‹ Étude sur la colonisation et l'agriculture au CanadaChapitre 10 sur 22 · VII. — LA PROVINCE D'ONTARIO. cu · texte numérisé non relu

VII. — LA PROVINCE D'ONTARIO. cu

Au lieu de reprendre la route de Québec par le chemin intercolonial, embarquons-nous, si vous voulez bien, par le port d'Halifax, nous aborderons à Portland où nous trouverons le chemin de fer dit : le Grand ra Trunk, qui nous ramènera à Québec, et de Québec dans la province d'Ontario.

La province d'Ontario est la plus belle, la plus riche du Dominion du Canada. La province de Québec est la province du fleuve Saint-Laurent. La province d'Ontario est la province des grands lacs. Son vaste territoire, compris entre les provinces de Québec à l’est, le Manitoba et les territoires du Nord-Ouest à l’ouest, la baie d'Hudson au nord, et enfin la chaine des grands lacs au sud, surpasse d’un tiers l'étendue des iles Britanniques. Elle était autrefois presque entièrement couverte de forêts; mais les forêts ne se rencontrent plus aujourd’hui que dans la région du nord, et toute la partie , comprise entre le lac Ontario, le lac Érié, au sud-est, et le lac Supérieur, à l'ouest, est livrée à la culture et offre le spectacle d’une prospérité qui a fait justement appeler cette partie de la province le jardin du Dominion. De même que la province de Québec compte deux grandes villes, Québec et Montréal, la province d'Ontario pos-

#ède Toronto, qui est la capitale de la province et qui contient 102.000 habitants, et Ottawa, qui est la capitale administrative de la province du Dominion et le Washington du Canada. :

Le population de la province d'Ontario s'élève à environ ? millions d'habitants. La race anglaise, irlandaise et écossaise comprend les deux tiers de la population. Viennent ensuite les Allemands, et en troisième ordre seulement les Français. D'après un recensement de 1881, on comptait dans l'Ontario 300.000 hommes adonnés à l'agriculture, 130.000 aux travaux de l'industrie, ‘et 44.000 seulement au commerce.

La plus grande partie de la population habite la partie sud et la partie est de la province, les bords de la : rivière Ottawa, les lacs et la péninsule, entre le lac Michigan et le lac Huron. La région située au nord du lac Supérieur et du lac Huronest encore inhabitée.

Le climat d'Ontario est très varié, et on peut dire, sans’ cräinte, qu'on y trouve réunies presque toutes les températures de l’Europe, depuis l'Espagne et l'Italie, pär exemple, jusqu'à l'Angleterre. Rien ne prouve mieux l'excellence du climat d'Ontario que la variété de ses produits et l'excellence de ses fruits.

Un écrivain distingué des États-Unis, M. David A. Wells, décrit ainsi le climat d’une partie du Canada, dans la North American Review de septembre 1877 :

« La partie Nord des lacs Érié et Ontario et du fleuve Saint-Laurent, la partie Est du lac Huron, et tous les contours des grands lacs, forment l'un des plus magnifiques pays qui existent dans le continent de l'Amérique du Nord; ces régions occupent comme étendue une superficie presque égale à à celle des Étte de > New-York,

mouton à laine eët l'habitant naturel de ces contrées, et sans lui les grands intérêts manufacturiers du pays

ne pourraient prospérer, ou plutôt ne sauraient exister. C’est aussi dans ce pays que croit la plus belle orge, que la brasserie des États-Unis puisse recueillir, si elle veut jamais rivaliser avec les brasseurs de la Grande- Bretagne, dont l'exportation annuelle de malt s'élève actuellement à plus de 11.000.000 de dollars. Le climat est tel que le bétail, dont la race a dégénéré dans d'autres pays, reprend ses qualités natives dans cette province; l’homme lui-même trouve, dans les conditions climatériques créées par le voisinage des grands lacs, la force et la santé. »

La province d'Ontario mérite la plus grande partie de ces éloges; mais au point de vue agricole, il faut faire quelques réserves.

