‹ Étude sur la colonisation et l'agriculture au CanadaChapitre 21 sur 22 · CR · texte numérisé non relu

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80.000 liv. sterl., et les rancheros font tous leurs efforts pour en améliorer la race, en faisant venir d'Europe des étalons percherons et Clydesdale. Le bétail de race bovine était déjà évalué, en 1884, à 375.000 livres. Les épizooties sont entièrément inconnues, ét, bien que les

‘animaux soient habitués à passer l’hiver en plein air,

une Société, celle du North Western Live ‘Stock, se propose d'élever des constructions d'hivernage et. d’enclore peu à peu les terres ; mais beaucoup de propriétaires de ranches sont d’avis qu’il ne faut pas se préoccuper des neiges prolongées, si l'on a eu soin de faire d'abondantes provisions de fourrage.

Il convient de remarquerque la production du beurre d’Alberta ne. suffit point à la demande locale’ au-prix de 1 schel. 5 den. la livre. Le fabrication du fromage n’a ns commencé, mais on se Propose de l’entre- Pxpthaihement.

Les en a des environs de Calgary (N.-O.), appartenant au gouvernement et àu Pacifique-Canadien, | ‘s achètent rapidement pour le compte de différents capitalistes. En décembre 1886, l'agent du gouvernement a vendu 640 acres, et pendant le même mois, les demändes ont porté sur près de 4. 000 acres. .Nous voulons indiquer seulement Je mouvement de l'opinion publique.

Un éleveur de Calgary dit qu’au moins 30.000 têtes

de bétail sont arrivées ans le district de. Calgary dans

le cours de l'été dernier. On compte maintenant dans cette partie du Nord- Ouest, au moins 100.000 têtes de bétail distribuées sur soixante ranches, |

. Les ranches du Nord-Ouest canadien acquièrent rapidemenénne. grande importance. Il a été. loué une éten- :

due de près de 1.200.000 hectares de prairies. Sur ceag, terres, on compte déjà 54.000 têtes de gros bétail, au. moins 10.000 moutons et 6.000 chevaux. Ces chiffres varient sans cesse. Des importations considérables de bétail se font tous les jours pour les différents ranches.

Le premier envoi de chevaux canadiens destinés à la:

cavalérie anglaise a eu lieu l’année dernière par le steamer Carmona.Seize chevaux venaient des ranches du Nord-Ouest. .

.- Dans le Nord-Ouest, la demande de bœufs excède le stock existant. Le gouvernement en achète beaucoup pour les hommes de la police monté. et pour les Indiens, chacun de ces derniers ayant droit à une livre de bœuf et une livre de farine par jour. On sait que les Indiens du Nord-Ouest ont -échangé la libre et nomade existence de la Prairie contre la vie assurée et monotone des envahisseurs. Les uns reçoivent une ration quotidienne de viande de bœuf, avec un peu d'argent de poche, les. autres une certaine surface de terre, dans les réserves indiennes, conformément aux stipulations conclues avec les diverses tribus, lorsque les «. visages pâles » qui les faisaient vivre .et qui vivaient avec:eux les-chassèrent de la Prairie et détruisirent complètemettt Ïe, buffle.

La salubrité de ces territoires ne saurait-être mise en daute.. Quant: aux villes;. bien .que-beaucoup datent à peine d’une année, elles &bnt loin d’avoir un aspect misérable, et l’on y rencontre, des, traces évidentes d’une certaine recherche, qui trahit déjà. les habitudes des nations civilisées. En elfét: beaucoup de femmes bien . élevées n’ont pas craint d'affronter les rigueurs de ‘l'existence des pionniers et ‘sont venues tenir com-

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pagnie à un frère, à un père ou à un époux. Elles ont apporté avec elles le respect de leur ménage, et le goût du bien-être.

Les liqueurs fortes sont entièrement prohibées dans tout le Nord-Ouest, et il est défendu d’en posséder, Cette prohibition ne s'étend ‘pas au Manitoba : elle vise les Indiens, qui n'ont jamais compris l'usage modéré des liqueurs alcooliques et boivent jusqu’à ce qu'ils se mettent en élat'de folie furieuse. Les pion-

- niers trouvent le moyen’ de s’en procurer, et notamment la police montée ne s'en prive guère : il se fait une active contrebande, sur raquelle les autorités semblent fermer les yeux.

