‹ Etude sur l'uréthrotomie interneChapitre 11 sur 14 · IÔ · texte numérisé non relu

IÔ

du mois d'août, et on passe des bougies ordinaires n» 20 ; les injections sont douloureuses. Le malade est renvoyé pour cause administrative le 6 septembre, il s*écouIe encore quelques gouttes d'urine par les fistules ; lo n*' 20 passe facilement ; la santé générale est excellente.

Le i^' octobre. Le malade vient nous voir; il se passe le n» 20 deux fois par semaine avec facilité. Lei fistules se sont fermées définilivemeni le lendemain de sa sortie de VhôpitaL On l'engage à continuer à se passer sa bougie

ii«ao.

Le malade revient nous voir le 5 novembre. Il pisse bien ; les fistules restent fermées; la bougie 20 passe bien, quelquefois cependant elle accroche un peu dans le trajet tortueux de l'urèthre. Il a été revu au mois de février 1870; a guérison se maintient et le n» 20 passe très-bien.

Observation V (N" 44).

Rétrécissement étroit, difficile à franchir et irritable^ nréthrotomie interne^ guérison.

H.... (Emile), 43 ans, typographe, entre le 2 novembre 1869, à l'hôpital Necker, service de M. Guyon, Saint- Vincent, n® 6.

Ce malade a eu sa première blennorrhagie il y a 25 ans, et il a conservé I^Ddantdix ans une [)etite cuisson dans le canal en urinant ; à cette époque débute la gène de la miction ; il entre dans le service de M. Ricord qui lui passe la bougie no 10 et le soigne pour un abcès développé au-devant du sternum. Depuis lors il pissait assez bien, quoiqu'il fit des excès de tous gemres; mais il conservait toujours un petit suintement; lorsqu'il y a six ans surviennent des douleurs dans les fesses. Il consulte M. Mallez, qui lui passe des bougies, et à ce que raconte le malade, l'opère au moyen d'un appareil électrique et d'une sonde qui ne pénétrait pas jusqu'au fond du canal. A la suite de celte opération ses fesses enflent et deviennent trèsdouloureuses, il ne pouvait plus s'asseoir, il se forme des abcès, on applique des cataplasmes, des pommades, les abcès s'ouvrent et il en sort un liquide infect en quantité considérable; les ouvertures se refermèrent sauf Tune d*elle8 qui n'était qu'une fistule urinaire; elle finit par guérir. Le malade éprend alors ses travaux et son même genre de vie très- irrégulier, ne tenant aucun compte de la recommandation qu'on lui faisait de se soigner. Il y a six mois il voyait depuis quelque temps son jet diminuer de jour en jour, lorsqu'un matin il est pris d'une rétention complète ; il se rend à la Clinique où on ne peut arriver à le sonder ; il finit par introduire jusqu'à moitié du canal une bougie n» 5, et après 24 heures de rétention la vessie eo ifide ; 10 jours après il quittait l'hôpital sans avoir subi d'autre traitement et pissant assez bien relativement ; la bougie n'avait jamais pu arriver jusque dans la vessie.

Le malade au bout de six mois continuant à pisser très-mal, avec diffieulté, vient consulter M. Guyon, le 29 octobre ; on examine l'urèthre :

L'explora leur 21 (sl arrêté au fond de la fosse naviculaire.

— i6 pasbc et s'arrête à la racine de la verge.

— ^2 passe et s'anélc au milieu des bourses.

— 10 id.

— 8 passe et s'anèie en arrière des bourses.

Le malade entre dans le service le 2 novembre.

o novembre. La bougie 6 ne passe pas ; le no 1 ne passe pas mieux el se recourbe dans le canal. Le no6 à olive est arrêté dans la région périoéale; Je Do 5 à olive arrive un peu plus loin, probablement dans la région bulbaire. La garder! heure en place.

Le 4. Le canal est très-dur et élastique; le malade a eu de la peine à retirer sa bougie. Aujourd'hui le no 5 passe et on la fixe à demeure.

Le 5. Le malade n'a gardé sa bougie que 2 heures, il ne pouvait pisser ; rien ne passe aujourd'hui.

Le 6. Id.

Le 7. Le malade a passé lui-même le Uo i .

Le 8. Repos, bain; le malade urine mieux après le bain.

Le 10. Aucune bougie, molle, ou de baleine, ne peut passer; on place une bougie de cire en avant de la striclure et on la fait garder l heure.

Le 1 (. Le malade a passé le n» 1 ; on la fixe à demeure.

Le 13. Le malade a pu pisser avec sa bougie à demeure ; le no 4 passe aujourd'hui ; on la Gxe à demeure.

Le 15. Un peu d'écoulement uréthral,le no 5 passe.

Le 16. Le Dq 4 ne passe pas et fait saigner le canal.

Le 17. Le n» 4 passe difficilement. Devant cette difficulté du cathélérisme, le canal ne se dilatant pas, et le malade ayant eu antérieurement de la rétention d'urine, on se décide pour Turéthrotomie. — Suif. quin. 0,20 Je matin et lavement.

Le 18. Pul. 56, temp. 37o4. Le no 4 passe; un peu de douleur en urinant, légères douleurs de reins — Soir. Puis. 64, tcmp.;37o2.

Le l9. Puis, 68, temp. 37ol, Urélhrotomie interne. La bougie conductrice est inlroduiie facilement, le conducteur cannelé passe avec un peu de difficultés, elle malade pisse quelques gouttes sur le conducteur. Lame 22 ; elle fait 6 sections successives à l'aller et plusieurs au retour ; les tissus sont durs ; l'opération est douloureuse et il s'écoule 3 ou 4 cuillerées de sang rouge. La sonde à bout coupé n» 19 ne passe pas, et on provoque une douleur plus vive que pendant la section ; la sonde à bout coupé no 16 passe facilement. Il s'écoule 4 ou 5 gouttes de sang, puis de Turine claire. — Suif, quin. 0,60. Catapl. sur le ventre el sur le périnée. Chiendent, bouill. pot. — < 10 minutes après l'opération, puis. 60, temp. 37o6. —L'écoulement sanguin continue et se fait par la sonde qu'on laisse ouverte ; on met de la glace sur le vcnlie à 2 heures; l'écoulement continuant, peu abondant du reste, on place à 4 heures une vessie de glace sur le périnée; à ce moment, léger rissonnement; l'hémorrhagie s'arrête et on enlève la glace sans qu*elle se

reproduise. Le malade se plaint de bourdonnements d'oreilles, de douleurs cuisantes dans le canal, déjà moindres le soir. Pas de maux de reins. A 6 heures du soir, puis. 72, temp. 39o.

Le 20. Puis. 72, temp. 37o6. L'bémorrhagie a cessé ; douleurs dans le canal pendant la miction, comparables à une brûlure. Céphalalgie assez forte, pas de douleurs de reins. Injections d'eau tiède dans le canal ; il sort un petit caillot. — Suif. quin. 0,40, 1 port. — Le soir. Puis. 76, temp. 3806. On enlève la sonde (32 heures) après avoir fait une injection tiède dans la vessie ; urines claires. Le malade a éprouvé un peu de douleur en urinant; il n'a pas eu de frisson, mais quelques sueurs, pas de douleurs rénales. Tète lourde ; langue belle.

Le 21. Puis. 60, temp. 37o6. Légère cuisson en urinant, et urines un peu sanguinolentes; a uriné 3 fois depuis qu'on a enlevé la sonde. Céphalalgie légère, langue belle, pas de frissons ; cesser la quinine. — Le soir. Puis. 68, temp. 37o4, pas de céphalalgie, très-légère douleur en urinant, pas de douleurs de reins.

Le 22. Puis. 68, temp. 37o6. Légères douleurs en urinant. Etat général bon, 2 port. — Soir. P. 76, temp. 38o7 ; le malade s'est levé.

Le 23. Puis. 68, temp. 37o8. Etat excellent ; il pisse beaucoup moins souvent, et à gros jet. — Le soir. Puis. 68, temp. 38». Aucune douleur; l'écoulement uréthral est assez abondant.

Le 24. Puis. 60, temp. 37^7. — Le soir. Puis. 72, temp. 38<»4; le malade s'est levé et est sorti ; aucune douleur ; beau jet.

Le 25. Puis. 67, temp. 37o4. L*écoulement continue à être assez abondant. — Le soir. Puis. 68, temp. 37u8; le malade pisse devant nous; jet fort, assez gros, un peu spiral. — Les jours suivants l'état général reste bon ; l'écoulement diminue peu à peu, devient muqueux ; le malade n'éprouve que quelques chatouillements dans le canal.

3déc. Quinzième jour après l'opération, le no 16 passe facilement, mais en provoquant une douleur assez vive ; il rend quelques gouttelettes de sang, et éprouve une gène passagère de la miction.

Le 6. Le no 16 passe bien, est gardé une demi-heure; les mêmes phénomènes se produisent mais moins marqués.

Le 10. Le no 16 passe avec une légère douleur. Jusqu'au 16 décembre, on ne passe la bougie que tous les deux jours, la douleur cesse, et dès lors on monte graduellement au 17 et au 18 ; le malade se passant d'abord le numéro inférieur.

Le 30. Le 18 passe très- bien, la miction est très-régulière; on donne au malade qui quitte aujourd'hui l'hôpital le u9 16; il se le passera tous les jours.

Reverdi n.

Observation VI (N® 40).

Rétréeissement étroit^ élastique et irritable; incontinence^ uréthrotomie, hémorrhagie

légère, uréthrite (récidi?e).

Mo...(Amédée),67an8, employé, entre le 23 août 1869,àrhôpitalNecker, service de M. Guyon, Saint-Vincent, n. 5.

Ce malade a eu 4 ou 5 blennorrhagies de "22 à 38 ans ; elles ont toutes guéri sans qu'il fit d'injections; et il n'a jamais eu la goutte militaire. Depuis une dizaine d'années il s'aperçoit qu'il est très long à pisser, que le jet déjà petit diminue de jour en jour, qu'il va de travers, et que quelques gouttes s'écoulent involontairement dans son pantalon après la miction. Depuis assez longtemps sans avoir d'incontinence, il est obligé de se hâter pour satisfaire à ses envies fréquentes d'uriner. Il y a six semaines est survenu un écoulement uréthral blanchâtre, non douloureux. 11 n'a jamais fait aucun traitement.

Etal actuel. Le malade urine goutte à gouUe, rarement par du jet trèsftn; la vessie ne se vide pas. Il n'y a pas de douleurs rénales. L'urèthre est le siège d'un écoulement assez abondant; il est très-sensible pendant les explorations ; l'explorateur no 8 est arrêté à environ 12 c. du méat.

On prescrit de l'opiat de copahu et de cubèbe. Les jours suivants aucune bougie ne peut pénétrer et on laisse le malade au repos ; sa chemise est constamment tachée; il y a de l'uréthrite, mais il y a aussi de l'incontinence d'urine.

iO septembre. On recommence les tentatives de dilatation; la bougie no 8 pénètre dans la vessie.

Les il, 12, 13. On ne peut faire pénétrer les plus 6nes bougies; elles s'engagent dans le rétrécissement mais sans le franchir.

Le 14. On fait une nouvelle exploration plus complète du canal. L'explorateur n© 21 est arrêté au fond de la fosse navicuiaire. Les n®* 18, 15, 12, y sont arrêtés auss!. Le n® 8 passe et s'arrête immédiatement en arrière des bourses. La bougie n» 3 franchit ce rétrécissement, mais s'arrête un peu plus loin.

Le 15. Il n'y a plus d'uréthrite, mais une ihcontinence d'urine persistante et peu abondante ; toutes les fois qu'on cherche à introduite une bougie une goutte d'urine apparaît au méat ; le malade se plaint d'une très-vive douleur à chacune de ces tentatives ; du reste, on ne réussit pas mieux qu'hier. — Supprimer l'opiat.

Le 18. Le n° 4 passe, on le laisse à demeure.

Le 22. On enlève le no 4 qui n'a occasionné ni gêne ni douleur ; le no 6 passe, on le laisse à demeure.

Le 23. Le malade n'a pu pisser avec sa bougie et l'a retirée à 2 heures; on remet le na 6.

'^ Le 24. Ko 7, le garder 1 heure.

Le 25. Le n® 6 est serré; le n» 4 passe bien, le garder 2 heares.

Le 27. Le no 5 passe bien.

Le 28. Le n* 5 et le no 6 passent; le garder 2 heares.

Le 29. Le do 5 passe, le n» 6 ne passe pas.

En présence de cette impossibilité de dépasser le no 5, tenant à Tirritabilité du rétrécissemenl , et de l'incontinence, M. Guyon fera Turétbrotomîe. ^'

Le l«r octobre. Urélhrotomie interne ; le malade a pris 0,20 suif, quin., et un lavement; l'introduction du conducteur est assez laborieuse; lame 23 sur la concavité ; la section porte sur le fond de la fosse Bavicutaire et sur la région du bulbe ; douleur assez vive ; écoulement de quelques gouttes de sang. Sonde à bout coupé ii» 18 introduite facilement sur conducteur. Suif, qain. 0,60; catapl.; uva ursi; bouill., pot. — Le soir. A 1 heure \\l le malade a été pris d'un grand frisson qui a duré environ une demi-heure; il a été suivi de chaleur et de sueurs qui durent eucore à 6 heures. Pouls fréquent , large; langue blanche, céphalalgie, un peu d'oppression. Les régions rénales et vésicales explorées avec soin ne sool nullement douloureuses; les urines sont d'un rouge sale» foncé, et cootienuenC une assez grande quantité de sang, sans caillots ; la sonde fonctionne bien. Conxpresses froides sur le bas-ventre et sur le périnée.

Le 2. Les urines sont moins sanguinolentes; la ûèvre est tombée. On laisse la sonde à demeure, et on reprend Tusage des cataplasmes. SulL quin. 0,60. — Le soir. Pas de fièvre ; les urines sont redevenues très-san* guinolentes. — Compresses froides.

Le 3. On enlève la sonde; les urines ne renferment presque plus de sang; la sonde est enduite de mucus. Pas de ûèvre. — Le soir. Le malade a ea dans la journée un accès de fièvre.

Le 4. Le malade n'a plus rendu de sang ; la miction est un peu douloureuse et il y a un peu de gonflement de la verge et du prépuce. — Suif, quin. 0,60; thé au rhum. — Le soir. A 2 heures, violent frisson, suivi de chaleur et de sueurs qui persistent encore à 6 heures. Céphalalgie , malaisé. Reins et vessie indolores ; urines non sanguinolentes. — Suif. quin. 0,40.

Le 5. Pas de fièvre, pas de sang dans l'urine. Suif. quin. 18. — Le soir. Le malade a eu dans l'après-midi un peu de fièvre, sans frisson; il est en pleine sueur, il a de la céphalalgie et se plaint de douleurs dans les flancs.

Le 6. Un peu de douleur dans les flancs, soit spontanée, soit à la pression ; lu miction se fait bien^ les urines rendues chaque fois en abondance sont un peu troubles. Langue saburrale. — Suif. quin,lgr.;6 ventouses sèches sur les reins, lavement émollient, catapl. 1 bouteille d'eau de Sedlitz. — Le soir. Le mala le est sans fièvre et soulagé de ses douleurs de reius. Le 7. Pas de douleurs, pas de fièvre. Cesser la quinine.

Le 8. On |)crmet au malade de se lever; il pisse acluellement Irès- .bien^ et la chemise n'est plus lâchée, l'inconlinence a cessé. La vessie se vide bien.

Le H. Même état, sauf un léger écoulement purulent par l'urèthre.

Bain.

Le 12. 12* jour après l'opération on passe facilement et sans accident

le no 17.

Le 13. Le no 17 est laissé une demi-heure. Dans Taprès-midi, frisson suivi de chaleur et de sueurs. — Suif. quin. 0,40.

Le H. La fièvre a cessé, mais la région rénale gauche est un peu douloureuse à la pression. — Ventouses sèches; suif. quin. 0,40. Diète.

Le 15. La fièvre et les douleurs ont cessé.

Le 19. L'écoulement uréthral purulent continue.