D'abord cette province ne paraît pas destinée à prendre rang parmi les grandes régions à céréales. Sous l'influence de conditions spécialement favorables, le rendement du blé peut s'élever jusqu ‘à 35 bushels per acre (31 hectol. par hectare), comme cela est arrivé sur les terres du collège agricole de Guelph. Dans des saisons exceptionnellement favorables, et avec l’aide d'engrais artificiels, ce rendement à même atteint 45 bushels par acre (40 hectol. par hectare); mais en

somme le rendement moyen ne dépasse pas 20 bushels ne

par acre (18 hectol. par hectare). | À mesure que la bonne culture se développe, cette moyenne grandira sans doute; mais il faudra toujours compter avec les variations dela température. Toute diminution dans la chute des néiges, laissant sans abri les blés d'automne, tout déboisement imprudent, tout hiver rigoureux accompagné de vents violents, exercera une influence néfaste sur la récolte du blé. La”

Au

plante croit péniblement, le nombre des pieds s'éclaircit au printemps, et la récolte tombe au-dessous de la moyenne. -- :

On a ÿéulu: éviter les inconvénients de la saison d'hiver, en semant du blé de printemps; le succès n’a pas répondu à cet effort, qui a paru cependant assez encourageant pour qu’on puisse continuer les expériences. De toute façon, M. Tanner, dans une conférence dont nous analysons les conclusions, ne croit pas que. les anciennes provinces du Canada soient appelées à produire beaucoup de blé pour l'exportation, bien que, par des fumures plus abondantes et par des soins plus judicieux dans le choix des semences, la production puisse être notablement augmentée.

Le blé produit dans lOntario diffère beaucoup, par sûn caractère et sa qualité, des blés produits dans le Nord-Ouest, car’ ce blé donne une farine fine, riche en amidon, qui la rend très utile pour former des mélanges avec d’autres blés plus chargés de gluten.

La production de l'orge ne parait pas si difficile. Cette céréale peut rendre en moyenne 40 bushels par acre (36 hectol. par hectare); mais il sera prudent de ne compter que sur un rendement moyen de 30 bushels (27 hectol. par hectare). L :

L’orge étant plus sûre et moins délicate que le blé est, par cette raison, plus généralement cultivée. On cite des localités où cette culture obtient des succès

‘ extraordinaires, notamment des rendements de 90 bu-

ghels par an (81 hectol. à l’hectare); mais un rendement moyen de 35 bushels par an (31 .hectol. par hectare) paraît devoir être considéré comme.normal.

« Ici‘ encore une sélection prudente des semences

aménerait des variations marquées dans les récoltes : par elle nos provinces (c’est encore M. Tanncr qui parle et qui conscille, pourront augmenter considérablement leur production.

« Les cultivateurs anglais ne négligeraient certainement pas ce moyen. Les nôtres entrent d'ailleurs dans cette voie, et les difficultés climatériques avec lesquelles le Canada doit compter les forcent à chercher et à lutter : ce quileurdonneraune grandeexpérience pratique. Sans doute, leurs modes d'opération manquent souvent de | fini, et cela ost assez naturel; car les soins qui deviennent nécessaires dans des régions soumises depuis longtemps à la culture ne sont pas aussi indispensables dans un pays où la terre abonde et donne de bonnes récoltes avec un système grossier de culture. Mais l’habileté dans le procédés et le progrès dans les Systèmes de culture ne perdent leur influence nulle part, même sur les pays où la nature se montre le plus généreuse, » |

Le culture du maïs est très répandue et donne des résultats avantageux. Mais ici encope îe succés se mesure,sur le choix de la semence et sur le succès de son acclimatation, succès que l’on obtient en cultivant pêndant les meilleures variétés. …

Le maïs, outre Îe grain,. se : cultive aussi e fourrage. Cette dernière culture ne peut que s'étendre : et devenir plus avantageuse: rà mesure que ser propagera la méthode très étudiée, mais eñcore peu répandue de l’ensilage. Elle fournira au bétail, plus aisément que les racines, des substances alimentaires à bon

marché. 7 La culture des racines se pratique d’une manière sa-

- « Xe + .

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