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venant d'Angleterre; enfin, la neuvième sert à expéri- . menter des variétés de blés d'hiver et des arbres de diverses essences au point de vue de leur acclimatation. Ces nombreuses expériences n'ont pas fait oublier la question de l'ensilage, qui est à l'ordre du jour dans
* toute l'Amérique du Nord.
Le mouvement qui a décidé les États-Unis et le Canada à renouveler la condition généräle du bétail par l'importation de reproducteurs étrangers s'est étendu si vivement, que l'exposition de Toronto fournit, en 1880, à MM. Clare-Read et Albert Pel, membres dy Parlement anglais, commissaires délégués pour faire l’enquête sur l’agriculture des Etats-Unis, l’occasion de consigner, dans leur rapport officiel, le témoignage suivant:
« L'exposition d’ agriculture de Toronto eût été jugée magnifique pour le bétail dahs n "importe quel pays. Les bœufs courtes-cornes féhmaient la classe la-plus nom-
; breuse et la meilleure. Parmi les bœufs primés se trouvaient les spécimens du troupeau de Bow-Park. Il y avait dé’ beaux Herefords et beaucoup d’Ayrshires, ‘quelques Galloways et d'autres races. Les moutons à longue laine étaient les plus nombreux; ceux à laine courte et moyenne étaient bien représentés. Les pores, -icicomme partout ailleurs en Amérique, formaientle trait caractéristique de l'exposition, qui ne pourrait guère, à cetégard, être surpassée chez nous. Parmi les chevaux, ceux dé Clydesdale, race importée, étaient les meil- “leurs, ‘et quelques-uns d'entre eux avaient le pas aussi sûr que ceux de Norfolk: *Peut-être devrait-on regarder. comme la partie la plus:utile“de l'exposition les tau- ‘reaux d'un an courtes-côrnes, ‘splendide collection de jéunes animaux de bônne ‘race, dont la plupart
éfniont à vendre au prix d'environ 500 francs pièce, »
Depuis vingt ans en effet le bétail n’a pas été simplement transformé. Il a été pour ainsi dire créé par l'introduction de types excellents des races les meilleures. Au fond, c’est le Durham qui domine, et dans la province d'Ontario c’est aujourd’hui par milliers qu’on les compte. La moitié du bétail appartient à la race Durham. Ce travail de création d’un bétail supérieur trouve sa récompense dans une exportation ‘soutenue d'animaux de choix, soit pour les États-Unis, soit pour l'Angleterre. Quant aux vaches bonnes laitièros, c'est à certaines races d’Ayrshire et de Jersey qu'on fait le plus grand nombre d'emprunt.
Dans la province d’Ontario, on commence à recourir ‘à la stabulation permanente du békail. Dans les exploitations scientifiquement conduites) le système de la stabulation est facile et avantageux sous bien des rapports. L'introduction d’un grand nombre de plantes savoureuses et nutritives permet de donner aux animaux une nourriture saine et variée. On nourrit plus de têtes de bétail sur une même étendue"de terrain; on obtient du même animal plus de produit et en même temps on recueille une plus.grande quantité de fumier ; mais avant d'opérer ce changement de méthode, il faut modifier le système de culture en créant des prairies artificielles et en cultivant des racines. De plus, il faut améliorer la condition des étables en leur assurant du . jour, de l'air. C’est une révolution.
Les moutons appartiennent surtout à la variété à laine fine de Leicester.et de Lincoln. Plus récemment, l’atterition a été ramenée vers les moutons à poil court, les South-Downs, les Oxford-Downs etles Shropshires. Il
ya vingt ans, le poids de le laino n’était quo de trois livres par toison : maintenant il est do cinq livresæ En même temps, les fermiers ont entrevu les avantages de l'exportation, ot l'exportation des moutons s'ést élevée de 10.000 à.100.000.
La supériorité du béfail (moutons et chevaux) reconstitué depuis vingt ans, dans la province d’Ontario, est parfaitement reconnue par les Américains, qui sont continuellement en relations d’affaires avec les cultivateurs de ce pays, et à la recherche des types les plus purs des races définitivement acclimatées.
Les cultiv&leurs canadiens, et notamment les culti-
. vateurs de l'Ontario, recueillent les profits de la création
d’un bétail de choix. Ce n’est pas seulement aux Etats- Unis, c’est en Angleterre que l'exportation se fait avec de bons profits. Fort au courant des sévérités de la loi anglaise et des ordres du conseil qui en exagèrent encore la rigueur, les éleveurs canadiens prennent toutes les précautions pour tenir leurs marchandises au-dessus de tout soupçon, et garantir leur bétail de toute maladie contagieuse. ‘Ce commerce, dont les obigines’ne remontent pas au delà de 1874, grandit de jour en jour, et, en 1885, sur une exportation totale de 144.441 têtes,
68.556 ont été dirigées sur les iles Britanniques. ° : Le bétail se répartit ainsi : .
. Tâtes. The
Se sons sue 560.133 535953
6 à cornes.. . . . . . 1.818.054 1.925.