Le 25. L'écoulement est abondant ; il y a une uréthrîle assez intense ; te jet est resté gros, mais il est redevenu bifide. La bougie 18 ne passe pas, il en est de même du 14 ; il est probable que leur extrémité 8*accrochai quelque part, car Texploratcur à boule n« 19 passe assez facilement; il est vrai qu'on sent deux ressauts et qu'on fait un peu saigner. Dans la journée fièvre très-légère qui a cessé le soir.

Le 27. Le 18 ne passe pas ; le 17 passe très-bien.

Le 28. Le n® 18 passe; le garder 10 minutes.

Le 29. Le DO 18 passe très-bien. Le malade voulant sortir on lui donne une bougie 14. 11 n*y a pas d'incontinence et pisse bien. Exeat le 30 octobre.

6 novembre. Le malade rentre avec un écoulement uréthral abondant, crémeux qui parait d'oiigine vénérienne, quoiqu'il le nie formellement. Opiat de copahu et cubèbe. On constate que l'incontinence n'a reparu en aucune façon depuis l'opération. L'écoulement uréthral diminue rapidement.

Le 17. La bougie 14 passe bien; la bougie 18 passe également bien, mais en provoquant de la douleur.

Le 19. Le malade quitte le service et rentre peu de temps après dans la salle de M. Desormeaux; il ne s'est pas passé de bougies et pisse très-mal. On lui fait deux fois l'uréthrotomie à l'endoscope ; l'une de ces opérations est compliquée d'une hémorrhagie abondante ; il a été perdu de vue depuis.

Observation VII (n'45).

Rétrécissement cicatriciel^ première urétbrotomie incomplète, deuxième oréthrotomie,

guérisoD, orchite un mois et demi après.

Ce jeune homme a eu la chaudepisse il y a un an , mais il y a environ un mois il a fuit une chute et est tombé ^ cheval sur une barrière. 11 entre aussitôt dans le service de M. Verneuil; l'urèthre saigne pendant deux

jours ; une incision est faite au périnée, elle ne va pas jusqu'à l*urèthre ; on * met une sonde à demeure et on la laisse pendant douze jours ; dix jours après le malade quitte Thôpital, et le soir même il est pris de rétention d'urine. Depuis lors il urine avec la plus grande peine et le jet est des piu0 fias.

État actuel. Santé bonne.

L'explorateur 8 est arrêté au milieu du périnée en arrière des bourses; le 6 entre facilement; le 7 n'entre pas.

On sent au périnée des parties fortement indurées.

3 septembre. M. Lannelongue , suppléant M. Guyon, pratique l'uréthrotomie avec la lame 21 ; le rétrécissement parait assez long et on ne peut introduire aucune sonde dans la vessie. Suif. quin.

Les jours suivants aucun accident, quoique dans les tentatives d'introduction de la sonde, avec et sans chloroforme , on ait fait saigner assez abondamment la plaie^ Le malade pisse avec un assez gros jet.

Le 6. La palpation simple du périnée fait encore sortir un peu de sang. Aucun traitement, repos juqu'au 17 septembre. A cette époque l'exploration donne les résullass suivants : l'explorateur 12 est arrêté en arrière du scrotum; le 8 id.; une bougie passe et est très-libre.

Le 18. N" 5, la garder une heure.

Le 19. N» o, la garder deux heures.

Le 21. L'uréthrotomie est indiquée par la nature même du rétrécissement et par cette circonstance que la stricture est plutôt tortueuse qu'étroite, ce qui rend le cathélérisme très-cbanceux. Le malade a pris un lavement de 0,20 suif. quin. Section avec la lame 22 ; àonde 18 sur conducteur, peu de douleur, presque pas de sang; la section a été facile et s'est faite en un seul point.— Suif. quin. 0,60, catapl., repos, 1 port. — Soir. Pouls 72, lemp. 37«,5. Pas de sang, pas de frisson, pas de fièvre, pas de céphalalgie, langue nette, appétit.

Le 22. Pouls 68, temp. 370|7. On enlève la sonde, les urines sont légèrement sanguinolentes et il y a un peu de douleur dans l'urètbre. — Soir. Pouls 80, temp. 37».

Le 23. Pouls 72, temp. 37o. Le malade pisse bien, àgros jet.— Soir. Pouls 72, temp. 37o,8. Il y a eu aujourd'hui des envies fréquentes d'uriner. — Lav.laud.

Le 24. Pouls 84, temp. 37<*,6. La fréquence de la miction a cessé. Jusqu'au 30 rien de nouveau.

Le 30. Dixième jour après l'opération, la bougie 17 ne passe pas, le 15 passe en produisant des douleurs assez vives.

!•'' octobre. Le 16 passe très-bien; le canal a un peu saigné hier, mais il n*y a pas eu d*autre accident.

Le 2. Le 15 ne passe pas, le 14 passe.

Le 3. 14 et 15, le garder une demi-heure.

Le 4. Id.

Le 5. 15 et 16.

Le 6. Id.

Le 7. Le 15 fait saigner le canal.

Le 8. Le malade n'a pu pisser ce malin ; le malade se livre à la masturbation et ne suit pas les recommandations qu*on lui fait; étant détenu, il ne demande pas mieux que de prolonger son séjour à TbôpitaL

Le 0» Le malade est emmené.

Le malade rentre le 13 octobre. On n'a pas pu le sonder et on a fatigué son canal par des tentatives répétées.

On passe cependant trèsofacilement le n» 15.

> On eoiitifiue alors la dilatation graduelle; fl se produit un peu d'écoulement uréthral , la miction se fait as»ez mal , l'écoulement augmente » on donne de l'opiatde copahu et cubèbe, on fait des injections de sulfate de zinc, et le 2 novembre débute une épididymite double qui guérit dans l'espace de quinze jours. Le malade continue à se masturber; il avale du laudanum, toujours probablement dans le but d'êlre gardé le plus longtemps possible à l'hôpilal. Il est emmené de nouveau par la police le 18 novembre. On leren* Yoie à l'hôpital le 10 novembre. Malgré toutes ces imprudences commises et la suspension de traitement provoquée par l'epididymite, le 2Î novembre on passe facilement le n» 16; cependant on fait un peu saigner le canal.

24 novembre. Le malade sort définitivement emportant les bougies no 14, 15 et 16.

Observation VIII (n*» 33).

Kétrécissament très-étroit et très-diffîcile à franchir, uréthrotomie^ hémorrhafyie

três-léçère, guérisoD.

He... Pierre, 30 ans, cigarier, entre le 15 février 1869 à Tbôpild! Necker, service de M. Guyon, Saint-Vincent, no 3.

Une seule chaudepisse il y a huit ans; l'écoulement dura sept mois et fut douloureux pendant doux ou trois mois; pas d'injections. Depuis sa bletinorrhagie le malade urinait moins bien qu'auparavant; la miction se faisait plus lentement. Il y a cinq ans, il est pris sans cause connue d'une rétention d'urine complète; on essaye en vain de le sonder avec une sonde d'argent et on fait saigner le canal ; une sonde en gomme n» 11 ou 12 passe et on l'engage à continuer l'usage des bougies; il suit ce conseil assez irrégulièrement mais tombe bientôt au no 9. Il y a deux ans, la bouffie 9 ne passant pas, il abandonne tout traitement; le jet devient très-petit, la miction, très-lente, dure cinq à six minutes, et bientôt il n'urine plus que goutte à goutte, souvent la miction est douloureuse. Les urines, habituellement claires, ont eu, il y a deux mois environ, un dépôt blanc. Enfin, depuis quatre ans environ, il se sent de temps en temps un peu mouillé.

État acluet. On rencontre en arrière des bourses et en avant du bulbe un rétrécissement que ne franchit pas l'explorateur 8; la bougie filiforme passe et on la fait garder cinq minutes. — Graine de lin, 4 portions.

Jusqu'au t2 février on introduit chaque jour la bougie fine et le ranlade la gartlc de dix à quinze minutes ; puis pendant deux jours elle ne pa^se pas. Jusqu'au 4 mars tantôt elle passe, tantôt elle ne passe pas > et elle provoque u peu d'uréihrite.

4 mars. La bougie, courbée en baïonnette, pénètre on arrive le 6 mard, au no 6, puis survient un nouvel arrêt.

Le iO. On eommenee à introduire une grosse bougie de cire en avant du fitréassement , el on t&che ensuite de faire passer la bougie fine, mais toujours sans succès^

Le 45. Tentative d'uréthrotomie interne indiquée par Tétroitesse du rétrétisacment et la position excentrique de Torifice, qui rend le caihétérisme trèsdiffidle- La bougie a été introduite, mais le conducteur cannelé ne passe pas, le canal est rigide et le rétrécissement étroit, de sorte que la bougie con- 4uctrice, très»serrée, se replie au lieu d'avancer.

Le malade rend dans l'après-midi quelques gouttes de sang, mais aucun accident ne se produit.

Au bout d'un jour de repos on recommence à passer la bougie , et le 22 ■lars on pratique l'uréthrotomie.

Le malade a pris 0,20 suif, quin et un lavement.

La bougie et le conducteur pénètrent; lame 23 sur la concavité: on coupe un rétrécissement pénien, puis au niveau du bulbe un second rétrécissement très-long et très-dur. Douleur vive, écoulement d'une petite cuillerée de sang, pas d'écoulement d'urine. Sonde n« 19 sur conducteur, l'introduction en est assez douloureuse. Suif. quin. 0,60. Cal. gr. de lin, 6 pot. — Soir. Pouls 76, temp. 37o,4; pas de frissons.

Le 23. Pouls 80, temp. 37o,6. On enlève la sonde; la première miction en douloureuse au commencement et à la fin. Écoulement d*un peu de sang; la deuxième miction n'est douloureuse qu'à la fin. — Soir. Pouls 84, température 37^6. Le malade, qui avait un peu d'angine, est pris d'une éruptioA qui rappelle la scarlatine, mais qui s'accompagne de picotement dans les yeux, d injection de la conjonctive sans bronchite, et qui est peut-être due au sulfate de quinine. Céphalalgie.

Le 24. Pouls 104, temp. 38o,8. Cette nuit le malade a eu un frisson de deux heures, accompagné de douleurs de ventre; il n'a pas été à la selle depuis quatre jours; il a uriné à plusieurs reprises un pou de sang; les reins sont douloureux à la pression, surtout le droit. L'éruption persiste. Suif, quin. 0,60, thé. — Pouls 92, temp. 38%2. L'éruption pâlit.

Le 25. Pouls 88, temp. 38o,6. Le malade a eu un nouveau frisson cette nuit, la langue est un peu sale, mais humide. L'éruption a presque disparu et s'est convertie par places en vésico-pustules très-fines.

Les urines sont troubles, à dépôt muqueux, encore un peu de sang. Verge et périnée normaux.— Thé, bouill., pot. Suif. quin. 0,40. --Soir. Pouls 100, temp. 390,4. Le malade a uriné du sang en assez grande quantité; pas de frissons.

Le 26. Pouls 84, temp. d**',^. Le malade a eu des sueurs abondantes jusqu*à ce matin. Lavement émollient. Suif. quin. 0,40. Thé. — Soir. Pouls 80, temp. 3Ço,9.

Le 27. Pouls 76, temp. 37«,4. Encore un peu de sang; légère desquamation au cou. — Soir. Pouls 72, temp. 37°,2. Un peu de sueurs dans la journée. Il n'a pas uriné de sang.

Le 28. Pouls 60, temp. 36<',7. Le malade a souffert en arrivant et a encore rendu un peu de sang. Pas de douleurs rénales ; pas de fréquence de la miction. Canal non douloureux. — Soir. Pouls 80, temp. 36°,9.

Le 29. Pouls 78, temp. 37*'. État général bon. — Soir. Pouls 68 , température 37%i. La miction est peu douloureuse; cependant il rend encore quelques gouttes de sang : en pressant le canal , qui est indolent , on fait sortir une goutte de liquidé clair, grisâtre.

Le 30. Pouls 68, temp. 37,1. — Soir. Pouls 72, temp. 36o,5. Le malade éprouve de la douleur en urinant et est obligé à quelques efforts. Il ne s'écoule plus de sang.

Jours suivants, id.

2 avril. Onzième jour après l'opération , le n^ 19 passe facilement sans douleur, sans faire saigner ; on ne la laisse qu'une minute. Dans Taprès-midi il rend un peu de sang.

Le 5. Le n° 19 passe facilement ; il la garde un quart d'heure et ne rend pis de sang.

Les jours suivants on introduit les n° 19 et 20, ce dernier fait un peu saigner; on le laisse reposer et on en revient au n* 19.

Le 12. Le malade se passe lui-même le no 19. Il a un peu d*uréthpite qu'on traite par les injections de sulfate de zinc et de tannin; elle cesse à peu près complètement.

Le malade quitte le service le îi avril, se passant facilement le n° 19; il continuera à le faire tous les jours. Il revient le 26 juin ; Taréthrite a cessé définitivement quinze jours après sa sortie; depuis lors 11 pisse bien et se passe la bougie 19. L'explorateur 21 arrive facilement dans la vessie; on l'engage à persévérer à se passer le n° 19.

Observation IX (N*» 47).

Rétrécissement irritable et élastique, dilatation bornée, uréthrotomie, urétbrite légère*

Da... (Félix)^ 32 ans, cocher, entre, le 23 septembre 1869, à l'hôpital Necker, service de M. Guyon, Saint- Vincent, n*> J2.

Cet homme a eu une première chaudepisse à l'âge de 14 ans. Elle a duré fort longtemps , et il ne l'a soignée qu'au bout de deux ans, lorsqu'il est venu à Paris; il a fait alors des injections assez douloureuses, et n'a pu se débarrasser depuis de la goutte militaire. Â cette preoaière chaudepisse en ont succédé plusieurs autres; la dernière a été contractée il y a six mois*

\mùàe pisse mal depuis trois ans : le jet csl devenu petit , puis bifide, knlc et fréquente ; il met actuellement 5 à 6 minutes pour uriner ,

tirf obligé de faire des efforts violents. Jamais de fièvres, ni de douleurs

ou vésicales.

Il été soigné à Lariboisière pour son dernier écoulement, puis pour son

iment, par M. Mauriac, qui lui a fait, il y a quatre mois, un traite-

par la dilatation, et est arrivé au n° 12. Depuis quatre mois pas de

mi; le jet, toujours bifide, a de nouveau diminué; il souffre en uri-

itet fait beaucoup d'efforls.

tlataetueL Reins et vessie indolores; Furèthre forme en arrière des [hBorses ua corps dur.

L'explorateur n® 21 est arrêté immédiatement en arrière des bourses; il f«i est de mèoie jusqu'au n° 8, qui franchit Tobstacle et pônètre dins la iessie. Le n*" 9 ne passe pas.

Le 25 septembre. Le n° 9 passe facilement : le garder deux heures; il s'ccoule une goutte de pus.

Le 27. Le n- 9 ne passe pas ; n*» 8, vingt-quatre heures.

Le 28. N* 8, une heure.

Le 29. Le n® 9 ne passe pas; cependant le malade urine mieux; le jet l'est plus bifide; n** 8, une heure et demie.

Le 30. Le 8 et le 9 passent; une demi-heure.

l*' octobre. Le 8 passe, le 9 ne passe pas.

Le 2. Le 8 passe, le 9 s'engage , mais ne passe pas.

Le 3. Le 8 passe, le 9 s'engage, et après 10 minutes de séjour passe facilemeni; une demi-heure. Les jours suivants, on fait passer au malade la bougie d'avance, le numéro supérieur passe alors; on arrive ainsi, le 13 octobre, à passer le n*^ 12; mais il survient des douleurs dans le canal, et jl retombe au n^ 11.

Le 19. On en est revenu au n" \1\ le malade souffre beaucoup dans la journée en urinant; la miction continue à se faire avec efforts et douleurs; il y a un écoulement assez abondant. Le malade désire Turéthrolomie, qui est du reste indiquée, puisqu'il présente un rétrécissement irritable, peutêtre élastique, et qui ne se laisse pas dilater au delà du n** 10 ou 11.

Le 2i. Puis. 72, temp. 37°, suif. quin. 0,20. — Lavem. émoll. — Soir. Puis. 72, temp. 37®.

