et c’est là un fait trop connu pour que nousy insistions; ainsi, dans nos tableaux,-

il y a 31 cas où le bassin mesure 6c, de diamètre antéropostérieur et moins, dans ces 31 cas, il y a 17 guérisons et 14 morts, et la mortalité devient 45,16 p. 100.

Cependant, tout en devenant plus fréquente dans les cas où le bassin est plus étroit, la mort n’arrive pas encore à frapper la moitié des femmes, et il y a là un léger avantage en faveur de la céphalotripsie sur l’opération de Porro.

A côté de la céphalotripsie, nous ne pouvons passer sous silence les statistiques publiées dans ces dernières années parlesaccoucheurs belges. Ces statistiques sont bien faites pour nous frapper d’étonnement, car on n’y relève^ qu’une mortal ité presque infime chez des femmes ayant su bi l’embryotomie, avec un degré de rétrécissement considérable du bassin. Seulement cette embryotomie ou plutôt cette craniotomie est faite avec le forceps-scie de Van Huevel ou avec le transforateur d’Hubert de Louvain.

Nous avons relève dans les tableaux publiés parM. Hyernaux (1) 96 cas de rétrécissement du bassin de 7 c. et audessous, et nous sommes arrivé au chiffre presque fabuleux de 86 guérisons pour 10 morts, ce qui donne une mortalité de 10,41 p. 100.

Il est vrai que cette mortalité s’élève quand on fait une distinction entre les bassins de 7 c. à c 6 et ceux qui ont 6 c. et moins.

Entre 7 c. et 6 c.,sur 56 cas, le forceps scie n’a donné que 4 insuccès seulement; la mortalité est donc de 7,14 p. 100.

A partir de 6 c. et au-dessous, sur 40 cas, il y a eu 6 morts, ce qui double le chiffre de la mortalité, et le met à 15 pour cent. Cependant, ce chiffre, reste, on le voit, bien

(1) Congrès périodique international des sciences médicales, 4® ses sion. Bruxelles, 1875, p. 379 et suivantes.

au dessous de celui que donne la céphalotripsie dans les mêmes conditions.

Quant aux résultats que nous avons extraits des tableaux de M. Eugène Hubert de Louvain (1) sur les crâniotomies pratiquées avec le transforateur, ils sont plus extiaordinaires encore : sur 18 cas de rétrécissements entre 7 c. et 5 c. 4, la mort n’est survenue que deux fois à la suite de la transforation, ce qui donne une mortalité de 11,110/0.

II ne nous appartient pas de tirer des conséquences de ces statistiques fournies parles opérateurs belges à l’appui de leur méthode, car le forceps-scie et le transforateur. sont loin d’être employés aussi fréquemment en France et dans les autres pays qu’ils le sont en Belgique, et nous ne faisons que signaler ces remarquables résultats en insistant surtout sur ceux du transforateur.

' Nous croyons que ces succès ne se sont pas généralisés encore entre les mains d’un assez grand nombre d’accoucheurs pour que nous puissions les opposer en toute connaissance de cause à ceux de la céphalotripsie.

C’est donc à cette dernière, dont l’usage est presque universellement adopté, que nous avons dû comparer l’opération de Porro.

Il faut bien avouer que le léger avantage que paraît donner la statistique à la céphalotripsie ne nous semble pas suffire pour compenser celui d’avoir toujours un enfant vivant à 1 aide d une opération qui tend à se perfectionner de plus en plus chaque jour.

Après tout ce qui précède, nous croyons avoir fait assez

(1) Congrès périodique international des sciences médicales, 4e session. Bauxelles, 1875, p. 379 et suivantes.

de réserves pour établir sans commentaires les résultats comparés que nous avons obtenus.

Operation de Porro : Mortalité pour la mère : 58,18 0/0.

Céphalotripsie à 6 c. et au-dessous, mortalité pour la mère : 45,16 0/0.

Accouchement prématuré artificiel à 7 c. et au-dessous, mortalité pour la mère : 32,33 0/0.

Quant aux enfants, théoriquement, tous doivent être vivants dans 1 opération de Porro; dans l’accouchement prématuré, nous trouvons, dans les mêmes bassins de 7 c. et au-dessous, la mortalité effrayante de 88,23 0/0, si nous ne tenons compte que des enfants qui sont sortis vivants de l’hôpital.

11 nous est impossible, on terminant, de ne pas dire un mot de la rupture de l’utérus pendant le travail, et de né pas soulever au moins la question dé l’amputation utéroovarique à ce sujet.

Il résulte des recherches exposées dans le remarquable travail de Jollj (1) que, tandis que l’expectation dans le cas de rupture utérine ne donne que, 1,45 0/0 de guérisons et l’extraction par les voies naturelles 19 0/0, la gastrotomie, faite dans le but de nettoyer, d’éponger la cavité péritonéale, donne 68,4 0/0 de guérisons. C’est là un résultat si frappant, qu’il nous sera permis de dire avec le docteur Pinard (loc. cit.) : « Nous pensons c|ue cette question (de l’opération de Porro dans le cas de rupture utérine) doit être résolue par l’affirmative. Si l’ouverture de la cavité abdominale et le simple nettoyage de cette cavité ont donné

(1) Th. Paris, 1871.

de meilleurs résultats que l’expectation, à fortiori, l’amputation utéro-ovarique doit-elle réussir {!). »

Nous voici arrivé au terme de ce travail, et nous devrions nous résumer en formulant les indications de l’opération de Porro.

