‹ Étude sur la colonisation et l'agriculture au CanadaChapitre 9 sur 22 · L'ILE DU PRINGE-ÉDOUARD · texte numérisé non relu

L'ILE DU PRINGE-ÉDOUARD

Revenons sur nos pas, et, après avoir parcouru la province de Québec et la partie gauche du Saint-Laurent, prenons. le chemin de fer Intercolonial qui, descendant la droite du Saint-Laurent, nous conduira dans les trois provinces maritimes qu’il a fait entrer politiquement dans la Confédération du Dominion.

Au dix-septième siècle, le Nouveau-Brunswick formait gvec la Nouvelle-Écosse, l’île du Prince-Édouard, Terre-Neuve, et une grande partie de l’État du Maine, l’ancienne Acadie. Quand les Anglais en firent la conquête, tout ce pays fut appelé la Nouvelle-Écosse ct plus tard divisé en provinces, sous les noms que ces provinces portent aujourd’hui.

Des côtes du Nouveau-Brunswick, on aperçoit l'ile du Prince-Édouard. C'est la petite province du Dominion. Elle tient dans le golfe du Saint-Laurent, à l'égard du Canada, la place que tient l'ile de Wight dans la Manche à l’égarddel’Angleterre. Elle compte 100.000 habitants à peine, et-ses principales industries sont la construction des navires et la pêche, surtout la pêclie , des maquereaux. Cela ne veut pas dire que l'industrie agricole y soit dédaignée. Elle ne possède pas une administration pour le service des émigrations, car l’agriculture y est presque entièrement exercée par . les propriétaires. Cette île est renommée pour ses

Fe

46 LA COLONISATION ur L'AGRICULTURE AU CANADA.

avoines, surtout pour ses pommes deterre. Les pores de terre sont l'objet d’un énorme commerce, qui 8'é

tend jusqu'aux États- Uñis et particulièrement gs port de Boston. On pyalue : a: <producti LL de 6 ile de

à 3 et 4 millions de. boiskeaux. Les terr cette île recoivent un engrais marin d’un caractère particulier. Cet engrais se compose de boues coquillières qu'on trouve dans les cours d’eau de cette île, ou plutôt à leur embouchure. Ces boues renferment des coquilles d’huitres, de moules, des débris de poissons et d'algues marines. On les recueille au moyen de dragues mises en mouvement par des locomobiles à vapeur installées au-dessus des dépôts, qui ont une épaisseur de 10 à 30 pieds. Appliquées aux herkages ou aux cultures fourragères, ces boues agissent rapidement et

très heureusement.

Il. -— LE NOUVEAU-BRUNSWICK.

La seconde province maritime, le Nouveau-Brunswick, forme: une région d'une grande étendue, 27.000 milles carrés, avec un développement de côtes qui n'a pas moins de 600 kilomètres. C'est à peu près l'étendue ‘de la Belgique et la Hollande réunies.

Plusieurs millions d’acres pourraient être cultivés avec profit : 5 millions d'habitants pourraient y vivre à l'aise, et 300.000 à peine l'occupent et l'exploitent. Aucune province n’est. plus libérale aux colons et aux pionniers, et peut-être les colons y trouveraient-ils autant de succès que dans la région de l'Ouest.

Elle est encore habitée par les descendants des courageux Loyalistes de l’Empire-Uni,. dé ces champions

se ?

ES ci | “LA COLGRBATION ET L'AGRICULTURE AU CANADA. 41

vaincus d’une cause perdue, et sa population ést cerainement une des plus vigoureuses parmi les populations du Canade. Nulle province, au fond, n’est plus yankee, plus américaine ;-et grâce à ses relations avec

le Maine, elle se distingue très netteiient-do la pro/

vince françäjse de Québec.

‘ Cependant, malgré ses avantages naturels, sa belle situation maritime, ses magnifiques cours d’eat;-son excellent système de chemins de fer, son sol fertile,

son climat salubre, l'agriculture de cette province n’est:

pas aussi avancée qu'elle devrait l'être.