Le 22. Uréthrotomie interne; lame 23, une seule section en allant et en revenant; les tissus sont peu durs. Pas de douleurs; deux ou trois gouttes de sang; sonde n^ 19 à bout coupé, introduite très-facilement sur conducteur. Après l'opération, puis. 72, temp. 36°. — Suif. quin. 0,60; calap. sur le ventre et le périnée; bouill., pot. — Soir. Puis. 80, temp. 37*4. Aucune douleur, aucun frisson , aucun malaise, reins indolores, langue nette, bon appétit.

Le 23. Puis. 80, temp. 37^6. Le malade a eu, pendant la nuit, des envies assez fréguentes d'uriner: les urines ne contiennent oas de sang, mais un

dépôt assez abondant. On enlève la sonde. —Suif. quin. 0,40, catap.; 1 port., tisane d'uva uréi. — Soir. Puis. 92, lemp. 37<*5; le malade n'a urinéqQe§« deux fois; il y a eu de la douleur et un peu d'écoulement sanguin, à la première miction surtout. Reins indolores, pas de frisson.

Le 24 Puis. 80, temp. 37^. Bon sommeil; légère douleur en urinant, et un peu d'écoulement sanguin de moins en moins abondant. 11 urine à gros jet. — Soir. Puis. 76, temp. 38**. Le malade vient d'avoir, à cinq heures, un très^léger frisson et un peu de sueurs. Reins et vessie indolores. - Suif. quin. 0,20.

Le 25. Puis. 96, temp., 38^8. Les urines ont toujours du dépôt; pas de douleur, sauf en urinant; pas de céphalalgie, langue nette. — Sulfate de quinine, 0,40. — Soie. Puis. 92, temp. d8»5. Etat général bon.

Le i6. Puis. 88, temp. 37°8. Douleur moins vive en urinant; dépôt moios abondant dans les urines qni sont rendues en plus grande quantité à la fois. — Soir. Puis. 96, temp., 38*5. Aucune douleur.

Le 27. Puis. 88, lemp. 37<'6. Aucune douleur; cependant il pisse un peo moins bien, (t plus souvent que les jours précédants : une dizaine de fois dans les vint-qualre heures; 4 port.; il se lèvera. — Soir. Puis. 82, temp. 38o2.

Le 28. Puis. 96, temp. 37''8. 11 a uriné six fois dans les vingt-quatre heures. — Soir. Puis. 88, temp. 38°2. Le malade se plaint de douleurs plus vives en urinant.

Le 29. Puis. 80, temp. 38^1. Douleurs dans le bas-ventre et dans la verge quand il urine ; le ventre n'est pas sensible à la pression ; la miction est encore fréquente; langue nette; repos au lit. — Lavement laudanisé, catapl. -^ Soir. Puis. 92, temp. Sd^S. Douleurs assez vives dans le bas-ventre, au niveau de la vessie; pas de douleurs de reins.

Le 30. Puis. 96, temp. 37**8. Les douleurs dans le bas-ventre persistent; pas d'autre accident. — Suif. quin. 0,40; bain, lav. — Soir. Puis. 88, temp. 38^4. Les douleurs dans le bas ventre ont cessé; il souffre encore un peu dans la verge en urinant ; quatre mictions dans la journée.

Le 31. Puis. 76, ternp. 37»2. — Soir. Puis. 80, temp. 38«; il n'y a plw qu'une légère douleur en urinant; douleur passagère dans l'aine droite.

Le !•' novembre. Puis. 88, temp. 37°4. Très-légère douleur en urinant- Soir. puis. 88, temp. 37o9. On permet au malade de se lever.

Le 2. Puis. 80, lemp. 37^4. Les douleurs en urinant diminuent; mais ily^ à chaque miction un peu de douleur dans le bas-ventre. — Soir. Puis, ^t temp. 3704 ; id. écoulement uréthral assez abondant, qui reparaît aujourd'hui.

Les jours suivants, Tétat reste bon et l'écoulement diminue ; les mictions sont moins fréquentes, mais les urines déposent encore un peu.

Le 9. Le dix-neuvième jour après Topération on passe le n9 19 avec 1* plus grande facilité , et on le retire immédiatement. Cependant, le canal a un peu saigné à la première miction qui a suivi le passage de la bougie* Pas d'accident.

[ Le II. L'écoulement persiste ; on prescrit des injections au sulfate de zinc fao tannin.

^'Le 12. Le no 19 passe très-facilement ; on la retire immédiatement; un

de sang à la première miction.

Le 45. Le no 49 est laissé dix minutes; pas d'écoulement sanguin. Les

suivants on passe le no 19, et on le laisse 10 minutes sans aucun acci-

it; l'écoulement uréthral gommeux persiste, mais peu abondant. On fait,

partir du 19 novembre, des injections de six gouttes de solution d'azotate

[t^argent, au 50% qu'on porte sur 4e point douloureux du canal, avec l'ex-

>rateur perforé.

Le malade se passe lui-même le n« 19; et, comme il a un peu de peine, on tacend au no 17; il n'^A d'écoulement qu*après le passage des bougies.

Le 30. Le malade quitte l'hôpital ; il pisse bien , l'écoulement est nul; il ^le passe lui-même facilement les n<>' 17 et 19, et on l'engage à continuer à te faire.

Observation X (No 46).

Bétréeissemeot irritable, dilatation bornée, uré^hrotomie, sonde laissée quarante-trois

heures par oubli, urétbrite^ guérison.

. Pin (Jean-Baptiste), 53 ans, rémouleur, entre, le 25 mai 1869, à l'hôpital Nccker, service de M. Guyon, Saint-Vincent, n® 6.

Chaudepisse à l'Age de 18 ans ; elle dure un an et est suivie de goutte militaire pendant deux ou trois ans ; le malade fait des injections d'eau blan» che. Pas d'écoulement depuis. Il pisse bien jusque il y a huit ans. A cette époque il est pris, sans autre cause que la fatigue du travail, d'une tuméfaction dure des bourses; la miction devient très-difficile. Le D' Lombard incise cette infiltration ; il s*écoule du pus mêlé d'urine, et il se met à pisser à la fuis par le méat et par l'incision restée fistuleuse. M. Lombard dilate graduellement le canal, et le cautérise ainsi que la fistule qui se forme au bout de trois mois, laissant une cicatrice déprimée. Il urine bien pendant quelque temps , mais, il y a cinq ans, le jet diminue, devient très-petit; il pisse trèslentement, avec effort, et l'urine tombe presque sur ses pieds. M. Lombard lui passe des bougies, et il continue à se sonder ; mais il ne peut bientôt introduire que de ânes bougies, et entre une première fois dans le service, en février 1868. Traitement par la dilatation graduelle pendant un mois; il continue à se passer la bougie 9 jusqu'au mois de mars, mais alors il est obligé de prendre des numéros inférieurs. Il entre dans le service de M. Laboulbène, pour un érysipèle de la face et de la diarrhée. Guéri de son érysipèle, il passe à la salle Saint-Vincent.

État actuel. Jet petit, miction non-douloureuse, urines claires. Reins indolores; le ventre est sensible à la pression. Prostate normale ; en arrière et adroite on trouve deux ou trois indurations au niveau de la vésicule sémi* nale. Le canal est induré et volumineux dans sa portion périnéale Le malade est sujet à la diarrhée et a eu quelques accès de fièvre.

Les explorateurs 10 à 14 sont arrêtée au fond de la foss3 nivfciilaire.

Le n« 13 est arrêté à ia racine de la verge.

Le no 8 est arrêté dans la région du bulbe.

La bougie 7 passe, à frottement dans la région périnéale, et arrive dani la vessie. — Graine de lin, bismuth, 10 gr. ; 2 port.

28 mai. Bougie no 6 gardée uri quart d'heure.

Le 29. No 6 et no 7.

Le 30. Id.

l"'' juin. No 7 (le 8 ne passe pas) ; la gcurder deux heures.

Le 2. Le no 7 est serré aujourd'hui.

Le 3. Le no 7 ne pénètre qu'incomplètement (une heure).

Le 4. Le no 7 et le uo 8 passent.

On arrive par la dilatation graduelle, la bougie étant gardés cin] mlintoâ, à passer le 14 juin le no 10. Mais, le 13, on est obligé de revenir au no 9 ; on la fait garder deux heures d'abord, puis quatre heures, puis huit heures. Au bout de quelques heures elle est moins serrée; le malale pisse malgré la bougie, et il ne se produit pas d'uréthrite avant le 19 juin. Il y a depuis lors un peu de cuisson dans le canal ; la bougie revient enduite de mucus, et il se fait un peu d'écoulement, mais on ne peut dépasser le no 9.

Le ai. On place une bougie fine no 3 à demeure; on la laisse deux jour.'S.

Le 26, le malade a un peu souffert dans le canal en urinant et sans ur.'ner; les nos 9 et 10 passent; le n*' Il ne passe pas ; on laisse le no 10 une demiheure. Pas d'écoulement.

28 juin, no 11.

29 juin, n»« 10 et 11.

30 juin, no» 10 et 1 1 très-serrés.

Le 1*' juillet, le n** 10 passe, le n© U ne passe pas; on met une bougie fine à demeure.

2 juillet , le no 11 ne passe pas mieux. Quelques douleurs dans la verge, très-peu d'écoulement.

3 juillet, le no 11 passe à frottement; un peu d'écoulement et douleurs pour uriner.

5 juillet, le Uo 11 passe;' le no 12 ne passe pas; bougie no 6 à demeure.

6 juillet, le malade n'a pu supporter la bougie et l'a enlevée à 4 heures ; pas d'écoulement; le no 10 ne passe pas. Repos. La dilatation est bornée au no 9; la dilatation graduelle et les bougies à demeure ne réussissent pas; on fera l'uréihrotomie.

9 juillet, tentative infructueuse; on ne peut introduire la bougie conduc- Irice.

12 juillet, le malade a pris 0,20 suif. quin. et un lavement. On introduit facilement la bougie et assez facilement le conducteur cannelé; lame n» 23 sur la concavité ; le malade urine quelques gouites pendant la section. Douleur très-vive, écoulement d^ quelques gouttes de sang. — La lame coupe en trois points : dans la fosse naviculaire, dans la région pénieiine et au

— Ui —

bulbe. En ce dernier point i'inslrum3nt coupe encoi*e au retour. La sonde ïfi 19 ne passe pas; la sonde no 16 passe après quelques diriicullés. Pas de sang dans les urines.

Après ropération, puK«. 88^ temp 37o6. —Suif. quin. 0,60, cataplasmes; bouillon, pot. — Soir, puis. 92, temp. 38o2. Langue un peu blanche, pas de sang dans les urines.

13 juillet. Puis. 76, temp. 38». Aucun malaise. — Suif. quin. 0,40; 2 port. — Soir. Puis. 92, temp. 38o7. Etat excellent. La sonde est laissée par oubli, et le malade la retire à cinq heures du matin, à cause de douleurs dans la Yerge; elle est restée quarante-trois heures en place.

14 juillet. Puis. 88, temp. 37o8. Un peu d'écoulement urêthral ; gonflement du prépuce; pas de fibvre ; le malade urine souvent et avec cuisson. Cesser le suif. quin. — Soir. Puis. 84, temp. 38o2.

15 juillet. Puis. 76, temp. 37o9. Le malade pisse assez bien; le jet est gros, mais éparpillé ; il pisse toutes les heures avec douleur Les urines sont troubles; le gonflement de la verge diminue. — Soir. Puis. 88, temp. 38o2. Le malade urine plus souvent.

46 juillet. Puis. 88, temp. 38o. Le malade nous montre un petit abcès de la fesse; sans aucun rapport avec le canal, et superficiel; il rend compte probablement de la légère élévation de température; on l'incise. — CatapL — Soir. Puis. 84, temp. 38o3.

17 juillet. Puis. 72, temp. 37o4. Le malade pisse moins souvent, mais toujours avec douleur. Les Jours suivants l'état est bon; la miction diminue de fréquence; la température est à peu près normale.

20 juillet. Le neuvième jour après l'opération , le no 16 passe facilement, mais en occasionnant une vive douleur; la miction redevient plus fréquente.

22 juillet. Le no 16 est passé dès lors tous les deux jours, puis tous les jours; on arrive alors au no 17, qui est un peu serré, et qu'on laisse une demi-heure en place.

6 août, le 17 passe, est serré, mais ne produit pas de douleur. Il pisse bien et pas trop souvent. Le malade quitte Thôpital le 17 août.

Observation XI (N*» 48).

* Rétrécissement élastique et irritable, dilatation bornée, urétbrotomie^ urétbrite

(Voir le tracé thermom. n" 4).

D... (Claude), 27 ans, tourneur, entre le 7 octobre 1869 â i'hôpilal Necker, service de M. Guyon, salle Saint-Vincent, n» 7.

Le malade a eu une seule chaudepisse, il y a sept ou huit ans ; elle a Iraîué pendant dix-huit mois, et depuis lors le canal n'a jamais été sec : de lemps en temps il a eu de petites recrudescences. Li malade a fait des injections douloureuses. Â la môme époque, il a eu un chancre et des accidents secondaires, dont il porte les traces. 11 y a deux ans environ que son jet a commencé à diminuer, que la miction est devenue plu^ lente et a nécessité

^Ebrta; et depiibi un sia il tty est ajoalé des donteurs daQS le canal quand 9 arittf ; il perd de Tarine pendant seize ou Tingt mfiHiles ^waà il a fiai de

pisser. Du reste, il urine toujours avec un jet, Irès-fm il est vrai ; ce sont las douleurs et les efforts qui le tourmentent, et l'ont amené à entrer à l'hôpital. Il y a six mois, le malade a eu pendant trois mois des accès d>^ fièvre; depuis un an il a fait plusi'iurs traitemenis par la dilatation, mai» sans persévérance; dès qu'il cessait de se passer des bougies» le jet redevenait très-rapidement petit; il n'a pas été urélhrotomisé.

État àctueL La vessie n'est pas sensible; les reins sont actuellement non douloureux spontanément et à la pression; le malade a eu depuis sa chaudepisse quelquefois des douleurs rénales. Au toucher on trouve la prostate petite, et le bas-fond vésical souple et indolent.

L'explorateur n« 18 est arrêté au fond de la fosse naviculaire.

Le n' 15 passe et s'arrête au milieu de la région pénienne.

Le n« 12. Id.

Le n« 9. arrive dans Ja vessie.

8 octobre. Bougie nO 8 gardée une demi-heure.

Le 9. Nt> 9 demi-heure.

Le 11. No» lOetll.

Lel2. Id.

Le 13. Le nMO passe, le n*' 11 ne passe pas ; le malade commence à avoir un peu d'écoulement urélhral.

Le 14. L'écoulement augmente et s'accompagne de douleurs dans le canal ; repos.

Le 15. Le no 11 passe facilement.

Le 16. N^ il ; l'écoulement persiste; mictions moins fréquentes et plus abondantes.

Le 17. Le 11 passe, le 12 ne passe pas.

Le 18. Id.

Le 19. Le n» 11 et le n» IS passent.

Le 20. N«* 11 et 12.

Le 21. Le n» 1( passe; le 12 ne passe pas; écoulement assez abondant et gêne très-grande de la miction.

Le 22. Le n^ 11 est serré. Le malade pisse mal depuis plusieurs jours, avec effort et peu à la fois, après le passage de la bougie ; ce n'est que le soir que la miction redevient plus facile.

Le 23. Len® Il ne passe pas; même écoulement, même difficulté pour uriner; le malade se plaint en outre d'avoir la nuit des érections douloureuses.

Le 24. Le n" 11 passe, mais est très-serré. Même gêne de la miction ; le malade demande à être urélhrotomisé ; Topération est indiquée; en effet nous sommes en présence d'un rétrécissement irritable, incomplètement dilatable et de plus élastique d'après le résultat des traitements antérieurs.

Le 25. Le 11 ne passe pas. On laisse le malade au repos, on lui fait prendre des bains, et une prise de 0,20 suif. quin. , le malin.

Le 28. P. 72, t. 37o2. — Soir. P. 88, t. 37o2.