Il faut encore citer des essais de colonisation d’un genre tout particulier dans le Manitoba et le Nord- Ouest. L'un des plis intéressants est celui des Mennonites ou Russes de langue allemande, sectateurs de Simon Menno, qui prêche que la guerre est un crime -et s’oppose au service militaire. Les Mennonites ont émigré en 1876, avec l'autorisation du gouvernement russe, et ont adopté le système communiste. Ils sont, au nombre de 8.000, répandus dans plusieurs villages. Beaucoup de leurs compatriotes voudraient ‘bien les rejoindre ; mais, depuis 1876, le gouvernement: russe

- n'autorise plus l'émigration. 4. 7...

On cite encore un établissement de Juifs appartenant

à différentes nationalités, EUR un établissement ns ”

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LA COLONISATION ET' L'AGRICULTURE AU CANADA, 1925 Le IX. — LA COLOMBIE ANGLAISE

.. ‘La Colombie Britannique comprend le versant des ‘ Montagnes Rocheuses à l'Océan Pacifique et de la frontière nord des États-Unis à l'Alaska. Elle faisait autre- ” fois partie des territoires de la baie d'Hudson. En 1858, de riches mines d'or ayant été découvertes, sur les “bords de la rivière. Fraser, la Colombie fut érigée en colonie royale. En 1866, elle fut réunie à l’île de Vangouver, et le 20 juillet 1871 elle entra dans la confédération Canadienne.

, De toutes les provinces du Canada, la moins connue et la plus éloignée est la Colombie anglaise. Lord . Dufferin: et le marquis de Lorne, tous deux gouverneurs

généraux du Canada, ont tenu à honneur.de faire le ‘

voyage de. cette province, ét nous en ont laissé le tableau pittoresque dans d’intéressants ouvrages. Lord Dufferin s’est servi, pour dépeindre 18 Colombie, d’une expression saisissante : il l'a appelée une-mer de mon-

tagnes : c'est-à-dire que, dans sa plus grande partie,

dans son ensemble, elle parait plus propre au commerce qu’à l’agriculture proprement dite, On l'appelle aussi la Californie du Canada, parce qu’elle. est placée

sur les-bords de l'Océan Pacifique; mais elle n’est.pas.

propre à des entreprises de grande culture, à de. vastes exploitations de céréales, quoique son climat soit tempéré et plus doux qué le climat des autres parties du continent américain situées à l'Est des Montagnes ” Rocheuses, Elle ne possède pas les belles terres à blé êt,

la chaude température de la Californie. Ellerappellerait

. plutôt les provinces maritimes du Nouveau-Brunswick

et de la Nouvelle-Écosse, par les facilités que trouveraient le propriétaire ét lé cultivateur à élever des che-

vaux, des bœufs et des moutons, à cultiver des fruits -et-

à faire le commerce du gibier et du poisson. Elle est dominée par un système de montagnes et de forêts qui lui donne son caractère distinctif : la Colombie n'est donc pas le présent du Canada, c’est l'avenir, et un avenir encore très éloigné. :

‘ Une des principales causes qui rétarderont l’évolution économique de cette partie du Canada est la difficulté des voies de communication. Tantôt ce sont des montagnes abruptes à escalader, tantôt des forêts vierges à traverser, tantôt des rapides à remonter et à descendre. Le touriste et le chasseur trouvent admirable: et excellent ce que le cultivateur et l'industriel trouvent dangereux et impraticable, Une aütre difficulté surgit :

c'est la main-d'œuvre, c'est le défaut d'ouvriers. Or,

cette question est d’une importance capitale. Quiconque s'établit en Colombie avec des capitaux ën sent tout le poids. On emploie de préférence les émigrants, parce que, .n’ayant que leurs bras pour vivre, ils se contentent de demander un faible salaire. Cette question est particulièrement à l’ordre du jour en Colombie depuis qu'on engage des Chinois pour satisfaire aux diverses industries de la province. Une Commission royale a mêmo été nommée pour l’étudier et voici les conclusions de son rapporteur, M. Gray :

* « La Colombie anglaise ést un territoire immense, plus grand que l’Angleterre et l'Irlande, plus grand que la France, aussi grand que l'empire d'Allemagne.