Cette province possède un Conseil d'agriculture qui a pour mission, comme dans toutes les provinces du

Canada, de surveiller et de faire travailler les Sociétés

d'agriculture Ce Conseil se compose d’un délégué par comté (il y a cinquante comtés), d’un secrétaire et d'un ‘président, choisis.parmi les membres du gouvernement. ” Son siège est à Frederickton, capitale de la province. Si l’agriculture proprement dite n’est pas vigoureusement poussée vers le progrès par le développement de le colonisation, il ne faut en rendre responsable ni le gouvernement ni le parlement.

La construction des chemins de fer, en faisant gérer dans la circulation et dans les affaires les territoires immenses et si variés du Manitoba et du Nord- Ouest, a créé une concurrence considérable à ces terrains boisés du littoral canadien, dont le défrichement demande à la fois plus d'efforts et de capitaux : toutefois, si le colon qui veut créer une -exploilation rurale dans le Nouveau-Brunswick trouve plus de difficultés à vaincre que dans le Manitoba, il trouve aussi, pour mener son entreprise à

bonne fin, des avantages qui ne sont pas à dédaigner.

S'il a le courage d’abattre les bois qui couvrent sa concession, il possédera, par, compensation, des maté. riaux indispensables à ses constructions, au barrage do ses champs, aux enclos dé ses terres ; il possédera du combustible, ée qui manque au colon de‘la Prairie. Le plus souvent même, le défrichement donne une telle abondance de bois, qu’il en reste un excédent, que l’on trouve facilement à -écouler à bon prix dans les villes * voisines, et dont la vente rembourse une partie, parfois notable, des premiers frais. En second lieu, la terre, après avoir produit pendant quelques années des récoltes avantageuses, demande à être remboursée de ses avances, c'est-à-dire à être fumée; mais la nature a placé ici le remède à côté-du mal, et le colon trouve sous sa main des engrais capables de restituer à la terre les éléments de fertilité que lui ont enlevé les premières récoltes. En outre, les provinces de l’Est- Canada, si l’on tient compte du prix actuel des denrées, auront un avantage marqué sur les provinces de l'Ouest-Canada, notamment sur le Manitoba, à cause. de leur situation plus rapprochée des marchés d'approvisionnement. Il ne faut pas oublier que les propriétaires d'exploitations rurales, dans le Manitoba, ont souvent 40, 50 et 60 kilomètres à franchir pour conduire leurs produits à la gare la plus proche.

Arrêtons-nous un moment sur lagggestion des pommes et sur la question du bétail, ”

La culture de la pomme-Téuit adtairablement dans la vallée de Saint-Jean. L'Angleterre importe annuellement 4 à 5 millions de barils de pommes; . Londres, { million et demi à lui seul, Bien que cette

énorme consommation ait stimulé les producteurs partout, en Amérique particulièrement, les prix se sbnt toujours élevés. En 1857, à Halifax, on considérait an oi ravi mes était bien vendu à { dôllar et demi (7 fr. BK\En 1884, on le payait 4 dollars (20 fr. pris ferme, et même, dans quelques cas, jusqu’à 43 et #7 francs pour les qualités tout à fait supérieures.

Le bétail offre également un bel avenir aux cultivateurs; mais les avis’sont partagés sur la meilleure manière d'améliorer le bétail : les uns croient, absolument comme à Québec que le mieux est d'améliorer la race du pays, les autres, au contraire, prônent l'importation : de reproducteurs choisis parmi les meilleures races de l'Europe.

Au nombre des reproducteurs préférés, se trouvent :

1° Les courtes-éornes (Durham) et les Ayrshires. Ce sont les plus estimés, et leur sang est déjà fortement infusé dans toutes les provinces du bas Canada, où l'alimentation est facile et succulente :-

2 Les Angus désarmés et les Aberdeens, recherchés surtout par ceux qui veulent produire de la viande de boucherie ;

3° Les Herefords, déjà nombreux dans le Maine, État de l’Union américaine qui touche au Canada. Ces animaux tendent à se répandre dans le New- Brunswick; on les estime pour la régularité de leurs formes et l'égalité de leur taille, leur puissance musculaire, leur rusticité, leur sobriété et l'excellence de leur viandé ;