Le 29. P. 76, t. 37®. Le malade a pris 0,20 suif. quio. et un lavement. Uréihrotomie interne; le conducteur cannelé est introduit facilement; lame 23 sur la concavité, elle fait quatre sections eh allant et trois au retour; les tissus sont médiocrement durs; l'opération n'est pas douloureuse, et il s'écoule cinq à six gouttes de sang. On essaie d'introduire la sonde 19 à bout coupé sur conducteur, mais on éprouve de la résistance ; on fait saigner les plaies, et on provoque delà douleur; on introduit alors facilement la sonde no 16. Il s'écoule quelques gouttes de sang avec les premières gouttes d'urine. — Après l'opération P. 76, t. 37". Suif, quin., 0,60 en trois prises. Calapl. sur le ventre cl le périnée; repos; bouill. pot. — Soir. P. 72, t. 31H, Un yeu de douleur à la pression hypogastrique; pas de douleur en urinant; un peu de sang et de mucus le long de la sonde; urines claires, pas de céphalalgie, appélit.

Le 30. P. 72, t. 37o4. Pas de fièvre, aucun malaise, le malade a bien dormi, a pissé peu souvent, sans douleur. Aucune douleur du côté de la vessie, des reins, du périnée. Les urines contiennent une très-petite quantité de sang. Langue nette, appétit, pas de céphalalgie. — Suif. quin. 0,20. 2 port. — Soir. P. 72, t. 37"2. Aucun accident; on enlève la sonde qui est restée 32 h. en place ; il s'écoule quelques gouttes de sang et de mucus.

Le 31. P. 68, t. 37°2. Le malade a pissé deux fois celte nuit à gros jet; il n'a pas rendu de sang et n'a éprouvé qu'une très-légère douleur. Cesser le suif. quin. — Soir. P, 92, t. 37^8. Ni frisson, ni fièvre; aucune douleur de reins, presque pas de douleur en urinant. Légère douleur dans le haut de la cuisse.

l^r novembre. P. 104, t. 39^2. Le malade a eu hier soir vers dix heures un petit frisson, suivi de chaleur, et de sueuis peu abondantes. Ce malin malaise, céphalalgie, langue jaunâtre. 11 se plaint de quelques douleurs lombaires, la pression sur la masse sacro-lombaire est un peu douloureuse; en avant la pression ne provoque pâs de douleur ; la vessie n'est pas sensible. Catapl. ; ]av. laud.; suif. quin. 0,60. Thé. — Soir. P. 88, t. 37<»6. Les reins ne sont pas douloureux ; céphalalgie, langue nette.

Le 2. P. 76, t. 37o2. Aucun accident, sauf un peu d'éry thème des bourses. Langue nette. Il a pissé une seule fois celte nuit à gros jet. Suif. quin. 0,20. i port. — Soir. P. 72, t. 37^*3. État général très-bon. Il a uriné une seule fois, et sans douleur.

Le 3. P. 68, t. 36°2. Pas de douleurs, pas d'accidents, constipation. E. de Sedlitz). Bourdonnements d'oreilles. — Cesser le suif. quin. — Soir. P. 72, t. 3608.

Le 4. P. 60, t. 36®6. Écoulement uréthral abondant, peu trouble. Il pisse bien, rarement, sans douleur; il n'a pas pissé une seule fois cette nuit. On lui permet de se lever. — Soir. P. 72, t. 36°7.

L'état général reste bon ; l'écoulement uréthral persiste, et le malade se plaint de doulebrs au périnée et de picotements dans la verge quand il pisse;

il survicii! quelques douleurs dans le côté gauche de la poilriae, et ou constaie un peu de pleurésie sèche.

On presciil des badigeonnages de teinture d'iodt>, et contre l'écoulement des injections au sulfate de zinc et au tannin.

Le 17. Vingtième jour après Topération, le n^ 16 passe avec un peu de difûcultés, provoque delà douleur et est assez serré. L'écoulement diminue. Le malade se plaint de dou'eurs dans les jambes, probablement d'origine syphilitique. — On prescrit de l'iodure de potassium ^ grammes ^ des bains Siilfureux.

Le 18. Le n*» 16 passe, on ne la laisse que "2 minutes ; elle provoque de la douleur. L'écoulement diminue ; mais n'a pas cessé ; on fait dès lors avec l'explorateur perforé des injections de 6 gouttes d'azotate d'argent au 50«, au niveau des points douloureux du canal.

L'écoulement diminue, sans le tarir complètement.

Le malade, les jours suivants, se plaint de douleurs un peu partout, dans les côtés, dans les jambes, au niveau de la masse sacro-lombaire, de Tos iliaque; les reins ne paraissent pas douloureux ; on lut fait des injections souscutanées, on prescrit le chlorai ; le malade est profondément hypochondriaque. 11 sort, sur sa demande, le 2 décembre. Le n^ 16 ne passe pas; le n» 14 passe avec une grande facilité; le malade se plaint néanmoins d'une vive douleur. Exeat. 11 se passera le no 14.

Observation XII (No 33).

llétrécissemenl é\)m, étroit^ rétention partielle^ accidents fébriles^ urétbrotomie^

aucun accident (Voir le tracé therm. n^ 2).

Bo.. .. (Benjamin), 51 ans, chineur, entre le 15 mai 1869, à l'hôpital Necker, service de M. Guyon, Saint-Vincent, ïi° 4.

Ce malade a eu trois blémorrhagiques de 18 A 21 ans; l'une d'elles a été très-douloureuse sans être cordée; il a eu une orcbi te double; il n'a jamais fait que des injections de vin. Il a gardé la goutte militaire jusqu'à l'âge de 25 ans, sans avoir alors de gène pour urtner. Pas d'autre maladie*

Il y a 16 ans environ, il est pris sans cause connue, d'envies d'uriner très- fréquentes, très-pénibles; il urinait peu à la fois et avec peine; il entre à la Clinique : on lui met des sangsues au périnée, on le sonde en faisant saigner le canal, et on retire une grande quantité d'urine. Au bout de quelques jours il sort pissant convenablement, mais ressentant des cuissons dans le canal ; le jet était petit et tombait presque sur ses pieds.

11 y a 6 ans il est oblige d'entrer dans le service de M. Civiale pour des abcès urineux, qu'on incise; on lui fait ensuite 2 urélhrotomies internes et on lui passe le gros cathéter. 11 sort urinant bien, se passe quelques bougies, et se néglige bientôt. Il y a quatre ans il rentre pour un nouvel abcès

urioeux; incision et 2 urélhrolomies. 11 ne se soigne pas plus que la première fois après sa sortie et voit bientôt son jet dioiinuer.

Les urines deviennent troubles; depuis 2 ans il souffre souvent de douleurs de reins ; depuis 5 ou 6 mois il a eu 7 ou 8 fois des accès de fièvre. Le jet est petit et très-faible.

Etat aclvel. L'explorateur 20 est arrêté à la racine de la verge. Le 46 pasFe avec 2 ressauts et s'arrête en arrière du scrotum. Le 8 s'arrête au même endroit.

La bougie n© 3 pénètre dans la vessie.

Canal dur, noueux en arrière des bourses. Vessie pleine. Urine trouble, neutre, sans odeur. Feins indolores à la pression. Prostate un peu frrosse, mais souple, non douloureuse. Pas de fièvre. — Graine de lin. Cat., 3 port. Les 17, 18, 19, 20. La bougie 3 passe bien.

Le 21 . En raison de l'épaisseur du rétrécissement, de son étroitesse, de la rétention partielle et des accidents (fièvre, douleurs de reins) que le malade a éprouvé depuis quelque temps, on fait l'uréthrotomie. L'introduction du conducteur est assez facile ; lame 22 sur la concavité. On sectionne 3 rétrécissements péniens, scrotale et bulbaire; la section est assez facile^ douleur modérée; à peine de sang. Sonde à bout coupé n' 49 introduite sur conducteur.— Suif. quin. 0,60 en 3 pr. ; cat. ; repos.; bouill. pot. Après Topération puis. 52, temp. 36o8. — Le soir. Puis. 52, temp. 37o6. Quelques élancements dans le périnée ; peu de sensation de brûlure ; un peu de sang.

Le 22. Puis. 56, temp. 37o9, on enlève la sonde, elle est couverte de mucus. Le périnée est douloureux, et le canal est un peu sensible le long du pénis. — Le soir. Puis. 68, temp. 38o7. Pas de douleurs, pas de maux de reins, soif.

Le 23. Puis. 56, temp. 37^9. Le malade a mal dormi ; il a pissé trèssouvent, avec douleur, peu à la fois ; la vessie n'est pas sensible. Bain ; suif, quin. 0,40. —Le soir. Puis. 52. temp. 37o8.

Le 24, puis. 76, temp. 37o6. A bien dormi, uriné sans peine et sans douleur. — Le soir, puis. 56, temp. 37o3 ; le malade a. voulu se lever; canal non douloureux.

Le 25 mai, puis. 52, temp. 37o8. Etat général et local excellent. Cesser le suif, de quin. On lui permet de se promener. — Le soir, puis. 56, temp. 37«8.

Le 26. Etat excellent. Le malade pisse bien. Bain. Le 27. T» jour après l'opération on passe le no 49. Le 28. Le 49 passe après quelques difficultés qu'on attribue à un plissement de la muqueuse. Le malade pisse bien, avec un peu de douleur. Eiat général excellent.

Les 29, 30, 34 mai. No 49.

Le 4'^'' juin. Le malade a v.n peu soufîcrt en urinant et vient de rendre un petit caillot; re*pos.

Reverdin. ^

lANE Wv:D!r;AL U6RARY or-

STANFORD m^'^^

Le 3. Le 19 passe bien.

Le A. Il rend encore quelques petits caillots.

Le 5. No 19. Le malade urine mieux dans la soirée que le matin aprè»/e passage de la bougie.

Le 7. Exeat. Il emporte le no 19 qu'il se passera tous les jours.

Observation XITI (N© 32).

Rétrécissement étroit, dilatation difficile et occasionDaDt des aecidefiti,

uréthrotomie, pas de fièrre.

KL... (Félix-Antoine), 51 ans, chaudronnier, entre le 7 arril 1869, à l'hôpital Necker, service de M. Guyon, Saint- Vincent, n© 7.

Deux blennorrhagiesy la première à Tàge de 28 ans a duré deux mois, et il n'a pas fait d'injections^ la seconde est survenue à l'âge de 35 ans, elle a duré environ trois mois et il a fait à la Gn de son traitement des injections douloureuses ; il n'a conservé depuis aucun écoulement par l'urèthre, pas de goutte militaire.

C'est il y a dix-buit mois ou deux ans qu'il s'est aperçu pour la première fois d'une lenteur inaccoutumée de la miction, qui se faisait du reste sans eûbrlset sans douleurs. Cet état a été en s'aggravant peu à peu ; depuis deax mois seulement il en souffre réellement ; il éprouve à chaque miciioo uDe sensation de brûlure dans le canal ; le jet est devenu petit ; il lui faut dix minutes pour rendre environ un demi-verre d'urine ; depuis trois semaines il est obligé de faire des efforts violents, et quand il croit avoir fini de pisser, quelques gouttes s'écoulent dans son pantalon. Il n'a jamais eu ni frissons, ni accès de lièvre, mais il a éprouvé dans ces derniers temps quelques douleurs dans les reins; pas de douleurs hypogastriques.

La pression ne provoque ni douleurs rénales, ni douleurs vésicales; la vessie se vide mal et reste toujours assez pleine. L'urine est un peu trouble, acide, elle ue contient ni sucre, ni albumine. Au toucher la prostate est normale, les vésicules séminales, les canaux déférents souples et faciles à explorer. Les testicules sont sains.

Ou trouve tout le long de Turèilire un cordon induré. Le canal est particulièrement dur dans la région scrotjle et périnéale où on trouve des viroles inégales.

(Le malade n'a subi aucun traitement).

L'explorateur 20 pénètre jusqu'à la racine de la verge, mais on sBot 2 rétrccissemenis dans la fosse naviculaire, un rétrécissement à 6 c. du méat. En retirant l'instrument on sent un ressaut avant d'être arrivé à 6 e.

Les explor. 16, 10 et 8 sont tous arrêtés à la racine de la verge. One bougie filiforme n» 5 est arrêtée profondément dans la région du bulbe; l'expl. uo 4 arrive dans la vessie.

Baiu. Graine de lin, 4 port.

Le 9 avril. No 4, gardé 10 min.

Le 10. Le no 4 s'engage, mais ne passe pas.

Le il. Le no 4 passe.

Le 12. Le no 4 ne passe pas.

Le i'A, Le no 4 passe. Le malade éprouve en urinant une seosalion de brûlure dans le canal et est obligé de faire de grands efForls. — Le soir, il a un petit accès de fièvre. On continue à passer le no 4, il provoque un peu d'uréihriie.

Le 16. Le no 4 et le no 5 passent; bain.

Le 17. Le n» 5 et le no 6 passent, le garder 10 min.

Le 20. On arrive au no 7, et le 22 au no 8 par la dilatation graduelle» la bougie étant laissée 5 à 10 min.

Le 23. Le malade n'a pas éprouvé hier de douleur à Tintroduction de la bougie; il ne s'est pas écoulé de sang, et il n'y a pas eu d'abord de gène de la miction ; mais trois heures après il n'a plus pu pisser que goutte à goutte, en éprouvant une vive cuisson ; la miction a été plus fréquente que d^habitude, à 2 heures du malin il a été pris d*un frisson d'une demi-heure, jsuivi de chaleur et de sueurs ; ce matin les douleurs dans le canal persistent; il a eu une douleur passagère au niveau du rein droit; la pression n'est pas douloureuse actuellement. La vessie est vide, non douloureuse. La face est rouge; puis. 88, temp. 38ol. Suif. quin. 0,40, lavement, catapl. graine de lin, bouil. pot. — Le soir, puis. 84, temp. 38o2 ; la fièvre a à peu près cessé ; il n'a pissé que 2 fois.

Le 24, puis. 72, temp. 37o. Miction normale; le malade se plaint de douleurs de reins ; l'appétit est revenu. Cesser la quinine, 2 port, (les urines ne sont pas albumineuses). — Le soir, puis. 88, temp. 37o7. Douleurs de reins moins vives ; les douleurs dans le canal diminuent également ; un peu d*écoalement.

Le 25, puis. 72, temp. 36o9. Encore un peu de douleurs de reias, pas de sensibilité à la pression. — Le soir, puis. 100, temp. 38o.

Le 26. Le no6 passe facilement. On arrive par la dilatation graduelle, la bougie étant gardée un quart d'heure, a passer le 30 avril le no 11 ; la bougie est serrée et le malade éprouve après l'avoir retirée une gône de la miction qui cesse d'elle-même ; pas de frissons, pas de fièvre. On continue la dilatation graduelle.

Le 11 mai. On est arrivé au 17 qui provoque de la gène de la miction.

Le 13. Même état hier, qu'avant-hier, c'est-à-dire impossibilité d'uriner jusqu'à 5 heui^es; puis la miction redevient facile; mais le malade a eu en outre une douleur passagère au niveau du rein gauche Bain, repos.

Le 14. Le no 17 ne passe pas ; on est obligé de revenir au no 16 ; la dilatation ne pouvant être poussée plus loin sans provoquer des accidents, surtout du côlê du canal lui-même, qui est irritable, et celle diiatationétant nsuflisante) on se prépare à l'urétlirotomie.

Le 26, puis. 80, temp. 36o4. Uréthrolomie interne. Lame 23 sur la concavité ; la lame racle dans la région péoienne et sectionne deux rétrécisse^

ments bulbaires, peu durs; pas de douleur, peu de saug. Le malade a laissé échapper un peu d'urine sur le conducteur avant la section. Sonde à bout coupé 19. Suif. quin. 0,60. Galapl. bouill. pot. — Le soir, puis. 72, temp. 3705, pas de douleur; les urines contiennent une très-petite qu'intité de sang.

Le 27, puis. 76, temp. 37o4. La sonde est bien supportée; le malade n'a pas souffert, il a bien dormi; suif. quin. 0,40. — Le soir, puis. 100, temp. 37o9. On enlève la sonde ; elle est couverte d'une petite couche de mucus.

Le 28, puis. 76, temp. 37<>6. Très-légère douleur dans le canal en pissant; bon sommeil. Cesser la quinine. — Le soir, puis. 84, temp. 3>S,

Le 29, le malade se lève aujourd'hui et se promène dans la salle sans souffrir. Bain.

