‹ Étude Sur La Coloration Du Sérum Normal De ChevalChapitre 21 sur 28 · V. — Influence des radiations lumineuses sur la · texte numérisé non relu

V. — Influence des radiations lumineuses sur la

décoloration du sérum normal

Pour la recherche expérimentale de l'influence des radiations lumineuses, sur la coloration du sérum normal, un certain nombre de méthodes auraient pu être employées ; je me suis arrêté à celle qui me paraissait la plus simple, et qui pouvait peut-être être susceptible d'applications pratiques. Le sérum d’une même saignée ayant été mis dans des ampoules de même verre;tj'en ai pris un certain nombre qui furent entourées de feuilles de gélatine, colorées avec.les différentes couleurs du spectre.

Ces feuilles de gélatines, très minces, ont été faites spécialement pour cette expérience. Elles représentent un écran coloré très homogène dans toutes ses parties, tant au point de vue de la teinte, qu'au point de vue de la cohésion de la matière; la feuille de gélatine est, en effet, très unie, et ne laisse apercevoir aucun trou ni aucune fissure par où pourrait passer un faisceau

de lumière blanche. Les conditions expérimentales paraissent -donc aussi bonnes que possible.

Elle fut faite dans les conditions suivantes : 12 ampoules ont été entourées respectivement avec des feuilles violet, bleu, vert, jaune, orangé et rouge. Deux ampoules ont été.entourées de papier noir (papier d'emballage pour photographie), Deux ampoules furent laissées à la lumière, sans être enveloppées.

Toutes ces ampoules ont été posées à plat sur une table, en pleine lumière.

Le 26 novembre, c'est-à-dire 9 jours après le début de l'expérience, les deux ampoules restées sans enveloppement sont décolorées ; toutes les autres ont gardé sensiblement la même teinte.

On laisse tout dans le même état jusqu'au 23 décembre, c'està-dire pendant 28 jours. Voici les résultats obtenus après avoir libéré les ampoules de leurs enveloppes :

restées à la lumière complètement décoiorées 0 enveloppées de papier noir ont gardé leur belle couleur jauñe + — — violet ont un peu pâli 2e — — bleu décolorées ü — — vert ‘encore jaunes o —- — jaune encore jaunes 0 — — orangé jaune franc e — — rouge jaune franc ais

Cette expérience indique donc que ce sont les fayons du spectre du côté du rouge, qui altèrent le moins le sérum, la décoloration commence à se faire sentir au jaune, s’accentue dans le vert, et est totale dans le bleu. En même temps, la réaction de la bilirubine se manifeste, comme on pouvait le prévoir, dans tous les sérums réstés assez jaunes.

Il est assez remarquable que les rayons au delà du bleu, dans la région violette n'aient pas agi d’une façon plus intense. Cela tient peut-être à ce que la gélatine a été tolorée par un violet très foncé, et que dans ce cas, l’opacité a peut-être été comparable à celle créée par un enveloppement au. papier noir, qui, lui, s'est montré un conservateur parfait de la coloration.

La même expérience a été renouvelée le 10 janvier, avec les mêmes couleurs, plus l'indigo que je n'avais pas pu avoir lors de dla première expérience.

Plusieurs ampoules ont été placées à la lumière, autant dans dur papier noir, et autant dans chacune des gélatines colorées.

L'expérience est commencée le 10 janvier 1924 Le 25 du: même mois, une série d’ampoules est libérée de ses enveloppes; voici le résultat :

restées à la lumière décolorées ; : enveloppées de papier noir jaune d’or — — violet jaune — — indigo jaune — —— bleu décoloté — —— vert très décoloré — — jaune jaune = — orangé jaune — — rouge jaune

Les résultats sont donc exactement superposables à ceux de la première expérience.

L'action a été prolongée, et le 2 février, une autre série d’ampoules a.été examinée. Dans le bleu, la décoloration est maximum ; elle va en augmentant du rouge au bleu. Dans le rouge, il y a eu une légère action et l’indigo et le violet sont encore colorés.

Le 20 février, une autre série a été regardée, et on con$tate que la décoloration suit le même ordre, du rouge au bleu; mais, il y a un fait nouveau, c’est que la série des violets commence à se décolorer. Une autre série, retirée le 3 mars, donne les mêmes indications : maximum de décoloration dans le bleu, minimum dans la série rouge. L'hypothèse émise au début, à savoir que l'intensité de la teinte violette entrait pour quelque chose dans la conservation de la coloration, semble bien se vérifier, puisqu'une action prolongée finit par avoir raison de cette surcoloration.

