‹ Étude sur la colonisation et l'agriculture au CanadaChapitre 18 sur 22 · PL · texte numérisé non relu

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terre semblait être de 41 dollars 54 cents, ou 207 fr. 70; alors que la culture d’une acre en blé, au Manitoba, s'élevait au maximum à 9 dollars (45 francs). Est-ce vrai?

La Compagnie de l’élévateur de Winnipeg a déployé une grande activité et mérité le succès qui semble lui être assuré. On sait la fortune extraordinaire des élévateurs construits au petit hameau des chutes de Saint-Antoine sur le Mississipi. Ce hameau qui porta le nom de Minneapolis, et qui est devenu une grande ville, est le centre d’un pays producteur de.blé qui n’a pas la moitié de le superficie du seul Manitoba. Il y

‘a dix ans, ses élévateurs pouvaient à peine recevoir

100.600 minots de blé. Aujourd'hui ils peuvent en recevoir 12.000.000 (ou plus de 4.000.000 d’hectolitres). Quel avenir est réservé à l’élévateur de Winnipeg!

Le froment le plus avantageux parait être, au Manitoba, le Red-type. I a la demi-transparence de celui qui

“eroit dans les steppes de la Rüssie, et cependant il

est originaire d'Écosse. Le mais est peu cultivé. La courte durée de l’été et la fraicheut du printemps ne . laisseraient pas au mais le témps de mûrir.s *

Les houblons indigènes croissent à état sauvage dans presque -towtes les parties de la province, -et sont les seuls dont usent les habitants. L'opinion générale est qée cette culture réussi?dff parfaitement, au point de vue du rend me de la qualité; mais il faut . fenir compte Ngestions de. marché.et-de maind'œuvre. L’espère indigène est d’une qualité si excellente, que le -perfectionnement de sa culture : serait probablement plus profitable que l'introduction des variétés cultivées dans l'Ontario. D'autre. part, il est à craindre que les grands vents qui soufflent fré-

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quemment dans la prairie ne gênent cotte culture, qui

‘a besoin d’endroits abrités.

.… Bien que le Manitoba abonde en fruits sauvages, la culture des fruits n’y a pas été négligéc. Les fruits répandus sont le groseillier, le frambhoisier, l’arbousier,

le prunier, le pommier. Les pommiers n'ont pas très :

bien réussi : peut-être les plants provonaient-ils de régions trop méridionales. On espère mieux réussir avec ceux que l'on attend de Russie.

On cultive cependant la pomme avec avantage dans l'État voisin du Minnesota, et.il est certain que le climat du Manitoba est aussi favorable que celui du Minnesota. © :

En 1881, M. Clare Read visitant une ferme du Manitoba disait : « Nous trouvâmes trois espèces de melons, des concombres, des haricots verts, des fraises, des framboises et des raisins de conserve. »

Une loi ordonne là destruction des plantes nui-

gibles. Parmi ces dernières, notons la moutarde sauvage et le chardon du Canada. Malheureusement les lois ne peuvent préserver le Maritoba et le Nord-Ouest des ravages parfois terribles de la moûche de Hesse (cecydomia destructor) et de la sauterelle des Montagnes Rocheuses (caloptenus spicatus). En 1872, 1974, 1875

. et 1876, les sautorelles causèrent de grands dommages.

Des milliers de sauterelles se noyèrent dans le lac Winnipeg dont les eaux exhalèrent une odeur fétide pondant longiemps.

L'élevage des chevaux s'accroît en proportion de l'abondance croissante des grains. L'absence de voies ferrées et de marchés voisins a jusqu’à présent entravé le développement de ceîte industrie dans certaines par-

ities de la province. On comptait, dans le Manitoba, en ‘1884, 20.000 chevaux et 178. étalons classés sous les

DU ‘dénominatigns suivantes : Franco-canadien, Clydes-

* “dale, Coach, Mixed, Heavy Draught, Perëheron, Blood, Roadster/ général Purposes.