Même état les jours suivants ; cependant le malade rend le i*^ juin, un peu de sang en pissant.

Le 2. 8* jour après l'opération le no 19 passe facilement et on le laisse 5 min.; après l'avoir retiré le malade a rendu un peu de sang et a été un peu gêné pour uriner.

Le 3. Repos.

Les jours suivants on passe le no 19 et on le laisse 5 min.; le malade éprouve un peu de gêne pour uriner quand il la retire, et le 6 juin il a ua petit frisson, suivi de fièvre et d'un peu de douleur de reins. On donne du sulfate du quinine; la fièvre se calme et ou reprend le H juin la dilatation tous les deux jours.

Le 17, le malade a depuis quelques jours un peu d'écoulement. Inj. au suif, de zinc.

Le 22, le malade se passe lui-même le no 17 avec facilité. L'écoulement diminue beaucoup; le malade ne souffre plus et pisse bien. Les urines sont un peu troubles après l'injection (bourgeons de sapins.)

On se convainct du reste que ce trouble est dû au mélange de l'injection avec l'urine.

Le 28. Exeat. Le malade pisse bien; il a encore un très-léger écoulement; on lui donne une bougie no 17 qu'il se passera trois fois par semaine.

Observation XIV (n® 34).

Rétrécissement étroit, compliqué d'accidents du côté des reins et de la vessie,

uréthrotomie, aucun accident.

Ch (Henri), 34 ans, peintre sur porcelaines, entre, le 12 avril 1869, à

l'hôpital Nccker, service de M.Guyon, salle Saint- Vincent, n© 17.

Cet homme a eu trois chaudepisses ; la première à l'âge de 15 ans; elle a duré environ deux ans, elle a été douloureuse pendant les trois ou quatre premiers mois, et le malade a fait des injections d3 sulfate de zinc et d'eau

blanche. Depuis lors il a toujours un peu d'écoulement, une goutte le malin. A deux reprises, il y a six ans et il y a cinq ans, il a de nouveau contracté la blennorrhagie : même traitement. Il n'avait éprouvé aucune gêne de la miction et ne conservait qu'une goutte militaire , lorsqu'il y a cinq ans à peu près, il est pris, à la suite d*un abus de bière, d'une rétention d'urine subite et complète. Il entre à Thôpital Saint-Louis , on lui passe des bougies en gomme et on le sonde avec la sonde d'argent. Traitement par la dilatation pendant quinze jours.

Depuis lors il a continué à observer chez lui de la lenteur de la miction; qui se fait par un jet petit et faible; il entre deux fois à Necker , dans le service de M . Giviale , qui lui fait chaque fois deux uréthrotomies et dilate ensuite jusqu'aux gros cathéters ; chaque fois il sort pissant bien, sepassependant quelque temps des bougies, mais ne tarde pas à se négliger.

L'éié dernier il entre dans le service de M. Guyon, suppléé par M. Horleloup, qui dilate le rétrécissement par les bougies jusqu'au n° 16. Les symptômes du rétrécissement ont reparu cette fois plus vite qu'après les uré* throtomies ; il est vrai que la dilatation avait été poussée moins loin. 11 ne s'est pas soigné et il y a un mois qu'aucune bougie ne peut passer.

Depuis trois semaines environ , à la gène de la miction, caractérisée par un jet en vrille tombant presque sur ses pieds, très-petit, la lenteur des mictions, se sont ajoutés des accès de fièvre revenant toutes les nuits, avec frissons, sueurs, soif vive, céphalalgie et nausées. Le malade est souvent pris de diarrhées qui durent un ou deux jours. Depuis trois semaines également il a perdu son appétit et ses forces, il se fatigue vite et a souvent des sueurs. Pas de douleurs rénales ou vésicales spontanées; quelques picotements à l'anus. Ajoutons qu'il a eu, il y a sept ou huit ans, un chancre du fourreau suivi d'accidents secondaires (croûtes, éruptions, plaques muqueuses). Il a été traité au Midi par M. Gusco, qui lui a fait prendre du]proto-iodure et de riodure de potassium. Il a actuellement une éruption papuleuse sur la poitrine.

État actuel. Faciès bon. La pression sur les régions rénales ne détermine de douleurs qu'en avant et à droite, mais elle est assez vive sur ce point. Un peu de douleur à la pression sur la vessie qui paraît se vider. La prostate fait saillie dans le rectum, elle est bilobée, le lobe droit est plus saillant que le gauche. Les vésicules séminales paraissent indurées; on ne les distingue pas facilement et la pression à leur niveau est douloureuse.

L'explorateur 22 franchit l'urèthre dans sa portion pénienne ; le canal y est rugueux et sensible; il s'arrête immédiatement en arrière des bourses.

Une bougie fine est arrêtée au même endroit.

Graine de lin, i piL proto-merc. 0,05. Bain, 4 port.

14 avril. La bougie 4 pafse bien.

Le 15. Idem. La garder une heure.

Le 16. Idem.

Le 17. La bougie 4 passe facilement, urines un peu troubles. En raison

des complications du côlé des reins, de la vessie, qui se sont ajoutées depuis trois mois au rétrécissement très-étroit, des accès de fièvre, de la rétention partielle probable, M. Guyon regarde Turéthrotomie comme indiquée. Puis. 64, temp.37^1. — Soir. Puis. 64, temp. 37%2.

Le t8. On ne peut introduire la bougie. Puis. 64, temp. 37.;— Soir. Puis. 68, temp. 37*».

Le 19. Puis. 68, temp. 37o,2. Le malade a pris un lavement et 0,20 suif, quin. On introduit la bougie conductrice, mais le conducteur cannelé ne peut passer; il faudra un peu dilater le canal.

Le 20. N°6.

Le 2 1 . N<> 5, une heure.

Le 22. Idem.

Le 23. Le n°5 passe bien, le n*" 6 ne passe pas; il s'écoule un peu de pus. Bain.

Le 24. Le n» 5 ne passe pas.

Le 25. Idem.

Le 26. Le n*» 6 passe bien. On la laisse à demeure. Puis. 68, temp. 37 ,4. — Soir. Puis. 68, temp. 37^4.

Le 27. Nouvelle tentative. Le conducteur cannelé ne passe pas mieux que la première fois. On fait un petite urétrholomie avec l'uréthrolomede Charrière, pas d'écoulenient de sang. On introduit une sonde bougie n"" 13.

Après l'opération, temp. 37°,3. —Suif. quin. 0,40. Cat., repos. — Soir, pulî». 76, temp. 37°,'i. Le malade n'a éprouvé aucune douleur, pas de

fièvre.

Le 28. Puis. 64, temp. 37o,3. Le malade a un peu uriné cette nuit entre la sonde elle canal, ce qui lui a occasionné une petite sensation de brûlure. Pas de frisson , pas de fièvre, pas de douleur. On ôte la sonde et on le laisse se lever. — Suif. quin. 0,20. Bain. — Soir. Puis. 64, temp. 370,4.

Le 29. Puis. 60, temp. 37«,2. Bougie n» 13, un quart d'heure. — Soir. Puis. 68, temp. 57o,l.

Le 30. Puis. 60, temp. 37o,2. Bougie n» 14 passe facilement. Bain.

!•' mai. Les numéros 14, 15 et 46 ' asscnt facilement.

Le 2. Le malade éprouve dans la journée une sensation de brûlure dans le canal. Pas de bougie.

Le 4. N"" 17 passe bien*

Le 5. N» 18.

Le 7. N*» 19, serrée.

Le 8. N« 19, très-serrée.

Le 9. Idem.

Le 1 1. (On pratique la dilatation du prépuce avec la pince de Nélaton ; le résultat n'est pas aussi complet qu'on l'espérait.) On pratique, le 17, Topération du phimosis.

La dilatation du rétrécissement est reprise le 22 mai. On ne peut passer que le n* 14.

On arrive graduellemenl au n" 17, le 29 mai, et le malade sort le 31, pis-. sant bien et se passera le n° 17 tous les deux jours.

Observation XV (no 38).

Rétrécissement compliqué de tumeur urineuse, uréthrotomie interne^ aucun accident,

guéhson de la tumeur (Voir le tracé therm. n» 1)

S... Pierre, 39 ans, cordonnier, entre, le 27 octobre 1869, à l'hôpital Necker, service de M, Guyon, salle Saint- Vincent, no 10.

Ce malade a eu une seule chaudepisse à Tâge de 22 ans , elle était cordée et a duré six mois; il a fait des injections au sulfate de zinc; la guérison a été complète, pas de goutte militaire.

Deux ans après , ses fonctions urinaires n'avaient jamais été dérangées , quand, sur le bâtiment qui le conduisait en Crimée, il est pris sans cause appréciable d'une rétention d'urine complète; on essaye de la sonder, mais on n'aboutit qu*à faire saigner le canal ; néanmoins la rétention cède peu à peu, il urine d'abord goutte ii goutte, et au bout de cinq jours il quitte Tinfirmerie ulrinant assez lûen.

Pendant deux tons et demi environ il n'éprouve aucune gêne, le jet reste gros; mais rentré chez lui en congé les choses changent, la miction devient difficile et le jet diminue rapidement; il est obligé de faire des efforts et met dix à quinze minutes pour vider sa vessie.

On essaye sans succès de lui passer des bougies et on Tenvoie à Paris, dans le service de M. Cullerier; en un mois et demi on arrive au no 13. Pendant plus de six mois il pisse assez bien et ne passe pas de bougies. A cette époque, la gène de la miction revenant peu à peu, il entre à l'hôpital Saint- Louis où on lui pratique l' uréthrotomie interne; sonde à demeure pendant cinq jours; fièvre pendant vingt-quatre heures le lendemain de l'opération. Peu de temps après il entre dans le service de M. Voillemier, qui lui passe les cathéters Béniqué pendant trois mois et arrive aux plus gros numéros. Pendant dix-huit mois pas de traitement; les symptômes reparaissent et s'accentuent peu à peu; un abcès se forme au périnée; on l'incise à l'hôpital du Kidi, et huit jours après le malade entre dans le service de M. Civiale, il y a quatre ans; l'urine s'écoule par la plaie, qui est restée ûstuleuse et qui se ferme après un traitement par la dilalatien poussée jusqu'au n° 12 et deux uréihrotomies. 11 sort au bout de six semaines avec sa fistule fermée et pissant bien.

Depuis lors seulement il se passe des bougies deux ou trois fois par mois; pendant les deux premières années, c'est une bougie assez volumineuse qu'il emploie, mais alors il est obligé d'en prendre une plus petite et le jet dimi-> nue; la miction nécessite de nouveau des efforts , et dans les derniers temps il est souvent obligé d'introduire une bougie pour pouvoir pisser.

Enfin, depuis quinze jours environ, il s'est formé peu à peu pendant les

efforts de miction une tumeur de plus en plus volumineuseau périnée ; ily ressentde la douleur en pissant. Depuis un moîsct domiil a eusoiiventde^ accè^ de fièyre, et deux ou trois fois ils se sont accompagnés de douleurs de reins. Les urines sont restées claires. L'appétit est médiocre, les forces el l'embonpoint conservés.

État actuel. On trouve au périnée une tumeur dure, s'étendant le long de l'urèthre jusqu'aux bourses ; elle tient au canal, elle est dure et élastique, peu douloureuse et du volume d'une noix.

L'exploration de l'urèthre donne les résultats suivants :

L'explorateur n» 21 est arrêté au milieu des bourses à 1 centimètre environ de rinduratioo périnéale.

Le n<» 18. Id.

Le n* i3 s'avance en arrière des bourses jusqu'à la partie antérieure de l'induration.

Le n» 9. Id.

Le n^ 8 passe dans la vessie sans ressaut. — Gatapl. Bains. 4 port.

Les jours suivants, la tumeur augmente lentement, gardant sa consistance dure et ne sortant pas de la loge uréthrale. — Catapl. et onguent mercuriel.

Le 5. Le malade a eu un accès de 6èvre cette nuit; le périnée est douloureux ; la miction a été fréquente. — Suif. quin. 0,40; catapl.; bain.

Le 6. La tumeur est un peu gonflée, chaude, douloureuse, le malade souftte à son niveau en urinant.

I^ie 7. La poussée inflammatoire a cessé; la tumeur a repris son volume, la miction est devenue plus facile et moins douloureuse. Rien de nouveau les jours suivants.

Le iO. La tumeur persiste; on passe facilemeut le n^ 6 et 8. La miction est toujours douloureuse.

Le 1 1 . Le n<> 9 passe.

Le i2. La tumeur augmente de volume; elle a toujours une grande dureté; le malade a eu hier deux frissons, delà fièvre, des douleurs de reins, des sueurs.

Le 13. M. Guyon incise la tumeur sur la ligne médiane du périnée, sans aller jusqu'à Turèlhre; les tissus incisés sont excessivement durs et crient sous le bistouri. — Catapl., repos.

Le i4. Il ne s'écoule pas d*urine par la plaie.

Le 15. Les tissus se dégorgent, et la tumeur diminue; il y a moins de douleurs en urinant.

Le 16. Fièvre légère.

Le 17. L'indurat ion a diminué de volume et de consistance au niveau de l'incision ; elle persiste dans la région scrotale. —Bain.

Le 18. Miction plus facile, moins fréquente, jet assez fort; un peu de fièvre.

Le 22. D'après le malade, la tuméfaction augmente de temps en temps pour diminuer ensuite ; pas d'écoulement d'urine par la plaie. État général bon.

Le 27. Le malade pisse bien avec un peu de cuisson; l'incision est presque cicatrisée; néanmoins l'inJuralion persislc; mais elle est plus molle, plus mobile, et moins volumineuse.

Le 30. On recommence la dilatation par le n^" 9 qui passe facilement; le 2 décembre on arrive au n® 10, mais le lendemain 3 décembre la tumeur recommence à augmenter; elle redevient douloureuse, ainsi que la miction; il semble au malade queFurine s'engage dans un orifice. La plaie péri néale est cicatrisée.

4 décembre. Le n» 10 passe; la tumeur a beaucoup augmenté.

Le 5. No 9.

Le 7. N** 11 . La tumeur diminue.

Le 8. La tumeur a de nouveau augmenté ; elle est volumineuse et dure ; on 86 décide à pratiquer Turéthrotomie ; la dilatation a déjà occasionné quelques accidents, légers il est vrai, mais elle se fait lentement, et la tumeur augmentant, on serait exposé, si Ton tarde à rendre à Turèthre son calibre, à voir de rinflltration survenir, ou la tumeur s'enflammer.

Le 9. P. 72, t. 37«4. — Soh\ P. 68, t. 37°4.

Le 10. P. 88, t. 37°6. Le malade a pris suif. quin. 0,20 et un lavement»

L'introduction de la bougie ne se fait qu*après qu'on a déplissé le canal ayec la bougie n® 9.

Le conducteur cannelé passe assez bien. Lame 22 sur la concavité, une section à l'aller et au retour ; une moins profonde un peu en avant de la principale. Douleur assez vive ; écoulement d'une demi-cuillerée de sang. Sonde n® 18 à bout coupé, causant un peu de douleur, — Suif. quin. 0,60; calapL; graine de lin; 1 port, après l'opération. P. 72, t. 37^4. — Soir. P- 68, t. 37<»2. Pas de céphalalgie, langue nette; urines claires, pas de douleurs de reins ni de frissons ; légère douleur à l'anus.

Le 11. P. 60, t. 3703. Aucune douleur; céphalalgie très-légère; pas de maux de reins, langue un peu blanche ; la tumeur n'a pas augmenté et n'est pas douloureuse. — Soir. P. 60, t. 37". On enlève la sonde.

Le 12. P. 60, t. 37*^. Aucun accident. — Soir. P. 60, t. 36»7.

Le 13. P. 68^ t. 370I. La tumeur commence à diminuer; le malade pisse bien. — Soir. P. 64, t. 37°.

Le 14. P. 72, t. 37'*5. Aucune douleur, même en pissant un peu d'écoulement; le malade s'est levé sans permission. — Soir. P. 68, t. 37 2.

Le 15. P. 60, t. 3702. — Soir. P. 76, 37^6.

L'état continue à être excellent, et la tumeur diminue rapidement; le 20 décembre, elle est réduite des 2/3.