4° Les Holsteins, dont l'introduction commence à peine, et dont les qualités laitières sont trop connues

pour qu' il soit besoin: d’insister. Je remarqueïai, tou- , ,

LA

tefois, qu'au Cariada, on donné le nom de Holsteins à des animaux originaires du Nord-Hollande et de la Frise occidentale, dont les races sont sans doute excellentes laitières, mais chez lesquelles le lait n’a pas autant de qualité beurrière que celui des vrais Holsteins. Ces prétendus ou pseudo-Holsteins sont, en Hol. lande, l’objet d’un commerce d'exportation extrêmement actif. À Amsterdam, par exemple, il existe une maison d'exportation pour l'espèce bovine du pays

comme il serait désirable d'en posséder une au Havre races bretonnes et -nor-

ou à Dunkerque pour mandes. î Cette maison d'Amsterdam (Prns et Twanenburg)

vend des animaux de Frise et dul Holstein aux con-.

ditions suivantes :

Génisses de 1 à ? ans............ 400 à 500 francs.

Vaches de ? à 4 uns.......,..... 875 à 1.000 francs.

Taureaux de 1 an et au-dessus. 625 francs et au-dessus suivant qualité.

Ces prix sont payés sur place, c’est-à-dire au port d'embarquement. I faut ajouter les frais de transport d'Amsterdam à Halifax ou à Québec, frais qui comprennent la nourtiture pour vingt jours, l'embarquement, les certificals du vétérinaire et de l’éleveur, les documents du consulat et des douanes. Ort les estime à environ 160 francs par tête d'animal d'un an; à 190 francs par vache. Enfin. By à bien encore, à débourser de 125 à 150 francs poür ès frais du. surveillant qui conduit un lot de ?5 têtes. PT

Les affaires ‘de cette seule maison ont pris une telle importance, que\ dans le courant de l’année 1884, 3.000 bêtes Povinbs: ont été achetées et expédiées

LA COLONISATION ET L'AGRICULTURE AU CANADA. st

d'Amsterdam aux États-Unis et au Canada, soit chaque semaine, par voie de Londres à Boston, soit, tous les quinze jours, par voie de Londres à-Halifax et à Québec. ,

Il ne faut pas oublier « que la province du Nouveau - Brunswick, comme d’ailleurs” le Canada tout entier, né peut s'adresser qu’à l'Europe pour l'importation des reproducteurs destinés à améliorer la race indigène. Elle aurait tout avantage à chercher ces reproducteurs aux États- his, où les races ‘que nous venons de citer existent à l’état de pureté parfaite, et qui ont d'ailleurs cet avantage d'être acclimatées et de n'avoir pas à subir les fatigues ou les hasards du voyage. Cependant le Canada senttrès bien qu'en renonçant aux ressources . que lui procurerait A puns avec les États-Unis, il conserve la clientèké de la métropole, qui est son meilleur débouché pour ses animaux de boucherie et pour ses viandes abattues. L’Angleterre se montre très difficile sur le lieu d’origine des animaux vivants qu’elle introduit sur son territoire, et, sous prétexte de maladies contagieuses ou de législation imparfaite, elle proscrit impitoyablement tout animal qui provient des paÿs qu’elle ne veut pas favoriser.

br III. — La NOUVELLE-ÉCOSSE.

\ / ee À ouva foose est la troisième province maritime “du Canada. Elle forme, avec l'ile du Prince- Édouard et le Nouveau-Brunswick, une seule et même province au point de.vue du sol, du climat, des industlies naturelles, des mœurs des habitants et de toutes les conditions de l’é écongmie rurale. Placée ‘tout en-

tière sur le littoral de l'Océan, et par conséquent la plus rapprochée de l’Europe et surtout de l'Angleterre, desservie par. le port d'Halifax, auquel vient aboutir le chemin de fer Intercolonial, la Nouvelle-Écosse s’avance dans l'Océan comme l'avant-garde du Canada. Il est regrettable peut-être qu'on ne s’y arrête pas : mais à peine débarqué à Halifax, on court à Québec, à Montréal, à Toronto, à Ottawa et ‘déjà à Winnipeg.