L'élevage des bestiaux est en grand progrès, et, indépendamment. des troupeaux indigènes, il y avait, à la même époque, dans la province, 64.000 têtes de

E bétail, \parmi lesquelles se distinguent les Durhams,

les Ayrshireë, les Grades, la plus grande proportion appartenant à ce dernier groupe. Cette espèce Gradé est l’espèce du pays : elle a été l’objet de croisements continuels avec les reproducteurs de races anglaises : Shorthoïn, Hereford, etc :

La laiterie est exploitée autant que l’état du pays le permet.*La production du beurre excède de beaucoup la consommation dans la plupart des communes. On fait très peu de fromage en dehors de celui qui est consommé à la ferme, bien que presque tous les fermiers connaissent cette fabrication.

: Pas beaucoup de moutons au Manitoba. En 1884, le nombre des moutons au Manitoba était de 8.400. Ds appartenaient aux espèces dites mérinos Leicester, Cotswold et South-Down. Bien que peu importante, cette, quantité de moutons est proportionnée à la consommation locale de viande et de laine. C’est toujours Fabsence de’ débouchés qui maintient la production ovine dans. des conditions aussi peu brillantes. Les membres du Bureau agricole sont d'avis que l'élevage du mouton serait avantageux dans un pays où 5e tfouvent de belles prairies, un air sec, un été tembéré, un hiver sans pluie et sans tourbilions de

neige, et que cette industrie serait très profitable à la culture des céréales. On objecte cette difficulté de tenir les moutons parqués dans leurs fermes respectives, parce que les clôtures en fil d’archal, les seules dont on se servé dans le pays, &âtent la laine; mais- pourquoi n’aurait-on pas recours à des chiens de berger? Il est plus malaisé de pourvoir pendant l'hiver au logement des moutons, qui ne peuvent pas rester à la belle étoile dans un pays couvert d’un pied de neige et plus.

Le 1° juillet 1884, il y avait au Manitoba près de 45.000 porcs Berkshire, Suffolk, Yorkshire, Chester et Poland-China. En 1883, seulement 28.000. Le nombre des pur sang est plus limité en proportion. Chaque fermier garde le-nombre de porcs nécessaire pour! l'usage de sa maison, et’ dans fort peu de districts ôn en élève plus qu’on n’en consomme. Cet élevage s'augmentera ävec les voies ferrées, et l’on compte bien’ faire de Winnipeg une usine à porcs, comme celle de . Chicago, qui se trouve seulement à un millier de milles au sud-est. : :

On élève beaucoup de volailles dans le Manitoba, et les œüfs sont très recherchés. Le commerce coinmence à les porter sur les marchés de l'Ontario et de Québec. Ce: sont les poules qui dominent, et dans nombre d’endroits elles forment de véritables troupeaux. On nourrit aussi avec profit des dindons, des oies et des canards. On les abrite l'hiver dans les rez-de-chaussée maisons ou dans les étables : sans quoi les pertes seratent fortes. Les fouines, les renards, les belettes en font shuveñt de grands carnages.

La santé est Sénéralement satisfaisante, et shuf quels. .

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ques cas isolés de morve chevaline, aucune maladie , spéciale ne frappe les animaux. En 1883, les bestiaux avaient souffert d’enflures dans la gorge, qui dis parurent avec le printemps. Beaucoup de truies et leurs portées furent perdues, parce qu’elles avaient été trop bien nourries avant de mettre bas, l'abondance du froment d’inférieure qualité ayant provoqué d’imprudentes distributions: Au point de vue de Y’hygiène dü bétail, les cultivateurs sont fort inexpérimentés, et au. ront besoin de beaucoup étudier s'ils veulent réussir et prospérer. | ‘

Le nombre total des exploitations dans le Manitoba était, en 1884, de 9.208, occupant chacune 279 acres.