Le 24. Quinze jours après Topération, la bougie no 18 passe très facilement^ aucun accident ; la tumeur a presque disparu.

On continue à passer le n® 18, et le malade sort le 31 décembre.

Le 7 janvier il vient voir M. Guyon. La tumeur a tout à fait disparu; le malade pisse bien et se passe le n** 18.

Observation XVI (N® 43).

Rétrécissement étroit, rétention d*nrine^ uréthrotomie interne, aucun accident.

Ca... (Pierre-Louis), 39 ans, menuisier, entre le i\ novenibre 1869, à l'hôpî lai Necker, service de M. Guyon, salie Saint-Vincent, no4. ' Cet homme accuse trois chaudepisses survenues en 1850, 54 et 61 ; pendant le cours de la dernière, il vient à Paris et consulte un charlatan qui lui fait faire des injections très-douloureuses; aussitôt son flacon d'injection épuisé, il survient de la difficulté pour uriner, il est obligé de faire des efforts et le jet va tout de travers, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre; jusqu'alors il avait toujours bien pissé et sans aucune gêne. La difficulté des mictions persiste et va en augmentant, mais il ne fait aucun traitement jusqu'en février 1868; il entre alors dans le service de M. Voillemier qui, le ITfévrier 68, lui fait la divulsion ; il lui met une sonde d'argent pendant vingt-quatre heures à demeure, puis pendant le jour suivant une sonde en gomme. Le deuxième jour il se lève pour aller pisser, et il en avait une envi« si pressante, qu'il n'a pas le temps d'enlever le fausset ; il est aussitôt pris de frisson, et a pendant deux jours la fièvre. 11 quitte l'hôpital huit jours après, et on lui recommande de ne pas se sonder. Pendant six mois il pisse bien, mais alors le jet qui, après l'opération, était gros comme la bougie 21, commence à diminuer peu à peu ; les envies d'uriner deviennent plus fréquentes, et la miction est gênée. Depuis lors, la diminution graduelle du jet fait des progrès, et bientôt il n'urine plus qu'avec de grandes difficultés. Il y a six mois, il essaye de se sonder et parvient à passer le n*' 8. Mais il ne se sonde que trois ou quatre fois, et il est d'ailleurs bientôt obligé de passer à des numéros inférieurs, et fait saigner le canal sans réussir.

Étal actuel. Difficulté très-grande pour uriner, il est obligé de tirer sur la yerge, et ne pisse que goutte à goutte, la miction est très-fréquente. Pas d'incontinence ni de rétention complète ; pas d'accès de fièvre. 11 éprouve souvent des douleurs dans la région rénale droite; la pression n'y est pa, douloureuse. L'urine est normale et ne présente qu'un nuage muqueux. La vessie est pleine, elle ne se vide jamais complètement; la prostate est normale; le canal est gros et dur dans sa portion périnéale, les tissus voisins sont souples.

L'explorateur 19 est arrêté immédiatement en arrière des bourses, il en est de même des numéros inférieurs, le 8 compris, d'une bougie olivaire 6. La bougie 4 passe, mais se trouve un peu serrée; on la laisse à demeure. — Uva ursi. Bain. 4 port.

Le 13. Il n'a pas pu gardersa bougie; il ne pouvait uriner, et Ta enlevée vers cinq heurips et demie. N" 1 à demeure.

Le 44. Le malade a eu quelques douleurs de reins, et a pu uriner. Pas de fièvre, pas d'écoulement, on enlève la bougie. Le soir, la vessie se distend

qaoique le malade pisse, mais très-peu à la fois ; il se plaint de doaleurs de reins; la pression n'est pas douloureuse.

Le 15. La vessie s'est de plus en plus distendue; elle dépasse rombilic de deux travers de doigts; pas de fièvre. L'urélhrotomie est indiquée, cette rétention dépendant de l'élroilessedu rélréclssement, et ne cédant point à la bougie à demeure. Elle est pratiquée d'urgence.

Le conducteur est introduit sans difficultés; lame 22 sur la concavité ; les tissus sont peu durs, la section est à peine douloureuse et se fait en un seul point ; il s'écoule deux ou trois gouttes de sang. Il s'est écoulé quelques gouttes d'urine sur le conducteur. Sonde 49 à bout coupé sur conducteur,introduite facilement. La vessie se vide, il sort quelques gouttes de sang et un petit caillot ; avec 1 litre 3/4 d'urines assez claires. Le malade a trouvé l'opération beaucoup moins douloureuse que la divulsion. Après l'opération. P. 76, t. 37«6. — Suif. quin. 0,60 3 prises. Gat. Repos. Bouill. pot. —Soir. P. 76, t. 38** ; légère céphalalgie, pas de frissons, pas de fièvre, pas de maux de reins. Urines non mêlées de sang. Langue un peu sale.

Le 16. P. 72, t. 37°8. La céphalalgie a cessé, la langue reste un peu sale ; aucun autre phénomène; la verge est à peine sensible. — Suif. quin. 0,60. 2 port. •— Soir. V, 92, t. 37'*6. Aucune douleur, aucun accident. On enlève la sonde qui est couverte d'une assez forte couche de pus.

Le 17. P. 68, t. 37°2. Langue un peu sale ; pas de céphalalgie, pas de maux de reins, pas de frissons; très-légère douleur au périnée en pissant. Vessie vide. Cesser la quinine. Î2 port.— Soir. P. 76, t. 37^4. État excellent ; aucune douleur, aucun frisson ; le malade a pissé trois ou quatre fois dans la journée à gros jet.

Le 18. P. 72, t. 37*5. Douleur plus vive en urinant; il a fait un peu d'effort ce matin pour pisser; le canal est, dit-il, comme bouché, il est obligé de pousser, mais le jet est fort. 5 mictions dans les vingt-quatre heures, pas de douleurs de reins; langue sale. — Soir. P. 68, t. 37°. Aucune douleur, sauf en pissant.

Le 19. P. 68, t. 37»6. La douleur, en urinant, est plus légère: il n'a pissé que deux fois dans la nuit; langue encore un peu blanche. — Soir. P. 80, t. 36^8.

Le 20. P. 68, t. 37^4. État excellent; le malade a pissé une seule fois dans lanùit; il est toujours obligé de faire un peu d'effort au commencement de la miction, et il éprouve encore une très-légère douleur qui diminue de jour en jour. — Soir. P. 76, t. 37»7.

Le 21. P. 64, t. 37^4. Une seule miction la nuit; la douleur a tout à fait cessé. — Soir. P. 88, t. 38o3. Pas de douleur, mais un peu de malaise dans la journée, et d'inappétence, sans frisson ni douleurs de reins.

Le 22. P. 68, t. 37"4. Le malade a mal dormi, la langue est sale; il y a un peu d'embarras gastrique et on prescrit une bouteille d'eau de Sedlitz. Écoulement uréthral gommeux peu abondant. —Soir. P. 80, t. 36o8. Le malaise a cessé.

Le 23. P. 72, t. 37"2. Le malade a bien dormi, et a été purgé ce matin. L'écoulement continue sans douleurs.

Les jours suivants Tétai général et local restent bons.

Le 20. Douze jours après Topération, le n® 19 passe bien, sans douleur, mais fait un peu saigner le canal.

Le 27. Le malade n'a pas souffert après le cathétérisme, n'a pas eu plus de peine à uriner, mais il a eu un peu d'écoulement légèrement sanguinolent.

Le 28. Id.

. 1^' décembre. Le 19 passe bien, mais avec un peu de douleur.

Le 2. Le canal a un peu saigné bier. Après le passage de la bougie, h malade a pissé avec un peu de difficulté et a éprouvé dans l'urètbre une sensation de brûlure ; ce matin il urine bien; l'écoulement a cessé. — Bain. Repos les jours suivants.

Le 6. Le 19 passe bien, mais il y a toujours un peu de douleur ; le malade, la garde une demi-heure, le canal saigne un peu, et il y a ensuite un peu de gêne de la miction qui cesse peu à peu. — Repos.

Le 10. On passe le 19, les mêmes phénomènes se produisent encore, et l'écoulement reparaît un peu.

Le 13. Le 16 passe facilement; on a renoncé à passer le 19. Cette fois le canal ne saigne pas, mais la miction est gênée pendant quelques heures.

Le 14 et 15. Le 16 passe bien, avec un peu de douleur.

Le 16. Le 17 passe, sensation de brûlure au passage; gêue momentanée.

Le 17. On revient au n» 16.

Les jours suivants on passé le 16 et le 17.

Le 21. Le malade a passé d'avance le 16; le 18 passe bien.

Le 22. 16 et 17 passés d'avance, le 18 passe bien.

Le 23. 17 passé d'avance; le 18 et le 19 provoquent un peu d*écoulement sanguin et une gêne passagère de la miction. On laisse reposer le malade, puis on en revient aux n**» 16 et 17.

Le 28. Le 17 et le 18 passent facilement; la miction est très-régulière.

Le 29. Eseat. Le malade pisse bien, sans douleur. Il emporte le n"* 17, qu'il se passera. Le 18 passe très-facilement.

Observation XVII (n» 31).

Rétr^^cissement avec incontinence; douleurs rénales, urétbrotomie interne^

frissons, guérison.

La... (Jean Edouard), 55 ans , propriétaire.

Entre le 12 mai 1869, à l'hôpital Necker , service de M. Guyon, Saint-^ Vincent, n''8.

Cet homme a contracté une blennorrhagie à l'&ge de 20 ans, et récoulement s'est perpétué jusqu'en 1861, passant à plusieurs reprises à l'état aigu;

il a fait des injections peu douloureuses. Le mi^lade ne peut indiquer la dale du début de son réirécisseme.il; il nous dit seulement que le jet, après avoir dinainué graduellement pendant plusieurs années, était fin comme un fil à l'âge de 40 ans.

A celle époque il mellaitdix minutes à pisser, il urinait sur ses pieds, était souvent obligé de s'accroupir et de faire des efforts assez violents pour qu'il ' rendit involontairement des matières; enfin la miction achevée, quelques gouttes s'écoutaient dans son pantalon.

Un médecin d'Auch commença à le traiter, mais sans grand succès, et l'envoya à Paris dans le service de M. Civiale, en 1861; il y passa deux mois et demi, pendant lesquels on lui passa des bougies, on lui fit Irois uiéllirotomies et on put introduire le gros cathéter. 11 en sort urinant bien, mais tourmenté par un catarrhe de la vessie qu'il avait depuis l'âge ds 30 ans; ses urines étaient glaireuses. Il ne passe point de bougies; le canal se rétrécit peu à peu et il arrive bientôt à pisser goutte à goutte; cet état persiste jusqu'il y a deux mois; à cette époque, il est pris d'incontinence complète; il negarde plus une goutte d'urine ni jour ni nuit , et porte un appareil.

il n'a jamais ;eu ni rétention complète ni fièvre; il parait avoir depuis longtemps des douleurs de reins qu'il attribuait à la scialique; il n'a jamais ariné de sang et ne parait pas avoir éprouvé de douleurs du côté de la vessie.

II répond mal , la parole est embarrassée; il a eu au mois de décembre une attaque de paralysie (ramollissement probable) et son intelligence est restée atteinte. A part cela la santé générale est bonne.

État actuel. Pas de douleur vésicale m périnéalc. Le rein droit est un peu sensible à la pression en avant et en arrière. La prostate est très- volumineuse, saillante dans le rectum surtout à gauche, sans bosselures, peu sensible. On ne peut atteindre ses limites supérieures ; elle se continue avec une sorte de plafond induré. Constipation habituelle, diarrhée depuis quelques jours.

L'exy>lorateur n" 20 est arrêté à la racine de la verge, un peu en avant de la sympkyse.

Le 15 passe à frottement et s'arrête immédialment en arrière des bourses.

Le 13, le 8 idem.

La bougie filiforme franchit ce rétrécissement et s'arrête plus loin dans la région bulbaire; la bougie 5 pénètre dans la vessie.

Le canal est dur dans sa portion pénienne, plus dur et plus gros, formant virole à la racine de la verge.

La vessie est à demi remplie.

Graine de lin, lavement émollient, cat.; 4 port.

14 mai. La bougie 5 s'engage, mais ne franchit pas le rétrécissement ; la garder un quart d'heure.

Le 15. Le 5 pénètre; à demeure.

Le 27. Le 6 passe bien.

Le 48. Idem. Suif. quin.

Le 20. En raison de Tincontiaerice, de Télat de la vessie et des reins, rorélhrolomie paraît indiquée.

Le 21. Le malade a pris ce malin un lavement et suif. quin. 0,20. Uréthrotomie interne. L'introduction du conducteur est facile; lame 22 sur la concavité; le malade pisse involontairement sur le conducteur; section assez pénible, très-peu de sang. Sonde à bout coupé n" 19 sur conducteur. Après Topération, puis. 68, temp 37". — Suif. quin. 0,60 en trois prises. Gat., repos, bouill., pot. — Soir. Puis. 72, temp. 37»,8. Pas de douleur, un peu de sang dans l'urine rendue.

Le 22. Puis. 64, temp. 37°, 4. Pas de douleur ni de frisson ; un peu de sang au fond des urines. — Soir. Puis. 60, temp. 36°,4. La sonde a été enlevée à trois heures; le malade urinait entre la sonde et le canal: la sonde était couverte de mucus.

Le 23. Puis. 68, temp. 37». Urines chargées de pus. — Soir. Puis. 128, temp. 40°,6. Le malade a vomi ses aliments qu'il avait pris en trop grande quantité; à quatre heures il a eu un frisson d'une demi-heure; il est actuellement en sueurs et délire ur peu; les reins et la vessie ne sont pas douloureux. Le malade s'élait levé sans permission. Deux prises suif. quin. 0,20.

Le 24. Puis. 68, temp. 37o,2. Le malade a bien dormi; le périnée n'est pas «ensible, mais l'incontinence persiste Suif. quin. 2 prises de 0,20. Lavement, repos. — Soir. Puis. 64, temp. 36°,2.

Le 25. Puis. 68, temp. 36o,9. L'incontinence a beaucoup diminué. Cesser, la quinine. —Soir. Puis. 68, temp. 36^,8.

. Le 26. L'incontinence a lout à fait cessé. •»

Le 27. Le septième jour après l'opération, on passe avec un peu de peine la bougie n° 19. Le malade se lève et ne souffre pas.

Le 29. Le n'»19 passe bien; le malade perd quelques gouttes d'urine. Le30. NM9 serré.

Le 31. N» 19 serré. Le malade garde la bougie dix minutes. En la retirant il rend quelques gouttes de sang. A midi il est pris de frissons répétés qui durent jusque vers trois heures. Fièvre, pas de sueurs. — Soir. Pouls 112, temp. 40°, 2. Légère sensibilité rénale et vésicale. 2 prises de suif. quin. 0,20.

1*' juin. Puis. 72, temp. 37°,4. Le malade a dormi, la fièvrea cessé. Cat. Repos. — Soir. Puis. 64, temp. 36o,8.

Le "2. Pouls 56, temp. 36°,4. État général et local bons, sauf un peu de chaleur la nuit et d'insomnie.

Le 3; Le n° 19 passe bien ; Tinconlinence est presque nulle , mais il perd pourtant encore quelques gouttes, surtout au lit.

Les jours suivants, on continue à passe le n° 19, en laissant de temps en temps reposer le malade; il se passe lui-même le n» 17 ; rioeontinence cesse,

puis reparait un peu, les urines sont chargées, et on prescrit des capsules de tbérébenthine.

Le 21. On commence la dilatation arec les cathéters Béoiqné; on passe le 38 et le 39 qui sont tout deux serrés; mais on arrive graduellement à passer an 30 juin le n« 42.

n sort le 5 juillet. À celte époque le 42 passe facilement; le malade se fasse le no 17 ; on lui remet cetle bougie pour qu'il continue à se sonder. L'iocontinence a complètement cessé. Tisane de bourgeons de sapio.

A la fin d'octobre 1869, M. le D' Serre , d'Auch , nous dit que la guérison persiste et que le malade n'est plus venu le voir depuis quelque temps.

Observation XVIII (uo 37).

Rétrécissement avec incontinence, uréthrotomie interne, frisson peu intense, guérisor.