"La Nouvelle-Écosse, c’est la contrée merveilleuse par exce llence, dit le marquis de Lorne, l’ancien gouverneur du Dominion; c’est le beau pays d’Acadie. Ce nom -d’Acadie réveille dans la mémoire l’histoire de la famille Acadienne, qui,'à travers les douleurs de la proscri ption, est restée Française, catholique et Acadienne. N'est-ce pas dans les environs de Windsor, dans un espace de trente lieues, que ce petit peuple a véeu obscurément pendant un long espace de temps,

s'llustrant par des travaux de desséchement et de culture, qui lui attirèrent l'admiration des Anglais, leurs maîtres ct leurs persécuteurs? ‘En 1763, les Acadiens étaient 4.000; aujourd’hui ils sont 100.000,. dispersés, il est vrai, dans les trois provinces maritimes. La plupart, pantonnés sur les côtes, se livrent à la pêche. En ce moment, on voit des cultivateurs quitter la Nouvelle: Écosse pour aller chercher fortune dans les régions inconnues du Manitoba. Pourquoi les Acadiens ne quitteraient-ils pas peu à peu les rivages de la mer et l'industrie de la pêche dans laquelle ils sont exploités par les Anglais, et ne viendraient-ils pas, dans l’intérieur des terres, reprendre, par l’agriculture, la souveraine “conduite de leurs destinées ? C’est le vœu que forment

les Français qui les suivent et les aiment de l’autre côté de l'Océan. 4

Le climat de la Nouvelle-Écosse > est plus doux qu’aucun autre climat du Canada. Cette température dépend du rivage de la mer qui baigne toutes les côtes et pénètre jusqu'à 30 kilomètres dans les terres. Les principales ressources du pays sont les pêcheries, les mines ‘et les forêts. L'aspect général du pays est boisé et montagneux. On trouve dans la Nouvelle-Écosse de vastes pla Res ; mais, comme nous venons de le dire à propos ‘des Acadiens, l'esprit des habitants est tourné vers l'industrie de la pêche et le commerce des bois, et non pas vers les travaux de l’agriculture. Cette’ provinec : possède notamment, dans la partie occidentale surtout, un sol de formation silurienne et carbonifère qui se désagrège facilement et constitue desterres d’une grande fertilité. Ailleurs, le long de la baie de Fundy, autour du bassin de Minas, des alluvions marines, protégées par des digues contre les marées, ont été converfies en vastes herbages.

La province n’a pas de ministère d'agriculture, mais un Conseil supérieur, auquel les autorités permanentes délègubnt toutes les matières touchant l'agriculture. Dans le rapport du secrétaire d'agriculture pour l'année 1885, on peut lire les rapports de tous les comités

| d'agriculture qui relèvent du Conseil supérieur. On voit qu’une École d ‘agriculture a été jointe à l'École normale de cette province, qu’un laboratoire a été an-, nexé à l'École, et qu’on a ouvert des cours de chimie, de botanique, de zoologie et d'agriculture. On voit encore que des registres généalogiques des races importées dans la Nouvelle-Écosse commencent à être régu-

liers, et, parmi ces races, nous remarquons : les Jerseys, les Ayrshires, Polled-angus, courtes-cornes, Devons, Guerneseys, etc., ete. Mais si nous en croyons la déposition du major général Laurie d’Halifax dans l’ enquête agricole ouverte par le gouvernement fédéral, les cultivateurs de la Nouvelle-Écosse sont très inférieurs aux cultivateurs d'Ontario et de Québec. Ils n'ont aucune idée des diverses méthodes de culture ét de la qualité de’‘leurs terres. Mettez en dehors les producteurs de . fruits et les propriétaires de vergers, la grande majorité des cultivateurs vit au jour le jour, cherchant à gagner sa subsistance, et n'ayant aucun projet d'avenir.