Ce point me paraissant avoir besoin d’être éclairci, j'ai fait une nouvelle expérience.

3° Expérience

Cette expérience a porté seulement sur les rayons violets, dans. le’ but de disséquer leur action.

Dans une série de tubes Borrel, de même diamètre, je place 80 cc. d’eau; puis, dans chacun d’eux j'ajoute respectivement des quantités croissantes d’une solution mère saturée de violet de

LA

gentiane. Une ampoule de sérum est placé dans chacun de ces verres. Des ampoules témoins sont placées l’une dans un verre vide, la seconde dans un verre contenant de l'eau pure et une troisième dans un verre contenant de l'encre noire. Tout le système est placé à la lumière du jour.

Voici le résultat après 7 jours d'exposition :

Verre 1, 1/4 de goutte de violet : violet très clair, décoloré.

Verre 2, 1/2 goutte de violet, violet très clair, décoloré.

Verre 3, I goutte de violet : violet très clair, décoloré.

Verre 4, 2 gouttes de violet : violet clair, décoloré.

Verre 5, 4 goutes de violet : violet clair, décoloré.

Verre 6, 8 gouttes de violet : violet foncé, décoloré.

Verre 7, 16 gouttes de violet : violet foncé, décoloré.

Verre 8, 32 gouttes de violet : violet très foncé, moins décoloré.

Verre O, témoin placé dans l'air, décoloré.

Verre 10, témoin placé dans l’eau, décoloré.

Verre 11, témoin placé dans de l'encre noire, jaune d’or.

” Cette expérience est extrêmement démonstrative : elle confirme les précédentes et elle donne la sigmification exacte de l'influence des rayons violets. Ces rayons décolorent très rapidement le sérum.

Il faut que la teinte violette soit extrêmement foncée pour que l'action des rayons soit empêchée tout au moins momentané- -ment. C'est ce qui s'était produit dans les deux premières expériences avec des gélatines trop colorées et entourant plusieurs ois J’ampoule..

Il n’y a donc plus de trou dans cette action des différentes radiations du spectre. La décoloration du sérum est minimum dans les radiations du côté rouge et elle va en augmentant dans la partie violette du spectre.

4 Expérience

J'ai voulu vérifier une dernière fois cette influence des radiations lumineuses en opérant avec trois couleurs, en laissant de «côté les couleurs complémentaires.

J'ai placé comme précédemment dans des vases Borrel une ampoule de sérum dans trois couleurs. J'ai fait trois solutions

aqueuses de carmin, de jaune de résorcine et de bleu de méthylène, ayant très sensiblement la même intensité colorante. Des témoins furent mis, l'un dans l’air, l’autre dans de l’encre noire. L'expérience, commencée le 14 février, donne les résultats suivants le 20, c’est-à-dire après six jours d'exposition à la lumière :

rouge carmin jaune jaune de résorcine jaune = bieu de méthylène décoloré témoin dans l'air décoloré témoin dans l’encre jaune

La question est donc parfaitement résolue expérimentalement.

La conclusion très ferme à tirer de cet ensemble d'expériences est que l’action décolorante de la lumière du jour est maximum. dans la partie violette du spectre, et qu’elle va en diminuant au fur et à mesure qu’on va vers la partie rouge.

Action de la lumière électrique

Cette influence pouvant avoir un intérêt pratique considérable, j'ai tenu à déterminer si les rayons produits par les lampes à incandescence dont nous nous servons habituellement exerçaient leur action sur la coloration du sérum, et dans quelles limites, si cette action se manifestait.

Un appareillage de, fortune, en fil de fer, fut monté devant une lampe de 50 bougies, de telle façon que 6 ampoules puissent tenir sur une ligne, face à la lampe et à 20 centimètres d'elle. Les expériences ont été faîtes la nuit, pour éliminer complètement laction de la lumière diffuse. Après chaque exposition, les ampoules étaient enveloppées de papier noir et mises à l'obscurité. Un témoin, entouré de papier noir, fut gardé pour chaque opération.

La plus longue expérience a été poursuivie pendant 70 heures. Après ce temps d'exposition, la comparaison des ampoules exposées et du témoin a permis de voir qu’il n’y avait aucune différence appréciable. J'ai montré, plus haut, que la lumière du jour, agissant pendant 30 heures, changeait la coloration du sérum; une exposition à la lumière électrique pendant un temps double ne produit aucun changement. Je puis donc conclure que, pratiquement, la lumière électrique est sans action sur la. coloration du sérum normal.

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