Ma (Eugène), 37 ans, ébéniste, entre le 2 novembre 1869, à l'hôpital

Necker, service de M. Guyon, salle Saint- Vincent, 9.

Ce malade a eu une seule chaudepisse à l'âge de 18 ans, elle n'a pas été cordée, l'écoulement a duré environ deux ans. Il a fait des injections douloureuses et a conservé la goutte militaire jusqu'à l'âge de 30 ans. Un an après le début de sa chaudepisse, il est pris un jour de rétention d'uriue complète et entre au Val-de Grâce; on lui passe des bougies et on lui fait pendant quatre mois la dilatation graduelle; on arrive ainsi au no 14. 11 sort en bon état mais ne se passe pas de bougies.

Néanmoins pendant six ans la miction se fait bien et le jet reste gros; cependant de temps en temps survenait une gène passagère qui l'obligeait à se faire sonder; quelquefois aussi il avait de l'iocontinence nocturne; à cetle époque il avait quelquefois des envies subites et irrésistibles de pisser et ne pouvait alors retenir ses urines; le jet était devenu très-petit, il était contourné en vrille; il pissait souvent, peu à la fois et très-lentement. M. Duval lui fait la dilatation graduelle et arrive aux numéros 12 à 15 environ; la miction redevient facile elle jet plus gros.

Peu de temps après il se marie; il est pris en voyage d'une rétention d'urine complète; on le sonde avec la sonde d'argent en faisant saigner le canal et en produisant une douleur très- vive; il pisse alors assez bien mais à petit jet.

11 y a deux ans, l'incontinence nocturne reparait, et avec elle les envies subites et irrésistibles d'uriner; quelquefois il ne peut arriver à temps et perd les urines même le jour. Il y a quelques mois , enfin , il est pris d'une hémiplégie, et depuis lors l'inconlin^încc n'a fait qu'augmenter.

État actuel. L'hémiplégie traitée dans le service de M. Duplay est en voie d'amélioration. Il y a incontinence nocturne et diurne. Quand le malade urine par jet, celui-ci est gros comme une aiguille à tricoter, et tortillé; la

niiclion est Irès-lcnle et demande beaucoup d'efforts; il urine sept à huit fois par jour, (rois ou qualre fois dans la nuit; i! souffre quelquefois un peu dans le canal en pissant. Les urines sont assez claires, noais laissent cependant un pelit dépôt blanchâtre. Jannais de maux de reins. (Le nialade a eu la fièvre inlermitlenle en Afrique, et en a eu quelques accès depuis son retour en France.) Il a eu, à deux reprises, une orchile à droite; toutes deux sont survenues en dehors de la chaudepisse, et pendant le traitement par la dilatation.

Examen du canal. L'explorateur 21 est arrêté dans la fosse naviculaire. Le 19 passe avec peine et est arrêté au milieu de la verge; deux ressauts au retour ; le canal saigne.

Le 16 passe et s'arrête au milieu du scrotum ; une foule de ressauts au retour.

Lel3, id.,lelO, id.

Le 8 est arête au niveau du bulbe; en mettant le doigt immédiatement en avant de l'anus, il faut retirer la bougie de 1 centimètre pour la sentir sous ce doigt.

Le 6 passe, mais est serré.

5 novembre, n^ 4, la garder deux heures.

6 novembre, idem.

7 novembre, no 5, la garder une heure.

8 novembre, idem.

9 novembre, n^ 5 et 6, la garder une heure.

1 novembre, n© 7, une heure.

1 1 novembre, le no 7 ne passe pas, la garder une heure.

12 novembre, idem.

14 novembre, les n^» 6 et 7 passent facilement.

18 novembre, on retombe au no 5; on le laisse à demeure; l'incontinence

ne se modifie pas.

19 novembre, les n»* 6 et 7 passent. On continue la dilatation avec les no» 6, 7 et 8. Mais, le 26 novembre, nouvel arrêt, on ne peut même passer le no 3. L'incontinence continue; là vessie ne se vide jamais, et reste toujours à moitié pleine; la miction se fait toujours avec effort; pas de fièvre, pas de maux de reins, et pas de douleur à la pression; la prostate est normale; le canal ne présente à la palpation ni nodosité, ni induration. Puis. 64, temp. 37o4. — Soir. Puis. 72, lemp. 37o4. La rétention partielle, l'incontinence, les difficultés du cathélérisme indiquent l'uréthrotomie.

26 novembre, la vessie remonte à quatre travers de doigt au-dessus de l'ombilic, quoique le malade vienne d'uriner. — Il a pris ce matin 0,20 suif, quin., et un lavement. L'introdution de la bougie conductrice demande quelques tâtonnements; le conducteur cannelé passe après quelques difficultés, et fait saigner le canal; le malade pisse quelques gouttes sur le conducteur. Lame 22 : elle fait six sections successives ; aux deux dernières les tissus sont plus durs ; il ne sort que quelques gouttes de sang, et le malade

pisse abondamment sur llnstrument; la douleur a élé peu vive. Les sondes 18 et 17 ne passent pas. Le n» 16 à bout coupé passe. Les premières gouttes d*Drine sont mêlées d'un peu de sang, puis les urines viennent claires ; il en rend environ un demi-lilre. — Suif. quin. 0,60, catapl.; une port. Après Topération, puis. 68, temp. 37o6. — Soir. Puis. 80, temp. 38*. Le malade n'ai pas souffert; les urines ne sont pas sanguinolentes; céphalalgie ; il a vomi sa tisane et son potage ; pas de frissons ; peau un peu chaude et moite ; pas de maux de reins ; il a passé quelques gouttes de sang le long de la sonde; langue nette. — Suif. quin. 0,20.

^ novembre, puis. 76, temp. 37o5. Très-léger frisson vers minuit, et sueurs abondantes ; le malade a encore vomi , et il nous apprend que le sulfate de qijiinine lui a toujours produit cet effet. Pas de maux de reins, pas de céphalalgie, langue blanche. Une injection est faite à travers la sonde qui vient de se bducher. — Suif. quin. 0,20, bouill., pot, eau de Seltz, lavem. — Soir. Puis. 76, temp. 37o5. Un peu de chaleur et des sueurs abondantes, mais sans frissons ; langue un peu sale , céphalal6;ie légère. La sonde s*est bouchée deux fois, et il a passé un peu d'urine entre elle et le canal ; des injections d'eau l'ont débouchée en faisant sortir des flocons de mucus. On enlève la sonde le soir; elle est couverte de mucus rosé.

28 novembre, puis. 68, temp. 37o4. Pas de douleur, sauf un peu de cuisson en urinant; pas de frissons, sueurs abondantes; pas de maux de reins ni de céphalalgie; langue sale et vomissements; cependant l'appétit est bon, l'incontinence a complètement cessé. — Supprimer le suif, de quin., 1 port — Soir. Puis. 76, temp., 37o5. Aucun accident.

29 novembre, puis. 72, temp. 37o6. Pas de frissons, mais sueurs abon* dantes. Depuis hier soir, le testicule droit est douloureux; céphalalgie, lan* gue Suie; vqq.; 2 port.; planche-suspensoir, catapl. — Soir. Puis. 84, temps 37o5. Un peu de sueurs.

30 novembre, puis. 68, temp., 36o6. Il y a de nouveau une très-légère incontinence. — Soir, puis. 72, temp. 37o2.

1" décembre, puis. 68, temp. 37»; répididymite diminue; l'incontinence ne se produit plus. — Soir, puis. 84, temp. 37o.

2 décembre, puis. 64, temp. 36H. L'épididymite a beaucoup diminué. -- Soir, puis. 76, temp. Sô^B. Le malade perd quelques gouttes.

Jours suivants, même état; le malade se lève le î> ; l'orchite guérit rapidement ; rincontinence cesse ; il n'y a pas trace d'uréthrite, et le malade a des érections, ce qu'il n*avait plus depuis longtemps; le jet est gros, les mictions beaucoup moins fréquentes.

10 décembre , quinzième jour après l'opération , on passe facilement le n. 16, mais il est serré.

11 décembre, la bougie a fait un peu saigner le canal, mais il n'y a pas eu de gène de la miction. Repos.

13 décembre, le 16 passe bien , mais fait encore saigner et produit une gêne passagère de la miction.

Reverdin. • 9

15 décembfe, le n. i5 passe difâcilement ; cuissoa et léger éçoolçme» jusqu'au 22 décembre, qn passe tous les jours le n, 14, sans provoquer d' cidenls; le.U étant passé d'avance, on introduit le 15; le ms^l^de est e chanléi il n'a plus d'incontinence ; il y a quinze ans , dit-il, qu'il ji'a pis«^ comme cela.

On continue à dilater graduellement le canal , et on arrivQ au n, 17 sans accident. On apprend au malade à se passer le 16 , et il quitte Thôpit^ U 5 février 1870, pissant bien et sans la moindre trace d'incontiaence.

Observation XIX (No 39).

Rétrécissement cicatriciel, dilatation difficile et causant des accidents^ aréthrotenM,

frisson, ^érison.

Ro... ( Antoine), 29 ans, employé de chemin de fer, entre, le 30 août 1869, à rhôpital Necker, dans le service de M. Guyon, salle Saint^Yineent, n. 6.

Il y a sept mois (février 4 869 , cet homme, bien portant du reste, et n*ayant jamais eu la chaudepisse, tomba de sa hauteur à cheval sur une poutre* Douleurs irès-vives ; il rend quelques gouttes de sang par le méat ; il ne peut iiriner jusqu'au lendemain matin. Le médecin qu'il va consulter alors évaeue avec une sonde d'argent, environ 2 litres d'urine sanguinolente, et lui prescrit q'jclques bains. Il urine bien alors, ne rend plus desanv, mais éprouve à chaque miction une douleur assez vive au périnée. Quinze jours après environ, le malade se livre une seule fois à la masturbation, éprouve une sensation de déchirure et ne peut plus uriner qu'à tout petit jet. Depuis lors les mictions sont fréquentes, peu abondantes; le jet reste petit, tortillé et tombe près de ses pieds.

Au mois de juillet il est pris de quelques accès de fièvre débutant par des frissons, suivis de chaleur et de sueurs, accompagnés de douleurs dans les parties ; pas d'orchite, pas de maux de reins; le teint p&lit, l'appétit se perd. On lui a fait prendre du sulfate de quinine.

État actuel. Teint pâle, physionomie attristée. Exploration du canal: Tex* plorateur n. 15 est arrêté à 12 c. 1/2 du méat; le 8, idem ; une bougie fine ne peut passer. La palpation fait sentir une corde indurée qui occupe le périnée, et se termine en se renflant à un travers de doigt en avant de l'anus.

Le 2 septembre, une bougie fine entre incomplètement ; il la garde deux heures sans douleurs.

3 septembre, la bougie ne passe pas.

5 septembre, accès de fièvre hier soir ; les régions rénales sont doukmreuses à la pression par Tabdomen ; le malade a des envies fréquentes d'uriner, toutes les dix minutes environ. -^ Suif, quin., 2 prises de 0,80; ventouses sur les reins.

6 septembre, la fièvre diminue; il urine moins souvent; pas de douleurs

8 septembre, la fièvre, les douleurs ont cessé; la miction est moins fré-* quente et le jet plus fort.

9 septembre, le n. 4 passe avec beaucoup de peine; on a tortillé la poipte en baïonnette.

40 septembre, le n. 4 passe; on le laisse à demeure.

12 septembre, on retire le n. 4; le 6 passe facilement : à demeure.

13 septembre, le malade a eu hier, après-midi, un accès de fièvre; frli-* son, chaleur, sueurs; reins à peu près indolores. Poula calme. La bougie l'empêchait d'uriner, et il Ta retirée. — Suif. quin. 2 pr. de 0,20.

14 septembre, la fièvre est tombée. Repos. — Suif. quin. 1 pr. de 0,20.

15 septembre, la bougie n. 3 franchit le rétrécissement qqi est évidem<* ment plus tortueux qu'étroit; en formant avec l'extrémité de la bougie une petite baïonnette, et en la tournant en divers sens, on finit par trouver Torifice, et on pénètre alors avec une grande facilité. La garder à demeure,

17 septembre, il a gardé sa bougie sans douleurs. — Soir, le malade a eu un léger frisson dans l'après-midi, un peu de fièvre et d'oppression. -^ Suif, quin. 40. Sinapismes.

18 septembre, la fièvre est tombée. — Suif. quin. 0,40.

20 septembre, on passe une bougie fine; la garder deux heures^

21 septembre, bougie fine, deux heures.

22 septembre, le malade a eu hier soir un léger accès de fièvre. — Une prise de suif, quin , 0,20. Idem aujourd'hui.

23 sept. 1 pr. suif. quin. 0,20. La bougie ne passe'pas. Jul., extr. qq.

25 sept. Le no 4 passe; la garder une demi-heure. 1 pr, suif. quin. 0,20.

26 sept. Id.

27 sept. No 4- 2h.

28 sept. La bougie ne passe pas.

29 sept. Légère fièvre depuis hier soir à 10 b.^ elle persiste ee matin. Suif, quin. 0,40.

Jours Suivants la fièvre diminue graduellement^ et cesse ; on continue le sulfate de quinine ; l'appétit revient.

Vu les accidents causés par le passage des bougies, les difficultés du cathéiérisme, et Télat général du malade, M. Guyon se décide à pratiquer l'uréthrotomie.

6 octobre. Le malade a pris un quart de lavement et une prise de suif, quin. 0,20 ; on ne peut introduire la bougie conductrice. Continuer le suif, de quin. — Soir. Pas de fièvre,

7 et 8 octobre. Tentatives infructueuses pour introduire une bougie quelconque.

10 oct. Le malade parvient à introduire lui-même le n» 3.

11 oct. Le malade introduit la bougie conductrice. Le conducteur ean* nelé passe assez facilement. Lame 23 sur la concavité. La lame n'incise qu'en un seul point; rétrécissement très-dur. '^resque pas de douleur; il ne s'écoule qu'une goutte dé sang. La sonde à bout coupé no 19 introduite sur

conducteur ne pénètre pas et fait saigner ; la sonde à bout coupé no 14 passe bien. L'urine s'écoule sans mélange de sang.

Thé au rhum. Suif. quin. 0,60 en 3 prises. Galapl. Repos. Bouill., pot.

12 oct. Le malade a eu hier à 10 h. et demie, 1 h. environ après l'opération, un grand frisson qui a duré jusqu'à 1 heure; il était dans un état violent, ne pouvait parler et se sentait très-oppressé; il a alors vomi, la chaleur est survenue, et a été suivie de sueurs. Après le vomissement le malade s'est trouvé soulagé, mais il s'est répété jusqu'à 2 h. du matin, chaque fois qu'il buvait. Le soir on lui donne 2 pr. de suif. quin. de 0,20.

Aujourd'hui puis. 84, temp. d8o. 11 n'y a ni céphalalgie, ni douleurs rénales ou vésicales spontanées, ou à la pression. La vessie est vide, le périnée intact, les urines un peu sanguinolentes.

On enlève la sonde et on donne : thé, 2 port., sulf.quin. 3 prises de 0,20 à 2 h. d'intervalle , bouill. vin. -— Soir, puis. 76, temp. 37o4. Le malade urine bien et avec un peu de douleur.

13 oct. Puis. 64, temp. 37o2; le malade urine avec peu de douleurs, toutes les 5 ou 6 h. environ, tandis qu'auparavant il urinait toutes les 2 h. Pas de fièvre. Suif. quin. — Soir, puis. 72, temp. 37o6.

14 oct. Puis. 60, temp. 37o6. Pisse bien, à gros jet, toutes les 6 h., peu de douleur, pas de fièvre. Peu d'appétit. Cesser le suif. quin. Mac. de qq.-— Soir, puis. 64, temp. 37o2.

15 oct. Puis. 64, temp. 37«4.

16 oct. Etat général et local excellents ; on lui permet de se lever.

Les jours suivants l'état continue à être excellent, le malade a un gros jet, et n'urine que toutes les six heures.

25 oct. 15* jour après l'opération; l'explorateur 19 ne passe pas. La bougie no 15 passe avec la pins grande facilité et sans provoquer de douleur; on la laisses m. — Soir. Pas de fièvre.

