INDE EXAMEN LE SÉRUM DÉ AGE COLORATION
RÉACIION 25 26 octobre 1923 1916 8 ans décoloré ( 26 26 — — — décoloré (e] 27 26 — — — décoloré 0 28 26 — — — « décoloré 0 29 26 — —— — décoloré O 30 26 — ! — — décoloré Q)
Ces 44 exemples dont 20 âgés de 8 année, montrent bien que la bilirubine se conserve parfois longtemps, sans changements appréciables (pendant 7 mois, pour 4 de ces sérums) et que, partant, le sérum peut garder une belle teinte jaune pendant plusieurs mois. Nous sommes tombés par hasard, sur des séries de 7 mois, dans lesquelles, certains sérums sont encore très colorés et donnent la réaction de la bilirubine, alors que certains autres ont pàli, et ne la donnent plus. Cela aurait pu se produire avec des sérums beaucoup moins vieux. Il est impossible d’assigner un temps certain où se fait la décoloration, puisque, comme nous l'avons dit, l’état initial du sérum conditionne son état ultérieur, au point de vue coloration.
La seule conclusion qu’il soit permis de tirer à coup sûr, est que la décoloration est fonction de l'âge du sérum, dans les conditions que nous avons envisagées, c’est-à-dire en se soustrayant autant que possible aux influences physiques extérieures.
IV. — Sous quelle influence se produit la décoloration du sérum?
Prenons différents sérums d'animaux saignés pour la première fois, donc, des sérums très colorés et donnant tous üne réaction intense de Hayem; et, examinons dans une série d'expériences les influences qui peuvent faire varier leur coloration, en nous limitant pour le moment à l’action de l’air et de la lumière.
1'° Expérience 10 ampoules de chacune 10 cc. sont placées le 20 novembre
devant une fenêtre bien éclairée. À ce moment, le sérum donne la réaction de la bilirubine.
me Le — AI —
Chaque jour, on prend une ampoule pour examen. Après 30 heures d'exposition à la lumière, on n'obtient plus la réaction, et le sérum est déjà décoloré. Ce temps, très court, est d'autant plus remarquable que, à cette époque de l’année, la luminosité est faible et la lumière peu intense. ?
Faite dans les mêmes conditions, le 10 décembre, par un temps de brouillard tel, qu'il n’y a pour ainsi dire pas de jour. Cependant, au bout de 23 heures, on n'obtient plus qu’une faible réac-
tion qui a disparu à l'examen de la 39° heure. Le sérum a changé de teinte.
Dans ces deux expériences, faites à dessein avec de très mauvaises conditions de luminosité, on voit qu’il y a un changement très rapide de la quantité de bilirubine contenue dans le sérum. Nous remarquerons que les deux seuls facteurs que nous puissions faire intervenir dans la discussion, sont la lumière et le peu d'air contenu dans l'ampoule.
3° Expérience
25 tubes à essai contenant chacun .10 cc. de sérum frais, sont mis sous la trompe à vide ; lorsque le vide est fait à l’intérieur de ces tubes, on les ferme à la lampe. Dans ces conditions, nous éliminons l'influence de l’air.
Le 2 novembre, tous ces tubes sont mis en pleine lumière; un tube examiné au début de l’expérience donne la réaction de la bilrubine.
Un examen fait le 6 novembre montre que la réaction est faibie; et le O, elle a disparu, sans jamais réapparaître les jours suivants. On voit donc qu'au bout de 40 heures d'exposition à la lumière du jour, la réaction était déjà affaiblie, et qu’elle s’atténua de plus en plus, jusqu’à sa disparition.
La lumière est donc capable, à elle seule, de produire le chan-
gement de coloration, par disparition de la bilirubine, et cela en un temps très court.
Dans 12 tubes à essai, on met par tube 10 cc. de sérum frais ayant une belle couleur jaune, et donnant la réaction de la bitirubine.
4 de ces tubes sont bouchés au coton; l’air peut donc s'y renouveler.
4 de ces tubes sont fermés à la lampe; l’air est donc confiné.
4 de ces tubes sont fermés à la lampe sous le vide; donc sans air.
Dans chacun de ces groupes , on laisse 2 tubes à la lumière, et on en met 2 à l'obscurité (dans une boîte enfermée dans une armoire obscure).
L'expérience commencée le 2 octobre, donne les résultats suivants : la décoloration des tubes exposés à la lumière, déjà manifeste le 7 octobre, a été en s'accentuant jusqu’au 25. Pendant toute cette période, les tubes dans lesquels le vide avait été fait, ont paru avoir un retard appréciable dans la décoloration.
Le 25 octobre, on compare les tubes placés à l'obscurité et ceux laissés à la lumière. Les premiers ont encore une très belle teinte jaune, alors que les seconds sont tous décolorés. La recherche de la bilirubine, faite le même jour, a montré son existence dans tous les tubes placés à l'obscurité, et sa disparition dans tous les tubes laissés à la lumière.
Donc, la lumière intervient comme facteur primordial dans la décoloration du sérum. Le fait que les tubes dans lesquels le vide était fait ont éprouvé un retard dans la décoloration, semble indiquer que l’air a tout de même une influence sur la décoloration mais que cette influence est très limitée et ne saurait être comparée à celle de la lumière.