Dont vaches laitiéres.. . . 690.437 710.519 Bêtes à laine. . . . . .. 1.868.784 1.890.733
Dont à laine fine. . . .. 245.609 300.129
Race porcine. . . , . .. 906.727 916.158
Bagse-cour.. . . . . . ., 5.847.344, 6.237.606
On voit que la production et l'élevage dd bestiaux pur sang a.joué déjà un très grand rôle ddns l’agriculture du Canada comme dans l'agriculturk de États- Unis. Depuis onviron d$x ans, des milliers d'animaux de race ont envahi lo rangs du bétail américain pour l'améliorer et le trafsformer. Le Kentucky, l'Illinois, l'Yowa et l'Ontario se à distingués à cet égard entre tous les États. C'est la nécessité qui a‘ pou à peu précipitéee courant de résolutions et d'efforts. D'abord, l’éle- . vage des bestiaux est plus-avantageux que la culture du blé : il demande moins dé travail ; enfin il s’est imposé dans tous les États où la production ininterrompue de la Sülture des grains a fini par épuiser la terre. C'est ce ‘qui est ‘arrivé dans l'Ontario. Quand les riches. moissons qui dvaient récompensé le défrichement des © pionriersieurent ‘fait place à de maigres récoltes entre les mains de cultivateurs ignorants, quand la vieille coutume de semer blé sur blé sans engrais parut conduire à la stérilité et à la ruine, chacun se mit à souffrir ct à réfléchie. Un très grand nombre d'exploitations trouvait Naturellement dans les conditions les flus ‘favorables à l'industrie des bestiaux et de la laiterie et la 'substi tion de l'industrie des bestiaux à la culture des grains s’accomplit comme par enchantement:
"On pourra trouver dans le rapport déjà cité de MM. Read et Pell des détails très précis sur le système ‘d'agriculture que cette situation nouvelle a fait adopter au Canada, et sur les heureux effets de cette évolution agricole.
Sile voyageur demeure, dans l’ Ontari io, frappé de l’aspect de certaines terres qui sont épuisées par le défaut d'engrais et qui portent la marque de l’inexpérience bru-
“rl
78 LA COLONISATION KT L'AGRICULTURE AU CANADA. tale de ceux qui les ont exploitées à outrance sans les soigner et les-nourrir, il sera, d'autre part, aussi étonné que charmé du tableau qui s ‘offrira i à ses regards quand il visitera les: fabriques dé beurre et de- fromage. Le système adopté pour travailler le laitage a fait d’énürmes progrès. Le principe diviseur du travail est + pratiqué dans tous ses détails et poursuiyi.dans toutes ses conséquences. C’est'un des cas fort rarék. où l’association a réussi en agriculture. Les réunions,-les cônfé- + rences, les meetings des associés se renouvellent sans
cesse pour étudier les moyens de perfectionner la fabrication’ et suivre tous les besoins de la consommation. “Assurément, il reste beaucoup à faire, surtout au point de vué de Ja fabrication du beurre. Assurément, le ‘succès ”.n ‘appartient pas forcément au système : des crémeries. et des fromageries coopératives, aux syndicats de propriétaires et de fabricants, mais on sent que ‘ces efforts continus n’en ont pas moins donné un grand ëssor à l’industrie et au commerce du. fromage. t Pour les fromages, l'augmentation a été dé 39 millions de livres en 1882, à 67 millions de livres en 1884, *.et 71 millions de livres en 1885. . ‘
On n’a pas de statistique précise sur les beurres; ‘ mais on ‘adopte partout le système des crémeries com-
. munes, afin d'obtenir la meilleure qualité possible. Belleville est située sur Je lac Ontario. C’est un des
entres les plus importants de la fabrication des fro- :
mages dits fromages de Cheddar.
On compte dans [a province 471 factoréries-froma- | geries, dont 306-ont produit, en 1882, 25.562.431 livres de fromagé, soit une production moyenne, par établissement,"de 84. 399 livres.
La. concurrence, comme nous l'avons déjà dit, l'exploitation des territoires du Nord- Ouest, semble nuire à la culture du blé dans le bas Canada, ‘et précipite heureusement et inévitablement les cultivateurs prévoyants dans l'élevage des bestiaux, les fermes de laiterie et la fabrication des fromages.
Les terrains salés de l'Ontario couvrent une surface de 1.200 milles carrés, et l'on a reconnu que l'épais-
seur des couches de sel gemme situées sur les bords du «
‘lac Huron, aû port de Goderich, était de 196 pieds. Les ekplorations géologiques de Logan avaient révélé que des groupes de blocs de sel devaient se trouver dans l'ouest de l'Ontario ; mais ce n'est qu'en 1866 que le sel fut-découvert. Ces dépôts de sel. sont les ves- - tiges d’un ancien lac d’eau salée embrassant une partie du Michigan et de l'Ontario. En 1880, la commission d'agriculture de la province constate que la question-du sel avait pris une importance considérable, ‘au point de vue de la confection des fromages, des heurres salés, des salaisons de porcs, et même de la nourriture des animaux et de l’engrais des, terres. Il fut résolu qu’on chercherait à s'affranchir du sel anglais dont le Canada avait été jusqu'alors tributaire, et l'exploitation des dépôts de sel de l'Ontario fournit aujourd’hui aux in- ” dustries agrigoles un secours très important. * Ona creûsé ‘des puits dans le but d'extraire du sel par blocs, pour les expédier à Chicago, Cincinnati et Saint- Louis, les grands centres de la confection et de l'ex-
pédition dés viandes salées.