Mais est-il bien possible déjuger cette opération autrement que sur sa réelle valeur chirurgicale, sur laquelle nous avons insisté ‘/Nous croyons avoir suffisamment démontré combien les termes de comparaison sont insuffisants entre cette opération et les autres méthodes employées dans les cas de rétrécissement du bassin Aussi, qiiand il s’agit de passer à la valeur relative de cette opération, à ses indications précises en un mot, le cachet de certitude manque trop aux données fournies ppr ces autres méthodes pour que nous puissions donner des conclusions absolues.

M. Pinard, à la fin de son mémoire, pose les indications qu’il attribue à la méthode de Porro et les divise ainsi :

1“ Si le bassin ne permet pas de pratiquer l'embryotomie, c'est-à-dire s’il ne laisse pas passer les instruments, on devra faire l’amputation utéro-ovarique sans conteste.

2“ Si le bassin permet le passage des instruments, mais qu il ait moins de 7 centimètres, ou bien l’enfant sera mort et on devra préférer l’embryotomie, ou bien l’enfant sera

(1) Nous devons à l’obligeance de M. Pinard une communication écrite du professeur Chiara, dans laquelle il lui signale que Schrœdet aurait fait 4 fois 1 opération de Porro pour des ruptures utérines et 4 fois avec insuccès. Mais il nous est impossible de donner une appréciation de ces câs, sur lesquels nous manquons absolument de détails.

vivant, et alors l’opération de Porro deviendra discutable, admise par les uns, rejetée par les autres suivant leur inspiration, leur expérience, leur habileté opératoire, etc.

3° Enfin si le bassin mesure de plus de 7 centimètres, on ne devra pas songer à l’opération de Porro.

A ces indications, ainsi formulées, nous n’ajouterons qu’une chose ; c’est qu’il nous semble bien difficile de poser une limite exacte entre les degrés diflérents auxquels un bassin peut être rétréci, et d’établir une règle de conduite absolue en ne se basant que sur la connaissance du diamètre antéro-postérieur d'un bassin 'vicié, bassin sur la conformation exacte duquel nous n’avons que des notions insuffisantes.

Nous ne pouvons mieux faire d’ailleurs que de citer les paroles deM. Pinard lui-même à propos de l’embryotomie et de l’opération de Porro : Connaissons-nous, dit-il, « le degré exact du rétrécissement et de la conformation de la filière pelvienne, le poids de l’enfant? etc. Et puis, est-ce que le rétrécissement bien que dominant la scène, est le seul facteur qui puisse faire varier les chances desuccès ou d’insuccès?

« Avec l'opération de Porro, il n’en est pas ainsi ; quelque soit le dégré du rétrécissement, quelle que soit l’attitude du fœtus dans l'utérus, l’opération reste la même, le manuel opératoire ne varie point, et le traumatisme voulu est limité pour ainsi dire au gré de l’opérateur ; le terrain seul sur lequel on opère peut influencer, et s’il ne peut toujours être préparé, amélioré, il peut au moins être toujours connu. »

Nous avons tenu à faire cette citation parce qu’elle résume toute notre pensée au sujet de la valeur réelle, absolue, de l’opération de Porro, et de la difficulté qu’il y a

d’établir sa valeur relative, de l’opposer aux autres méthodes obstétricales.

Nous nous résumons ainsi en terminant : Il est une limite extrême des rétrécissements du bassin, limite fournie non seulement par la connaissance de l’axe antéro-postérieur, mais par la conformation même du canal pelvien à laquelle l’opération de Porro reconnaît son indication véritable. Lorsqu’un bassin ne permet pas l’introduction de la main dans sa cavité, par exemple, devra-t-on songer à y introduire un instrument? Nous ne voulons pas discuter la valeur de la céphalotripsie répétée sans tractions que M.Pajof admet dans desbassins de 65 millimètres à 27 millimètres. Et nous pensons, qu’à 5 centimètres et au-dessous de rétrécissement antéro-postérieur , l’opération de Porro devra presque s’imposer à la décision de l’accoucheur.

Mais, lorsqu’on se trouve en présence de rétrécissements de 6 centimètres à 6 centimètres 5, il devient bien difficile de se prononcer. C’est alors que la donnée de l’aire utile du bassin serait importante à connaître. C’est là en un mot une limite à laquelle l’accouchement prématuré, l’embryotomie et l’opération de Porro restent en présence, sans qn’on puisse se guider autrement, pour préférer l’une ou l’autre méthode, que par les indications fournies pour chaque cas en particulier. Cependant, les faits parlent en faveur de l’opération de Porro, puisqu’elle sauve à peu près la moitié des femmes et tous les enfants. Maisl’avenir seul pourra résoudre cette grave question, qui actuellement, reste tout entière livrée à l’initiative des accoucheurs.

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