INTRODUCTION
Depuis les premières applications de ruréthrotomie interne on a tant écrit d'articles, de brochures, de thèses et de traités sur ce sujet ; tant de discussions ont eu lieu dans les sociétés savantes, qu'il peut paraître superflu de venir ajouter encore à cette longue liste de travaux ; la lumière doit être faite, semble t-il. Mais en réalité que nous sommes encore loin d'un pareil résultat. Les uns ont voulu faire de Turéthrotomie une méthode générale, les autres l'ont repoussée de parti pris, d'autres plus sages ont pensé qu'un seul mode de traitement ne peut convenir dans les cas de rétrécissements si variés qu'offre la pratique. Si bien que devant des affirmations contradictoires, défendues de part et d'autre avec talent, soutenues avec des faits à l'appui, celui qui veut se faire une opinion raisonnée reste bien embarrassé.
Quand nous entrâmes au commencement de l'année dernière comme interne dans le service de notre excellent maître M. le D' Guyon, nous arrivions fort mal disposé pour l'uréthrotomie interne; des cas malheureux auxquels le hasard nous avait fait assister successivement nous avaient laissé la plus fâcheuse impression. Les leçons de notre maître, l'observation de faits nombreux vinrent nous détromper ; mais ils nous montrèrent, et c'est là ce qui nous engage à traiter encore une fois ce sujet déjà si souvent explore, que les résultats dépendent, ici comme dans toute opération chirurgicale, du modus facieadiy des soins consécutifs, dé
l'étude attentive du malade tout entier ; trop souvent en présence d'un rétrécissement on se borne à s'occuper de Turèthre, et pourtant on sait que derrière cet urèthre il y a une prostate, une vessie, des reipSy et tout un organisme plus ou moins profondément atteint. C'est en observant nos malades non pas seulement la bougie ou la sonde à la main, mais en tenant compte de toutes ces mille complications légères ou graves qui donnent à chaque cas particulier sa physionomie spéciale, que nous sommes arrivé à nous convaincre que l'uréthrotomie interne remplit certaines indications qui lui sont propres; nous avons pu voir que faite d'une certaine façon, suivie d'un traitement consécutif raisonné, elle remplit ces indications sans faire courir de risques aux malades , comme on pourra s'en assurer en consultant nos observations et nos tableaux. C'est cette double conviction à laquelle nous sommes amené par l'étude des faits nombreux que nous avons observés, et des notes que M. Guyon a mises si obligeamment à notre disposition, que nous avons eu le désir de flEdre partager à d'autres.
Pour arriver à ce but il fallait que le lecteur sût d'abord de quelle façon l'opération a été pratiquée; quelles précautions ont été prises ; quels artifices peuvent être employés dans les cas difficiles ; quels traitements préparatoire et consécutif ont été institués. Sans cette notion les faits nombreux que nous apportons, et sur lesquels nous nous basons n'auraient plus aucune valeur ; et d'ailleurs nous rencontrerons sur notre chemin bien des points importants du reste, mais incomplètement élucidés. Cela iera le sujet d'un premier chapitre.
Le manuel opératoire et le traitement connus, nous aurons à donner un résumé des différents accidents que nous avons pu observer, à montrer que ces accidents n'ont jamais fait courir de danger sérieux aux opérés, que très-souvent la plaie uréthrale s'est comportée comme la plaie la plus simple, et que les résultats au point de vue de la gravité sont très- satisfaisants.
Ceci établi, l'uréthrotomie a évidemment sa place, pourvu qu'elle réponde à des indications; c'est l'étude de ces indications qui fera l'objet de notre dernier chapitre; nous serons obligé alors de faire une revue rapide des procédés si nombreux imaginés jusqu'à nos jours pour la cure des rétrécissements ; nous verrons qu'on peut les
classer en quelques méthodes ; celle de ces méthodes dans laquelle nous faisons rentrer Turéthrotomie interne compte encore des procédés variés ; nous nous efforcerons de les juger à leur juste valeur, défaire autant que possible la part de chacun^ et nous montrerons quels sont les avantages de celui que nous avons pu étudier le plus complètement. Dans cette revue qui soulève des questions encore bien controversées, nous regrettons que notre expérience personnelle soit si peu imposante ; cependant nous avons pu à l'excellente école de notre maitre recevoir des leçons assez instructives et observer des faits assez nombreux, pour que, aidé de nos lectures et de nos réflexions, nous osions aborder ce sujet.
Ayant fait la part delà méthode à laquelle appartient le procédé de M. Maisonneuve, ayant montré et justifié nos préférences pour ce procédé, il ne nous reste qu'à entrer dans le détail des indications de l'uréthrotomie interne ; tout ce que nous avançons dans cette dernière partie est basé sur nos observations personnelles et sur celles que M. Guyon nous a confiées ; c'est-à-dire sur sa pratique de trois années à l'hôpital Necker.
Nous mettons sous les yeux du lecteur les pièces du procès afin qu'il puisse juger lui-même de leur valeur; nous espérons ainsi l'amener aux convictions que nous nous sommes faites par l'obser vation des faits.
Nous ne pouvons terminer cette introduction sans témoigner à notre excellent maitre M. le D^ Guyon, notre reconnaissance pour les excellents conseils qu'il nous a donnés et les précieux matériaux qu'il a mis à notre disposition, et sans lesquels nous n'aurions pu songer à entreprendre ce travail.
Reverdic* i