Une certaine agitation, provoquée par quelques mécontents, s'était produite dans la. Nouvelle-Écosse contre Les Sociétés d'agriculture ; on contestait leur utilité, on prétendait que leur rôle était fini, et que le moment était venu de les rerhplacer par quelque organisation plus efficace. Cette agitation est aujourd'hui éteinte, car elle n’a pas trouvé à pénétrer dans les rangs des cultivateurs, qui, tout au contraire, tendent à se grouper autour des Sociétés anciennes ou à former des Sociétés nouvelles. La vitalité de l'institution, qui est pour ainsi dire nationale, est prouvée par le nombre des Sociétés, qui de 88, avec 4.910 membres en 1883, se sont élevées à 92 avec 5.064 membres en 1884. L'or: ganisation des forces agricoles est la même ? dans tout le Canada.

De même que le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle- Écosse s6 préoccupe de l'avilissement du prix des céréales, et on attribue cette baisse inquiétante à la conèurrencé des contrées dû Nord-Ouest; aussi a-t-on

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pris la résolution de tourner tous les efforts vers d’autres sources de bénéfices.

L'industrie laitière d’abord : une Association de Jai tiers vient de s'organiser en vue de prodüire des ” beurres de haute qualité, capables de commander des prix élevés sur le marché international.

Le bétail ensuite : car le territoire de la Nouvelle- Écosse peut en produire dans des proportions illimitées pour ainsi dire. Déjà quelques élevèurs entreprenants ont cominencé à embarquer des animaux pour l'Europe.

Il ne faut pas oublier que l’économie dans le transport du bétail et-les chances moindres de perte semblent constituer, au profit des éleveurs de la Nouvelle- Écosse, sur les éleveurs du Nord-Ouest, un bénéfice qui n'est pas moindre de 75 francs par tête de bétail trang-- | portée en Angleterre.

Avec d’autres herbages et un climat très doux, avec

le proximité de la mer, avec des ports d’embaïquemént que les glaces ne bloquent jamais et que l’on peut rejoindre en deux journées au plus, l’industrie du bétail devrait prendre le premier rang. :

Vient ensuite la production fruitière, dont 1 pre- -miers résultats sont des plus encourageants. Suivant le rapport du major général Laurie, président du Bureau central d'agriculture, les pommes de la Nouvelle- Écosse ont conquis une place d’honneur sur les mar-. chés de Londres et y sont très recherchées.

Favorisée non moins que l’industrie du bétail. par les conditions naturelles du sol et du‘tlimat, la culture fruitière eSt en voie de prendre parallèlement des développements considérables. Il n'y a pas trente ans, la

5f LA GOLONISATION ET L'AGRICULTURE AU CANADA.

province de la Nouvelle-Écosse importait les pommes qu’elle consommait ; aujourd’hui; elle en exporte annuellement en Europe 500.000 barils, d’une contenance de 109 litres, vendus sur le marché anglais à raison de 25 à 30 francs le baril.

Les meilleures pommes: sont tirées de la vallée d’Annapolis, l’une des plus belles régions à pommes du monde entier, à sol fertile et admirablement abrité. Dans un verger de ? hectares ot demi, M. Fream a constaté une récolte de 1.000 barils de pommes, évalués au prix de vente de 12.500 francs, ce qui donne par hectare un produit brut de 5.000 francs ! résultat qui pourrait rencontrer des incrédules, s’il n’était garanti par le témoignage de M. Fream.

Les frais sont évalués comme suit :

Cueillette et emballage, 50 centimes par baril ; une personne peut préparer ainsi 10 barils par journée ordinaire.

Prix du baril vide : 1 franc à 1 fr. 95.

Les jeunes pommiers, prêts à être transplantés, coûtent de 1 fr. 55 à 2 fr. 05. On ne plante pas plus de 100 pommiers par hectare, opération qui revient, tout compris, de 312 à 375 francs par hectare,

Le salaire des journaliers est de.31 fr. 25 à 40 francs par semaine pendant la saison active : de 18 fr. 75 à 21 fr. 25 en hiver. La nourriture est moins chère qu'en Angleterre. >

CPE

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