‹ Étude Sur La Coloration Du Sérum Normal De ChevalChapitre 6 sur 28 · ADR HIER EPP ERA · texte numérisé non relu

ADR HIER EPP ERA

On mêle, pour l'usage, 5 c.c. de la solution À avec 0,15 c.c. de la solution B. On observe la réaction colorée sur fond blanc à la lumière réfléchie (1).

Méthode de Auché. — I1 reproche à la méthode de Hayem, même modifiée, d’être peu sensible et de forcer à constater des nuances limites toujours difficiles à saisir ; il en propose une autre basée sur le principe suivant : laisser de côté les réactions de coloration et de fluorescence et chercher dans le spectre, la bande, dans le rouge, en solution alcaline.

Îl recommande le procédé suivant: on place dans un petit tube 2 à 3 c.c. de sérum donnant une épaisseur de 8-10 centimètres, on ajoute 2 gouttes de cyanure de zinc ammoniacal (10 gr. de cyanure de zinc dissous dans 100 c.c. d’ammoniaque); puis, goutte à goutte, une solution iodée au 1/100° en surveillant l’apparition de la bande. Quand elle apparaît, on ajoute encore 2 à 3 gouttes de la solution iodée et quelques gouttes d’ammoniaque.

Il est rare, d’après cet auteur, qu’on n’ait pas de résultat sous 10 centimètres d'épaisseur. Avec le sérum de cheval, il suffit souvent de 1/2 ou 1 cm. car ilest toujours très chargé de pigments.

(1) Je rappelle que la diazo-réaction d’Erlich est basée sur ce fait que l'acide sulfanilique, en se combinant avec les amines aromatiques, en présence d'acide azoteux, donne des produits de condensation colorés appelés diazoïques. Certaines urines donnent une coloration intense par ce réactif.

. Méthode colorimétrique. — Plus il y a de bilirubine dans le sérum, plus sa teinte jaune est intense; il est donc possible d'appliquer à son dosage une méthode basée sur la coloration, sauf dans les cas où il y a trop d’hémoglobine ou lorsque le sérum est lactescent. La méthode la plus pratique est celle de Gilbert, Herscher et Posternak. Elle est basée sur ce principe que, dans un sérumartificiel, l'anneau bleu correspond toujours à une concentration définie de la bilirubine. En diluant le sérum initial et le sérum artificiel, on peut calculer la quantité de bilirubine contenue dans le sérum, connaïssant la teneur en bilirubine qui fait apparaître l'anneau bleu. Ces auteurs ont fait construire un appareil propre à faire ce dosage, auquel ils ont donné le nom de « cholémimètre ».

La méthode de Stadelmann, qui consiste à peser les pigments isolés, n’est pas applicable au sérum; celle de A. Jolles, qui consiste à transformer la bilirubine par l’iode, ne convient pas non plus à cette recherche.

D'après Hijmans van den Berg, il n’existerait pas qu’une seule réaction colorée; il distingue une réaction prompte qui s'effectue en quelques secondes avec le diazo-réactif et une réaction ralentie qui se produit au bout de 30 secondes au plus. Selon lui, cela. est dû à üne différence dans la composition chimique de la bilirubine ou dans:sa liaison avec d’autres corps. La réaction prompte caractériserait la bilirubine hépatique (bilirubine de stase) et la réaction lente, la bilirubine originaire du système cellulaire réticulo-endothélial (rate et ganglions); c’est la bilirubine de Lepehne, témoin d’une hémolyse excessive. Entre les deux, il existe une réaction diaphasée, ou après un léger changement de couleur, la réaction s’arrête pour se poursuivre et ne s'achever qu'après quelque temps; elle serait due à l’existence de deux espèces de bilirubine.

On voit que le problème ainsi posé devient extrêmement complexe et il faut attendre de nouvelles études précises pour vérifier cette hypothèse.

La méthode employée par cet auteur repose sur le fait qu'en désalbuminant du sérum avec de l'alcool, les pigments passent dans ce dernier. On prend du sérum, et on lui ajoute de l’al-

ue

cool; les albumines coagulent. On centrifuge et on puise le liquide clair. On le met dans le bac du colorimètre, et on y ajoute le mélange diazo (acide sulfanilique chlorhydrique plus nitrite de soude). On y met aussi un peu d'alcool pour dissoudre .les corps gras. On compare alors la teinte obtenue à celle d’une solution de sulfocyanure de fer dans l’éther dont l'intensité correspond à une solution donnée de bilirubine; et on calcule la valeur en bilirubine du sérum employé.

