‹ Étude Sur La Coloration Du Sérum Normal De ChevalChapitre 28 sur 28 · NÉ OU · texte numérisé non relu

NÉ OU

fier moi-même, sur un très grand nombre de sérums de chevaux que cette réaction n’est pas toujours constante; elle existe très souvent, mais parfois elle fait défaut.

2° La réaction s’atténue avec le temps

Ce que nous savons des divers agents physiques, agissant sur le sérum, nous explique parfaitement que cette réaction puisse s’atténuer.

Puisqu’il s’agit, en fait, d’une réaction de pigment biliaire, toute influence qui modifie la réaction de la bilirubine modifiera en même temps la réaction avec l’acide trichloracétique.

3° Il est possible de se rendre compte si un sérum est vieux ou frais

Il m'est absolument impossible de souscrire à cette proposition. Il faudrait, pour qu'elle ait une base apparente de vérité, que tous les sérums aient à l’origine la même coloration. Or, je viens de démontrer, au cours de ce travail, que la coloration du sérum change avec le même cheval, suivant, par exemple, le nombre de saignées qu’il a subies; un sérum peut parfaitement être très récent et être décoloré, au moment même de la récolte et, au contraire, un sérum très coloré à l’origine peut garder très très longtemps sa coloration s'il est conservé à l’abri absolu de la lumière. La proposition énoncée est donc fausse.

4° Cette coloration ne se produit pas avec d’autres sérums que celui du cheval

Cette proposition est incomplètement vraie. J'ai vérifié la réaction sur :

4 sérums de porc (e — bœuf 5 — mouton 6 — lapin 4 — cobaye 8 — chien

2 — âne Je n’ai jamais obtenu la réaction dans aucun cas. Mais, avec 10 sérums de mulet, j'ai obtenu 10 fois la réaction.

Gr =

Le sérum du mulet se conduit donc à cet égard comme celui du cheval.

En résumé, cette action de l'acide trichloracétique, presque constante chez le cheval, existe aussi chez le mulet, à l’exclusion des autres animaux examinés. Elle est le témoin de la présence de pigments biliaires, mais elle ne peut servir en aucun cas à diagnostiquer l’âge du sérum.

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J'ai voulu vérifier, à titre de contrôle, comment se comporterait une solution de bilirubine pure, comparativement à du sérum.

J'ai fait une soluion de bilirubine, dans la proportion où elle existe dans le sérum de cheval, c’est-à-dire une solution à environ I pour 8.oco. Cette solution n’a pas tout à fait la teinte du sérum, mais l'intensité du jaune est sensiblement comparable. ,

Cette solution est mise dans des tubes de verre et placée à côté d'un nombre égal de tubes contenant du sérum. En même temps, le même nombre de tubes contenant la solution et du sérum est placé à l’obscurité, enveloppé de papier noir.

On voit la décoloration survenir peu à peu dans les deux séries de ‘tubes placés à la lumière; au début, elle est plus marquée dans les tubes contenant le sérum.

Au bout de deux mois, le sérum et la bilirubine exposée à la lumière sont complètement incolores, alors que les tubes enveloppés de papier noir ont gardé leur coloration initiale. |

Cette expérience, à elle seule, est une démonstration de tout Ce qui à été vérifié au cours de ce travail.

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Conclusions générales

1° La coloration du sérum normal de cheval est due à la présence de faibles quantités de bilirubine (1 gr. pour 7.950 centimètres cubes).

2° Lorsqu'un sérum est d’une belle teinte jaune, la bilirubine est mise facilement en évidence par la réaction de Hayem. Au fur et à mesure que la coloration devient plus pâle, la quantité de bilirubine diminue, et dans un sérum décoloré, il est impossible de la mettre en évidence.

3° La teinte du sérum d’un même animal devient plus pâle “au cours de saignées successives.

4° Un sérum pâlit proportionnellement au temps écoulé depuis sa récolte, mais il pâlit d'autant moins qu’il avait une teinte plus accusée lors de son obtention.

5° La lumière est le facteur prépondérant de la décoloration du sérum; l'oxygène de l’air n'intervient que très faiblement dans ce phénomène. LS

6° L'action décolorante est maximum dans la partie bleue et violette du spectre; elle est minimum dans la partie jaune ‘et rouge.

7° La lumière électrique paraît être sans influence sur le sérum.

8° Les rayons ultra-violets décolorent très rapidement le ‘sérum. .

0° La chaleur modifie la coloration d'autant plus vite que la température est plus élevée. Son influence se manifeste déjà à une température de 30°, mais seulement au bout de six jours.

10° L'influence des chauffages successifs à 55° est pratiquement sans influence sur la couleur du sérum, dans les limites de temps où sont faites les tyndallisations.

11° Lé sérum coagulé, déjà décoloré par la chaleur, garde néanmoins une légère teinte jaune. Il continue à se décolorer sous l'influence de la lumière.

12° La réaction colorée du sérum traité par l'acide trichloracétique est due à la présence de pigments biliaires.

Cette réaction se produit très fréquemment, mais pas toujours, avec le sérum de cheval; on peut la mettre en évidence avec le sérum de mulet; elle n’existe pas avec les autres sérums d'âne, de bœuf, de mouton, de porc, de chien, de lapin et de cobaye.

Vu : Vu :

Le Directeur de l'École Le Professeur de Nationale Vétérinaire de Lyon, l'Ecole Vétérinaire de Lyon, F.-X. LESBRE. J. BASsET.

Ne Le Président de la thèse, Le Doyen, EF. ARLOINC.

Jean LÉPINE.

Vu et permis d'imprimer :

Lyon, le 25 octobre 1924; Le Recteur, Président du Conseil de l'Université, CAVALIER.

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