26 oct. Ne trouvant pas de n© 16, on passe le 17 facilement ; il n'est serré qu'au méat.

27 oct. 17, garder 10 m.

28 oct. 17 et 18 passent, la dernière à frottement. Pas de fièvre, il pisse bien.

29 oct. Le canal a un peu saigné hier, pas de fièvre, no 17.

30 oct. 16 et 17.

31 oct. Le malade s'est passé lui-même le no 17.

1" novembre, le malade s'est passé facilement le no 18.

2 nov. Le 17 s'arrête d'abord dans le canal, mais après quelques tentatives passe et se trouve très-libre.

3 nov. Le 17 et le 18 passent bien. Le malade demande son exeat; il se passera le 47 et le 18 tous les deux jours.

Observation XX (No 50).

Rétrécissement, dilatation produisant delà cystite, aréthrotomie, cystite lég^ère, g^uérison

Ra.... (Eugène), 60 ans, employé, entre le 16 juin 1869, à l'hôpital Necker, service de M. Guyon, Saint- Vincent, n»4.

Première blennorrhagié à 24 ou 25 ans^ et plusieurs autres jusqu'à l'âge de 30 ans; peu douloureuses; injection d'eau de roses. A l'âge de 26 ans il urinait déjà mal, en tire-bouchon, il était obligé pour pisser de faire des efforts très-douloureux, et laissait souvent échapper quelques gouttes dans son pantalon quand il croyait avoir fini ; il fit alors un premier traitement par la dilatation, on lui fît une uréthrotomie avec un instrument à 4 lames. Pendant plusieurs années il se passe des bougies et pisse bien. 11 y a dix ans environ il est obligé de faire un nouveau traitement par la dilatation ; les symptômes étaient cependant moins accusés que la première fois; ce traitement dura 5 ou 6 semaines, et depuis lors il a toujours continué à se passer des bougies de temps en temps. A certains moments les urines devenaient troubles, et il a eu à la suite de ses écoulements une goutte militaire qui a cessé depuis longtemps. A part cela la santé générale est restée bonne ; il n'a eu ni douleurs de reins, ni fièvre.

Etat actuel. L'explorateur 21 franchit difficilement la fosse naviculaire, et s'arrête à la racine des bourses. Le n» 15 s'arrête à la racine des bourses, mais après avoir franchi un premier ressaut.

Le no 10 passe dans la vessie, ainsi que le n* 12, mais on sent en la retirant que le canal est graduellement rétréci des bourses au bulbe oii est le point le plus étroit. Les urines sont sans dépôt. Pas de douleur spontanée du côté des reins, cependant la région rénale droite est sensible à la pression. La prostate est normale ainsi que le bas-fond vésical.

Graine de lin, 4 port.

17 juin, la bougie 10 passe facilement.

18 juin, le 10 et le 12 passent bien, le garder une demi-heure. Le malade éprouve quelques douleurs dans le bas-ventre,

19 juin, le 12 et le 13 passent, les garder un quart d'heure.

20 juin, no 13.

21 juin, n® 13, une demi-heure ; le 14 ne passe pas.

22 juin, no 14 ne passe pas, u» 13.

24 juin, no 13, laissé un quart d'heure, puis le n» 14 passe^. mais est s^rré dans le canal.

25 juin, n. 13 mis d'avance un quart d'heure ; le n. 14 passe bien.

26 juin, le malade a eu des légers frissons, suivi» de fièvre et de courbature, sans sueurs; il a uriné plus souvent, avec douleur, et en petite quantité à la fois. Le rein gauche est douloureux à la pression.— 6 ventouses sèches.

27 juin, le malade est soulagé de sa douleur de reins, mais il con inue à uriner fréquemment.

28 juin, douleurs en urinant, mictions fréquentes, et par petites quantités; f€iti fauché encore un peu sensible. Lavement émoll. et lavement laudan. bain, cat.

29 juin, mêtfie état, pas de fièvre.

30 juin, môme traitement ; les douleurs vésicales et les envies de pisser lOtit moins vives et moltis fréquentés.

1*' juillet, encore Un peu de fréquence de la miction. Bain. On laisse le toàlade au repos jusqu^au 5 juillet, et tout se calme; on passe alors le n. 13 tàÊiledaentet le n. 14 en provoquant un peu de douleur.

Ou (SÔnlinue à passer les n. 13, 14 et 15, mais souvent avec peine et douieuf*, le malade se plaint de picotements à l'anus.

17 juillet, les envies fréquentes d'uriner recommencent; il y a de la douleur dans le canal et un peu d'écouVement.

18 juillet, les mêmes sympttoes persistent; il s'y ajoute un peu de sensibilité du rein droit, et le malade a eu de la fièvre hier soir. Ventouses sèches.

21 juillet, ce nouvel orage calmé on reprend la dilatation avec le n. 15, mais le 24 nouvelles envies fréquentes d'uriner, miction difficile ;repôS et bain.

29 juillet, après une nouvelle tentative de dilatation, les mêmes phénotnènes se reproduisent; le cathétérisme occasionnant si facilement de liei cystitCi et la dilatation ne se faisant pas, M. Guyon pratiquera l'uré- Ihrotomie.

30 juillet, les douleurs dans le bas- ventre et les douleurs en urinant se calment. Quelques douleurs dans les reins^ qui sont sensibles à la pression. Bain, repos.

3 août. Le malade a pris un lavement et 0,20 suif, quin.; uréthrotomie interne. L'introduction du conducteur cannelé est douloureUâe et fait un peu saigner le canal ; lame 21. Elle coupe en 2 points au niveau du bulbe et la section du second s'achève au retour ; il s'écoule une petite quantité de sang rouge vif; la douleur a élé asseï vive.

Sonde n. 17 sur conducteur, introduite facilement. Suif. quin. 0,60, catapL, bouill. pot. — Soir. État excellent, pas de frisson, pas de fièvre.

4 août, le malade a souffert en urinant ce matin, il y a un écoulement uréthral, muco-purulent abondant le long de la sonde. Le malade souffre un peu du côté de la vessie, qui se vide bien. On enlève la sonde qui est couverte de mucUJ. Suif. quin. 0,60, cat. laud., lavem., 1 port.

5 août, le malade a souffert ce malin pendant une demi-heure après avoir uriné. Bain, lavem. laud.; 1 port.

ô et 7 août. Pas d'autre accident.

il août, lé malade coritiniie à avoir une légère cystite car&ôtéflsée par de la fré(]uedee de la miction.

16 août, un peu d'écoulement ùréthral muco-puruleot.

20 août, 18« jour après Topéralion on passe le n. 17.

^1 août, le malade soufîre un peu dans le canal.

25 août, on arrive au n. 17.

Les jours suivants on continue à passer les n. 17 et 18 ; rintroduéliôn est assez facile, mais provoque toujours un peu de douleur et donne ((ueU quefois au malade des envies d'uriner trop fréquentés.

15 èept. Un peu plus de mucus dans ies urlâes ((Ue d'habitude.

On arrive graduellement à passer facilement tes n. 19 et 20.

32 sept.. Mais il y alors une nouvelle forme de cystite très-légère; on passe len.l9 après quelques jours de repos, et on laisse dès lors Un jour d'inler- ^alle entre chaque cathétérisme; on fait prendre des bains au malade.

9 oct. Le malade se passe lui-même le n. 19. 11 se plaint de démangeaisons dans le canal; ces démangeaisons qui reviennent fréquemment et cette %ère Cystite sont peut être dues en partie au moins, à la même cause générale qu'un eczéma du cuir chevelu que le malade avait à son entrée. Oii le Dîet aux bains sulfureux et à l'eau d'Enghlen.

19 oct., le malade quitte l'iiôpital en bonne santé, urinant bien, et se passant le n. 19 qu'il emporte.

ObvSErvation XXI (no 4!).

Rétrécissement, dilatation ayant causée des accidents, uréthrotomie, guérisen

(Voir le tracé therm. n" 6).

Lo.... (Hilaire), 35 ans, employé, entre le 30 octobre 1869, à l'hôpital Necker, service de M. Guyon, salle Saint-Vincent, ri'» 5.

Une seule chaudepisse contractée à l'âge de 19 ans; elle dure tfoîs ou Quatre mois, et il fait des injections douloureuses; la chaudepisse n'est pas cordée et n*ôst pas suivie de goutte militaire; elle s'accompagne d'une adénite inguinale.

A 20 ans, chancre qui paraît avoir été simple et n'a pas été suivi d'aCcidents secondaires. C'est entre 23 et 24 ans que le jet commence à diminuer peu à peu de volume et que la miction, plus lente, durant cinq minutes environ, nécessite quelques efforts ; en quatre mois le jet arrive à n'avoir plus que la grosseur d'un fil.

A 24 ans, le malade est pris d'une rétention d'urine survenue sans cause si ce n'est cependant qu'il venait de se marier depuis peU. Au bout d'une demi-journée, il fait venir un médecin qui le sonde avec une petite sonde d'argent et fait un peu saigner le canal. — Bain , catap. I^as d'accidenlB cônsécalifs; le Jet redevient plus gros et il se passe peu régulièrement quelques bougies.

Nouvelle rétention, il y a six au^, àUfVènue sans autre t^attse que là fâ«

tigue et précédée d'une gêne croissante de la miction depuis plusieursjours; on essaye en v^in chez lui et à la Clinique de lui passer des bougies, et il va à la Maison de santé. M. Demarquay lui passe des bougies et continue la dilatation par les bougies à demeure; mais il survient une inflammation au périnée qui nécessite l'application de sangsues; il sort au bout de six semaines. Pendant trois ans il urine bien, ne se passe pas de bougies, mais au bout d'un an le jet commence déjà à diminuer et il est de nouveau un peu gêné.

11 y a trois ans, nouvelle rétention d'urine qui dure un jour ; il entre dans le service de M.-Civiale; aucune bougie ne peut passer mais au bout de quelques jours on arrive dans la vessie avec une petite sonde d'argent ; on continue la dilatation avec des bougies en cire et on lui fait l'urëthrotomie; puis on passe les trois cathéters. Il sort en très-bon état; on continue à passer les cathéters, mais il survient de l'uréthrite, et l'écoulement fini, on ne peut passer que la bougie 16. Depuis lors il se passe des bougies tous es huit jours, puis tous les mois seulement et descend peu à peu au no 7. Depuis deux mois le 7 même ne passe plus. Pendant ce temps le jet a diminué, la miction est devenue plus pénible et plus lente. Il n'a jamais eu de maux de reins ni d'accès de fièvre, les urines sont restées normales, et il n'a pas d'écoulement; quelquefois il a eu un peu d'incontinence, soit nocturne» soit diurne.

État actuel. Santé générale bonne.

L'explorateur 21 est arrêté immédiatement en arrière des bourses. Le 19 et le 12 de même; le 10, à 1 cent, plus loin , la bougie 5 passe dans la vessie, le 6 ne passait pas.

Les jours suivants le 5 ne passe .pas; le 4 passe le 3 novembre, et on le fixe à demeure.

4 novembre. Pas d'écoulement, le malade n'a pas souffert en urinant; le 6 passe, le garder une heure.

Le 5. Le 6 ne passe pas; le 4 passe, on le laisse à demeure et on la laisse jusqu'au 8 novembre sans qu'il y ait ni uréthrite ni douleurs; le 7 passe, le 8 ne passe pas ; garder le 7 une heure.

Le 9. Le 7 ne passe pas, le 6 passe.

Le 10. Le 6 ne passe pas, le 4 passe. Devant cette difficulté du cathétérisme, le canal paraissant plutôt se rétrécir, et renseigné par les antécédents sur les dangers des bougies à demeure chez ce malade, M. Guyon décide Turéthrotomie. On fait prendre au malade 0,20 de suif, de quin. tous les matins et 1 lavement.

Le 12. Pouls 68, temp. 37°,9.

Introduction du conducteur facile , lame 22 sur la concavité, tissus trèsdurs coupés à l'aller et au retour sur une assez longue étendue, et dans un seul point; pas de douleur, quelques gouttes de sang. Sonde n® 18 introduite sur conducteur facilement; il s'écoule un verre d'urine par la sonde. — Suif. quin. 0,60, catapl., repos, bouill. pot.

Demi heure après Topéralion, puis. 7:2, Icmp. 37",8.- Soir. P. 70; temp. 38 ,5; pas de frisson , pas de fièvre, pas de céphalalgie, pas de douleurs; pas de sang, sauf le long de la sonde. Reins indolores, un peu de chaleur et de sueurs ce soir.

Le 43. Pouls 64, temp. 37o,9. Il a passé ce naaiin un peu d*urine et de sang enlre la sonde et le canal. Langue un peu sale, pas de frissons, pas de fièvre, pas de céphalalgie. — Suif. quin. 0,40, 2 port. — Soir. Pouls 72, temp. 37°,8. On enlève la sonde qui no présente qu'une faible couche de mucus. État général et local bons.

Le 14. Puis. 92, temp. 39o,8. Le malade a eu ce malin une légère sensation de fro'.d, sans vérilable frisson. Les urines sont assez claires, mais d'assez mauvaise odeur. Presque pas de douleur en pissmt. Il a bien dormi; ce malin la langue est un peu sale et il y a un peu de courbature. — • Suif. quin. 0,60, — Soir. Pouls 104, temp. 40*>,i. A dix heures et demi le malade a été pris d'un frisson peu iniense qui a duré une heure; il s'est endormi ensuile , mais s'est bientôt réveillé pour voriiir son déjeuner; chaleur toute l'après-midi et sueurs peu abondantes. La courbature a augmenté ; il n'a de douleurs ni dans les reins, ni dans le ventre, ni au périnée ni dans le canal. Céphalalgie iniense, soif vive, langue assez nette. — Diète.

15 novembre, puis. 96, temp. 39o8 ; la céphalalgie, accompagnée de bour donnemenls d'oreilles, et due en partie au sulfate de quinine, est exaspérée par des efforts de toux. La courbature a diminué; il y a eu un peu de sueurs ; la langue reste sale. Le malade pisse bien sans douleur, vide sa vessie; pas de douleurs rénales spontanées ou à la pression. — Suif. quin. 0,60; lavem. émoll., bourrache, bouill., pot. — Soir, puis. 92, temp. 39o7; la céphalalgie persiste, pas de frissons; aucune douleurs, reins indolores j langue sale.

16 novembre, puis. 84, temp. 38oo; pas de douleurs de reins; la céphalalgie persiste, mais moins forte. - • Suif. quin. 0,40. Une port. — Soir, puis. 92, temp. 38"6; légère douleur dans la région rénale gauche en arrière; pas de sensibilité à la pression ; céphalalgie.

i7 novembre, puis. 68, temp. 37°d ; la douleur de reins a cessé; encore un peu de céphalalgie. - Cesser le suif, de quin.; 2 port. — Soir, puis. 88, temp. 39"2 ; céphalalgie légère; pas de douleurs ; le malade a pissé trois fols depuis ce matin, à gros jet.

18 novembre, puis. 72, temp. 37°9; pas de douleurs en urinant; pas de maux de reins; langue sale; toux; le malade se lèvera. — Soir, puis. 80, temp. 37°9; miction non douloureuse.

19 novembre, puis. 60, temp. 37°8; l'état est maintenant très-bon; la langue est encore uc eu sale. — Soir, puis. 60, temp. 37«6 ; une seule miction dans la journée.

iO novembre, puis. 60 temp. 37»4; une miction dans la nuit; le malade pisse devant uous;le jet est gros et vi^'oureux. ^Sir, puis. 60, temp. 39o4«

— ISO —

Les jours suivants Tétat géDéral reste bon; Tappétit revient; un léger écoulement gommeux^ qui se faisait par Turèthre, diminue et cesse.

26 novembre, le quinzième jour après Topération, on passe facilement la D. 48, sans faire saigner le canal ; il n'en résulte aucune gène de la miction,

29 novembre, le 18 passe très-bien; le garder cinq minutes.

On continue à le passer facilement les jours suivants sans provoquer aucun accident, et le malade Tintroduit lui-même.

Exeat le 10 décembre. État général et local excellent; le malade se pas* sera le n. 18 tous les deux jouis.

Il revient le 17 décembre; le n, 18 continue à passer très-facilement; la miction est très-régulière.

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