PONT
de 2 centimètres et oblique de haut en bas et de gauche à droite, indice d'un coup de poignard ou couteau porté par l’assassin dans les premiers jours de novembre, et qui n’avait entamé que la peau et la couche la plus
superficielle du tissu cellulaire.
Cawité thoracique. — La cavité thoracique étant ouverte, et la première plaie signalée étant examinée à son orifice interne et dans son trajet, on constate :
1° Que les vaisseaux mammaires internes ont été lésés ; que l'artère a été coupée complètement en travers et que la veine satellite qui est en dedans de l'artère, a été entamée dans les trois quarts de sa circonférences
20 Que le deuxième cartilage costal a été divisé obliquement de bas en haut et de dehors en dedans, dans toute son épaisseur, tout près du bord du sternum.
C’est derrière cette solution de continuité du cartilage, que l’on trouve l’entamure faite à la veine satellite interne. Quant à l'artère, totalement divisée, ses deux bouts se sont fortement rétractés l’un en bas, l’autre en haut, et ils sont distants l’un de l’autre de 2 centimètres 1/2 environ : ce qui explique pourquoi la ligature faite dans le but d’arrêter l’hémorrhagie n’a atteint que la veine, en passant entre les bouts rétractés de
l'artère.
Poumon droit. — On ne trouve aucune autre lésion directe ou primitive ; le poumon, pas plus que la veine cave supérieure, n’a été atteint par la pointe du couteau. s
Le poumon réduit au volume du poing est refoulé en arrière le long de la colonne vertébrale. La plèvre est brune, rugueuse, adhérente à ellemême vers son quart inférieur, de manière à faire de la cavité générale, qu'elle circonscritnormalement, deux cavités distinctes, dont lasupérieure, plus grande, est remplie d’une matière brunâtre infecte, tandis que l’inférieure, plus petite, a été vidée par l'opération de l’empyème. Toute la
surface convexe du foie est adhérente par une infinité de filaments.
Shots
(Tractus, hyperplasiques fibrineux) à la surface correspondante du diaphragme (1).
Le tube digestif est plein de gaz, développés après la mort (1 janvier 1853).
Signé : PENARD.
(1) Nous ferons remarquer qu’il y à eu ici, comme on le voit, quelquefois dans la pleurésie droite, diaphragmatite, périhépatite de la surface convexe, périlonite par le fait.
MISTORIQUE
Presque inconnue dans la pratique civile, très rare même dans la chirurgie d’armée, puisque, dans toute la guerre d'Amérique, sur 8715 plaies du thorax MM. Poulet et Bousquet n’ont pu en relever que six cas, la blessure des vaisseaux mammaires internes a longtemps été considérée comme rare et de peu d'importance ; c’est à peine si elle est indiquée dans les ouvrages où est pourtant consigné le tribut d’une vaste expérience; Sabattier, Pelletan, Boyer n’en font pas mention. « La mammaire interne est rarement intéressée, dit Marjolin (Dict. des Scrences méd.) si l’on en juge par le silence de la plupart des auteurs à cet égard. Il est vrai que son petit volume et sa position la font presque toujours échapper à l’instrument vulnérant. » En médecine légale, les documents scientifiques sont peut-être plus rares encore et on connaît peu d’expertises où l’on ait pu apprécier les conséquences de cette lésion, qui peut, ainsi que le prouvent les deux observations qui sont la base de notre travail, causer la mort du sujet, sans que le médecin, dérouté et n’ayant pas pour le guider de règle précise, sache au juste quel ennemi il a à combattre. Les traités généraux à l'exception d’un seul /Orfila), qui signale toute son importance, se taisent sur le pronostic des blessures de l’artère mammaire interne, et il faut arriver en 1849, où M. Tourdes, dans une étude de médecine légale, expose, au point de vue