LES TEXTES
Les textes relatifs à la couleur sont très peu nombreux et généralement tardifs mais, si la description est rare, chaque Vierge que nous étudions a suscité des légendes, et a donné lieu à toute une littérature pieuse qui, du reste, continue à s’imprimer de nos jours. Les églises où se trouvent ces Vierges ont été l’objet d’inventaires, les différents cartulaires notent des statues, d’ailleurs souvent exécutées en métal, des vête-
Et
ments, des bijoux, mais aucun à notre connaissance ne donne la description d’une Vierge de couleur noire. Nous pouvons
remarquer qu'à l'heure actuelle encore, il est fait mention
ID
ne
de l'effigie sans que la particularité de la couleur soit indiquée (1). Néanmoins au moyen âge, cette teinte ne paraissait peut-être
pas si extraordinaire, puisque un moine inscrivit près d’une Vierge qui avait été noircie par le feu :
« Sum modo fumosa sed ero post hec speciosa (2) ».
Et, d'autre part, il est fait mention du feu qui noircit l’image de Vézelay dont la description répond au type des Viergesreliquaires si fréquent parmi nos Vierges Noires (3).
Un inventaire de la cathédrale de Clermont-Ferrand, daté du xe siècle, est ainsi rédigé (4) : Majestatem Sancte Marie una vestita cum cibori et botarico I de cristallo.
À Sainte-Foy de Conques, la Vierge d’or est signalée (5), un inventaire de Notre-Dame du Puy cite plusieurs images de la Vierge (6) :
Ymago Beate Marie deaurata habens in capite unam diademam.….. item alia ymago Virginis Marie coronata deaurata.. item alia ymago Beate Marie deaurata, item quedam alia ymago Beate Marie sedens in quodam banco.. item de argento albo cum corona deaurata, item quedam parva ymago Beate Marie sedens cum Filio cum mantello deaurato.
Le cartulaire de Chartres mentionne aussi : decoravit etiam
(x) Drochon, Pélerinages français, page 10. Ph. Gobillot, Notre-Dame de Verdelais, 1926. Voici la description donnée par l’auteur dans son livre très documenté, page 40 : « L’antique statue de la Vierge se montre parée de luxueux manteaux... Exécutée en bois de châtaignier, la Sainte image remonte à la fin du xrrie siècle ou au début du xiv®. Assise, Marie tient sur son genou gauche l’Enfant Jésus qui se tourne vers elle comme pour lui sourire, tandis que ses mains retiennent un oiseau. Cette statue n’est pas un chefd’œuvre ; les mains surtout révèlent. l’inexpérience de l'artiste qui devait être un modeste imagier de village. Mais il semble avoir travaillé sur de bons modèles : encadré de cheveux ondulés, le visage de la Madone ne manque point de sereine dignité et les plis des vêtements rappellent les nobles draperies des grandes statues du poreal de Reims. »
(2) Porée, Vézelay, page 17.
(3) Mortet et P. Deschamps, Textes relatifs à l’Histoire de l’Architecture, II,
(4) L. Bréhier, Etudes Archéologiques, page 35.
(s) Édition Bouillet, page 72.
(6) Congrès scientifique de France, 1855, 1, pages 103 et 104 et II, page 623. (Livre de Podio ou Chronique d’Étienne de Médicis.)
. La multiplicité des images ie Ja SN se un même de de dévotion s'explique aisément, puisque l’une des pratic ues ; pieuses consistait en l'offrande d’une statue, généralement exé utée en matière précieuse, ainsi une statue d’ambre gris est donnée Chartres par Jean de Berry (8): saint Louis en offre une er argent, au Puy, et cette image est visitée à la Sainte-Croix 5 de Mai (9). Il y avait deux images à Chartres, à Clermont- Ferrand, à Rocamadour, ce qui prouve que, dans une même église, il se trouvait plusieurs de ces pieuses effigies. 11 en est de même encore de nos jours : dans la Basilique de Lourdes à | par exemple, il existe plusieurs statues ou tableaux de Marie, alors que celle du miracle proprement dit se voit au-dessus de la grotte de Massabielle. :