5° Expérience
Pour préciser ce dernier point, on fait l'expérience suivante : le 6 octobre on met dans 3 ballons 200 cc. de sérum frais.
Le: 1° ballon est enveloppé de papier noir, et est placé à l'obscurité.
Le 2 porte 2:tubulures, de façon à assurer à l'iftérieur du sérumiune circulation d'air. Cette circulation se fait à l’aide d’une
trompe à vide et à üne cadence régulière de une bulle à la
seconde.
Le 3° est placé, sur la paillasse, à côté du précédent, et bouché seulement au coton.
Le 6 octobre, on commence l'expérience; le sérum est d'une belle teinte jaune dans les 3 flacons. |
Le 19 octobre, les résultats sont les suivants : le 1° ballon conservé à l'obscurité a gardé sa belle teinte jaune. Le 2°, dans lequel de l’air a passé pendant 128 heures 45 minutes, est devenu d’une teinte vert pâle. Le 3°, resté à côté du précédent à la lumière a aussi la même teinte vert pâle, mais cependant il y a une petite différence, il est moins pâle que le 2°.
Donc, dans cette expérience, comme dans la précédente, le facteur capital de la décoloration est la lumière et la part revenant à l’action de l’air est très minime.
6° Expérience
Cette notion acquise va être encore précisée par l'expérience suivante :
On prend, comme ci-dessus, 3 ballons contenant chacun 200 cc. de sérum, et on refait la même expérience maïs en enveloppant de papier noir le ballon dans lequel on fait la circulation d'air. On pourra ainsi se rendre compte de la part exacte qui revient à l’air dans la décoloration.
Cette- expérience a duré du 31 octobre au 12 novembre. Au début, le sérum donnait la réaction très nette de la bilirubine. L'examen du 12 novembre montre que :
le ballon mis à l'obscurité a conservé sa belle teinte jaune et donne une réaction intense et immédiate ; |
le sérum du ballon enveloppé de papier noir et dans lequel l’air a circulé pendant toute l’expérience, a peu changé de couleur et 1! donne üne réaction à la bilirubine très nette, quoique un peu plus lente que dans le ballon précédent ;
le sérum du 3° ballon, laissé à la lumière, est complètement décoloré et ne donne plus aucune réaction.
On voit donc, dans cette expérience, comme précédemment, que l'influence de la lumière est capitale dans la décoloration du
sérum et que la part de l'air ne se manifeste que par un retard dans Ja réaction de la bilirubine.
7° Expérience |, Cette influence minime de l’air peut être, a priori, attribuée à une action de l’oxygène agissant comme oxydant de la bilirubine. Nous avons essayé de mettre cette action en évidence par une expérience.
On met du sérum frais dans deux ballons; le premier est placé à l’obscurité; le second est env eloppé de re noir, pOur
annuler l'influence TA la lumière et est monté de telle façon qu’on.
puisse faire passer de l'oxygène au travers du sérum. Le 3 décembre, on relie ce ballon à un obus d'oxygène et on
laisse passer lentement le gaz au travers du sérum. Après épui-.
sement de l’obus, c’est-à-dire après dégagement de 500 litres d'oxygène, on compare la coloration de ce ballon à celle du ballon mis à l'obscurité; il n’y a pas de changement appréciable dans la teinte.
L'action de l’oxygène est donc très faible, et il en faudrait faire passer des quantités considérables dans un sérum pour obtenir
une très légère décoloration, comme nous l'avons fait précédem-.
ment, en faisant barboter de l'air. pendant de longues: journées au travers d’une couche de sérum.
£&e Expérience
Toutes les expériences précédentes Qui concordent pour arriver à la même conclusion peuvent être contrôlées par une expérience inverse, expérience cruciale.
On prend des ampoules de sérum A renfermées de suite
après leur fabrication, dans de l’ouate et placées dans une boite fermant hermétiquement.
Le 17 novembre, nous examinons un Pen nombre de ces ampoules, faites de la veille; elles sont d’une très belle teinte jaune et donnent un réaction immédiate de la bilirubine.
Des examens pratiqués toutes les semaines montrent que, après plus d’un mois, la teinte. de ces ampoules n’a pas varié et que la réaction de la bilirubine est du même ordre. Pour éliminer l'influence de la composition du verre dans cette expérience deux
-séries parallèles ont été faites, des ampoules en verre alcalin, et des ampoules en verre neutre (neutralité au méthyl orange). II
n’y a eu aucune différence entre les sérums des deux séries d’ampoules.
De tout ce groupe d'expériences qui se contrôlent réciproque- -ment, on peut tirer une conclusion très ferme :
La lumière du jour est le facteur prépondérant de la décoloration des sérums ; la part de l'oxygène de l’air est très réduite dans le phénomène.
Cette notion nous paraissant posée d’une manière indiscutable, nous allons chercher maintenant à pénétrer plus intimement dans le phénomène et rechercher quels sont les rayons du spectre ‘qui agissent sur le sérum, pour le décolorer.