En résumé, de toutes ces méthodes de recherche de la bilirubine, une seule paraît vraiment pratique lorsqu'il s’agit du sérum; c'est la caractérisation de l'anneau bleu par l'acide nitrique nitreux. Nous avons vu que cette réaction appartient en propre à la bilirubine et non à d’autres corps.

Suivant la concentration en bilirubine du liquide examiné, la sensibilité de la réaction varie dans d’assez grandes limites : la série des anneaux colorés apparaît seulement lorsque la concentration atteint ou dépasse I pour 3.500.

Si la concentration est inférieure à 1 pour 7.000 l'anneau bleu seul se détache nettement sur le coagulum albumineux; si la concentration est inférieure à I pour 40.000, on n'obtient plus aucune réaction.

UROBILINE

On sait que, si l’on fait agir sur la bilirubine un agent réducteur, il se forme de l’urobiline, ou un corps plus réduit, le chromogène de l’urobiline, qui peut redonner de l’urobiline par oxydation. |

L'urobiline ne se trouve dans le sérum qu’en très faible proportion ; il est rare qu’on l’y rencontre en grande quantité.

Elle peut être caractérisée par le spectroscope (bande entre le bleu et le vert, en milieu acide), ou bien par la fluorescence qu’elle acquiert lorsqu'elle est traitée par un sel de zinc. :

A. Morel et O. Monod ont donné une technique de recherche très sensible. Pour eux, le caractère le plus typique de l’urobiline est la fluorescence verte qu’elle donne en présence des sels de zinc, mais leur technique se caractérise par un épuisement plus parfait du liquide, et son éclairage intensif.

On ajoute à 2 cc. de sérum, 10 fois le poids d'alcool éthylique à 95° et on chauffe pendant 1/2 heure à l’ébullition, au bainmarie, au réfrigérant ascendant. La solution alcoolique, séparée du coagulum par essorage, est concentrée au bain-marie à 3 cc. On additionne d’une goutte du réactif d'Obermayer (1) dilué à 1 0/0, puis on ajoute 2 cc. du réactif suivant :

ACCtAl de ZINC ER Er Ur I gramme AICOO PA RONN OEM PURREN AT 100 grammes ACILE ACER RARE EEE TE AE jusqi'à clarification

On abandonne le mélange 24 heures, on filtre ou on centrifuge, et on verse dans un tube à essai. On place alors ce tube au foyer d’un système optique convergent puissamment éclairé (lampe à arc, à magnésium ou même manchon incandescent). On décèle ainsi des traces d’urobiline indécelables par d’autres méthodes. ;

Grigaut a préconisé la méthode suivante on ajoute à 10 cc. de sérum, IO cc. du réactif suivant :

Perchiorure eme Per re 5 gouttes A Cite ace AUTO Dent RE ete 20 cc.

CÉAU SRI ER eee LRU 80 cc.

Le mélange, préalablement saturé de sulfate de soude, est porté à l’ébullition, dans une capsule, en l’agitant. On filtre, et l’urobiline passe dans le filtrat, alors que les pigments restent sur le filtre. On ajoute au filtrat 4 ce. de chloroforme thymolé à 15 0/0 (Auché) ; le chloroforme se sépare et on le reçoit dans un tube; on ajoute la solution d’acétate de zinc dont nous avons donné la formule, jusqu'à cessation du précipité ; on obtient alors la fluorescence caractéristique.

La présence de pigments biliaires gênant la recherche de l’urobiline, Grimbert et Poirot viennent de donner tout récemment

(x) Réactif d'Obermayer :

: Perchlorure de fer : 4 cc.

Acide chlorhydrique pur : 1.000.

une nouvelle technique pour la recherche de ce corps, qui consiste à transformer la bilirubine en biliverdine insoluble dans le chloroforme; puis, après épuisement par le chloroforme, à ajouter à ce dernier une solution chloroformique d’acétate de zinc. Cette méthode à été préconisée pour la recherche de l’urobiline dans le liquide duodénal, mais elle peut s'appliquer au sérum, à condition de le diluer pour ne pas être trop gêné par le magma dû aux précipitations.

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