Voici ce que M. Fream dit au sujet de la maind'œuvre : « Au mois de juillet 1884, grande demande de bras, surtout dans les anciens comtés. Dans beaucoup de localités, on embauche, quand on peut, des hommes depuis les semailles jusqu’à le fin du labourage et du battage, mais la plus grande demande se produit pendant la fenaison et la moisson. Rarement on ‘a besoin d’aides toute l’année; mais dans les nouvelles communes où les fermiers sont peu nombreux, les bras sont remplacés par les machines, et la moisson ‘est faite sans qu'on ait besoin de moissonneurs. Les gages payés dans les fermes, avec la nourriture, varient-de 3 liv. st. 12 sch. à 6 liv. st. par mois. Il est très difficile d’obtenir des servantes de ferme, parce qu’elles préfèrent rester dans les villes et les grandes cités. Leurs gages varient de 1 liv. st. 14 sch. à 4 liv. st. par mois. »

Les forêts sont réparties d'une’ manière fort irré-

‘’gulière dans tout le Manitoba. Des communes n’en

possèdent point, tandis que d’autres ont des bois pour

LA COLONISATION ET L'AGRICULTURE AU CANADA. 108 plus de\ cinquante ans, et même. pour toujours, si on les’protège contre les incendies. Généralement, on les enclôt à l'aide de barrières on fil de fer, parce que ce syétèmé exige peu de frais. Dans quelques endroits, le bois doit être apporté de très loin : ce qui devient, pour les besoins du ménage, une question sérièüse. Dans le Manitoba méridional, cette question sera résolue, lorsqu'un émbranchement du Canadieri-Pacifique aboutira aux houillères de la Souris. Les essences de bois les plus ‘communes sont le peuplier, le chêne, l’érable, l’orme, le baume de Gilead, le frêne, le bouleau, le

saule, le pin, le tamarin, le cerisier, le coudrier, le

prunier, l’aubépine et le bois de fer. Des plantations commencent à être suivies avec un ensemble de bonnes résolutions. : -

Dans les parties du Manitoba et des territoires du Nord-Ouest où le bois n’existe pas en grande abondance, la nature l’a remplacé par la houille. Le Manitoba méridional tire son bois des monts Turtle de Brandon-Hills, et tout le long des rives de la rivière Souris. Le Manitoba, qui longe le South-Western- Railway jusqu'aux houillères de la Souris, lesquelles . s'étendent jusqu’à quelques milles de cette voie ferrée, procure de la houille à toutes les stations. .

Dans cette partie de la province du Manitoba, qui est située au nord d’Assiniboia et de Qu’Appelle-River, on trouve une certèine quantité de‘ bois, et’ quelques parties sont très richement boisées. Cette portion du district d’Assiniboia, qui est au sud de Qu’Appelle et de South-Saskatchewan-Rivers, est amplement fournie de bois et de charbon. .

On: trouve’ du bois en quantité dans toutes les par-

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406 LA COLONISATION FT L'AGRICULTURE AU CANADA. ties du district d’Alberta, à l’exception de celles qui

peont au sud-est de Belly et Saskatchewan-Rivers. Là,

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comme en général dans toutes les parties des territoires du Nord-Ouest, on ne trouve ni bois ni charbon. Sur la

. rivière de‘ Bélly, sont situées les houillères, générale-

ment connues sous le nom de Gall-Coal-Mines, appartenant à la North-Western coal and Navigating Company, laquelle a extrait et vendu ces années dernières environ 9.000 tonnes de charbon. Cette Compagnie a construit une ligne ferrée -de Lethbrige, où sont situées les mines, à Dunmore, sur la ligne du Pacific- Railway (108 milles), à l’aide de laquelle on peut fournir de la houille à Winnipeg et aux villes situées sur le parcours du Pacific-Railway à des prix modérés. On exploite également la houille à Medicine-Hat sur le Pacific-Railway et à Edmonton sur la North- Saskatchewan-River; avant peu, on l’exploitera sur plusieurs autres points. |

Tout le district du Saskatchewan est abondamment . fourni de bois de constructign et de-bois à brûler. La partie ouest possède de re houillères,

De vastes dépôts d’anthracite de première qualité ont été découverts sur la ligne du Canadian-Pacific- Railway, à peu de distance de l’ouest de Calgary, et des capitalistes se sont entendus pour donner un grand développement à cette exploitation.

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