Ce territoire ne possède qu’une population de 60.000 habitants, dispersés le long des forêts et des rivières. .

Les Indiens et les Chinois forment au moins la moitié

de cette ? population. 1 Les Anglais, les Écossais et les Ir-

immense contrée n’est guère utilisée jusqu'ici a au point de vue de l'élevage du bétail ou de l'éxploitation des forêts. Ce qui manque, ce sont les ouvriers agricoles et industriels, les négociants, les capitalistes.

« Les ressources de la Colombie sont telles, que jusqu'ici un travailleur laborieux et robuste n’a jamais manqué d’y trouvér une situation confortable, à moins de quelque accident imprévu. 11 est donc étrange qu’une raca forte au physique comme laraceanglaise puisse être distancée par la race chinoise, bien inférieure au double point de vue des forces physiques et intellectuelles. Cette contrée pourrait-elle se passer en ce moment des services dés Chinois? C’est la. question, et elle est résolue par les faits. Le Chinois travaille : mais seulement dans les métiers pénibles, ingrais et dédaignés par lès blancs.’ Il n’est ni maçon, ni charpentier, ni fondeur, ni menuisier, ni vitrier, ni peintre; tous les métiers qui relèvent la situation de l’homme et lui permettent de faire fortune, lui. sont fermés. Il est terrassier, bûcheron.

« Malgré. cela, on ne peut pas dire que les Chinois dominent dans les classes’ laborieuses, quoiqu'ils soient | . consciencieux, sobres, pacifiques et doux, et qu'ils contribuent autant-que les Européens à à la prospérité du | pays.

« Assurément, les n mœurs et les habitudes des Chinois

‘ne sont pas absolument irréprochables : ils’so livrent à .

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des pratiques idolâtres : ils. sont d'une averice sordide; mais on peut faire d’autres reproches à d’autres immi-

—— grants; et si l’on se montrait trop exigeant, la Colombie ne 89 pauplareit jamais. oo. ct « À Victoria, dané l’île de Vancouver, Je taux normal dela journée d’un Chinoië est docing sohelings, © et celle d’un Européen, de huit. “:', « Les Chinois chercheurs d'or sont engagés comme contremaîtres, ou bien ils exploitent pour leur compte. Il en était de même pour les travaux du chemin de ‘ fer du Pacifique. On peut donc dire que, sans les Chinois, la vie dans cette partie du Canada serait extré- . mement difficile. on “7 « Pour les grands travaux Héchemins à de fer, on n'a*paë pu jusqu'ici se servir. des Chinois : le travail ; des Européens est tellement supérieur ! Lorsque les Se Européens veulent bien se contenter d’un prix raisonnable, la concurrence n’est pas possible : personne ne . se soucie d'employer des ouvriers dont: le langage est inintelligible, à moins que leur assiduité au travail et. leur bonné volonté ae les rendent supérieurs à l'Eu- ‘ropéen. » * oi .

‘Quand nous aurons dit que la grande et pittoresque ile de Vancouver sé be dans les mêmes conditions . économiques que la. Colombie ariglaise, qu'elle est en-.° core un monde à détouvrir, à conquérir, à exploiter, nous aürons d’un seul mot indiqué un. nouveau’ champ de travail et peut-être une source de fortune. L'égalité 1 et la douceur de 12 témpérature permet d'y cultiver avec profit toutes les céréales, et des fruits excellents. Le pays ne convient pas à Jai culture des. grandes fermes : mais il es admirablement approprié: aux . “exploitations

moyennes el à l'élevage du cheval, du bœuf et du mouton. L'ile de Vancouver est peut-être supérieure au point de vue agricole à la Colombie anglaise ‘et plus digne de fixer un jour l'attention du géuvernement féderal du Canada. E Nous venons de quitter l'Europe et l'Océan Atlantique et nous voici sur les bords du Pacifique, devant l'Asie, présque en face de la Chine et du Japon! La science a : - fait ce prodige. Le Franscontinental-Pacifique-Canadien a réuni l'Angleterre et la Chine par le Dominion du : Canada. Toute l'Amérique du Nord est livrée d’un seul

coup à la civilisation! S

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