LA MONADE A L'ŒUVRE
§ I. — Construction des Véhicules.
Considérons maintenant l’œuvre de la Monade construisant ses véhicules, lorsqu’elle a comme représentants — sur le troisième, le quatrième et le cinquième plans — Atmâ, Bouddhi, Mânas, avec le corps causal comme réceptacle, magasin de réserve où sont accumulés les résultats des expériences de chaque incarnation.
Au terme de chaque période de vie, c’est-àdire à la fin de chaque existence dévachanique, la Monade doit donner un nouvel élan d’activité aux « noyaux » des trois différents corps qu’elle, doit habiter dans sa nouvelle existence. Elle ré-
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veille en premier lieu le noyau du corps mental. Ce réveil consiste en un flot de vie qui va toujours en augmentant, et qui s’écoule à travers les spirilles. Il faut se rappeler que lorsque les unités permanentes se sont « endormies » le flux normal de la vie a diminué dans les spirilles, et, durant toute la période de repos, il est presque imperceptible et peu abondant (i). Quand l’heure de la réincarnation sonne, les spirilles entrent en vibration sous Timpulsion de la vie, et les unités permanentes les unes après les autres se transforment pour ainsi dire en aimants et attirent autour d’elles la matière appropriée. Lorsque l’unité mentale est ainsi appelée à ^activité, elle se met à vibrer fortement, selon les pouvoirs vibratoires — résultats d’expériences passées — qui se trouvent accumulés en elle et attire et dispose autour d’elle la matière appropriée du plan mental. Une barre de fer doux se transforme en aimant lorsqu’on fait passer un courant électrique dans un fil enroulé autour d’elle^ et la matière qui se trouve dans le champ magnétique de cet aimant se dispose instantanément autour de ses pôles; de même Tunitémentale permanente, lorsqu'elle est enveloppée par le courant de vie, devient un véritable aimant et (i). Voir chap. IV, § 4-5.
la matière qui se trouve dans le champ d’action de ses lignes de force, s’arrange autour d’elle et forme un nouveau corps mental. La nature de la matière ainsi attirée sera en rapport avec la nature plus ou moins complexe de l’unité permanente. Non seulement elle sera plus ou moins grossière, mais elle variera quant au développement des atomes qui entrent dans la composition de ses agrégats. Les molécules attirées seront composées d’atomes dont les pouvoirs vibratoires seront identiques à ceux de l’unité qui joue le rôle d’aimant, ou s’en rapprocheront beaucoup, et seront en harmonie avec eux. C’est donc du stage d’évolution de l’individu que dépendra le développement de la matière de son nouveau véhicule mental. C’est ainsi que pour chaque incarnation il y a un corps mental approprié. Ce processus se répète exactement sur le plan astral pour la construction du nouveau corps astral. Le noyau astral — l’atome astral permanent — est réveillé à son tour et agit de la même façon.
L’homme se trouve ainsi revêtu de nouveaux corps mental et astral qui indiquent le degré de son évolution et permettent à ses facultés et à ses pouvoirs de se manifester d’une façon précisé dans leur monde respectif.
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Mais lorsqu’on arrive à la construction du véhicule sur le plan physique, un nouvel élément entre en jeu. Pour ce qui est de la monade, le travail est le même. Elle réveille le noyau physique — l’atome physique permanent — et celui-ci se transforme en un aimant comme les précédents. Mais il semble qu’à partir de ce moment une entité intervienne dans l’attraction de la matière et sa disposition dans le champ magnétique : l’élémental chargé de façonner le double éthérique d’après le modèle donné par les Seigneurs du Karma, se montre alors et vient prendre la direction du travail. Les matériaux sont rassemblés de la même façon que lorsqu’un ouvrier rassemble les pierres pour la construction d’une maison, mais c’est le maîtremaçon qui les examine et les accepte ou les rejette et les dispose suivant le plan de l’architecte.
On se demandera : Pourquoi cette différence?
Pourquoi sur le plan physique, où nous pouvions nous attendre à voir le même processus se répéter, un pouvoir étranger doit-il enlever au propriétaire de la maison le soin d’en diriger lui-même la construction. La réponse est que par là l’individu ne fait qu’obéir à la loi de Karma. Sur les plans supérieurs l’homme ma-
nifeste par ses véhicules tous les pouvoirs qu’il a développés et n'a pas à s’occuper des liens karmiques qu’il a créés dans le passé. Chaque centre de conscience agit sur ses plans dans son cercle particulier ; ses énergies sont dirigées sur ses propres véhicules et la somme de ces énergies qui se manifestent dans le véhicule physique influence tout l’entourage. Par ces relations avec l’entourage, le Karma de l’individu sur le plan physique se complique, et le véhicule qu’il habite durant une vie donnée doit être de nature à permettre au Karma de se manifester en lui.
C’est ce qui montre la nécessité de l’intervention directrice des Seigneurs du Karma. Si l’individu avait atteint un point d’évolution où il pourrait entrer en relations avec son entourage sur d’autres plans, nous verrions apparaître sur ces plans les mêmes limitations dans son pouvoir de façonner ses véhicules. Dans la sphère de ses activités extérieures, quelles qu’elles soient, ces limitations se présentent inévitablement.
C’est pourquoi le façonnement du corps physique est dirigé par une autorité plus haute que celle de l’individu, et il est forcé de passer par les conditions de race, de nation, de famille, de circonstances, déterminées par ses activités passées. Cette action restrictive du Karma exige la
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construction d'un véhicule qui ne sera qu’une expression partielle de la conscience — partielle, non seulement parce qu’une grande partie de son pouvoir ne peut se manifester à cause de la grossièreté des matériaux, mais encore à cause des limitations extérieures dont nous avons parlé plus haut. Une grande partie de la conscience — bien qu’elle soit prête à se manifester sur le plan physique — peut se trouver ainsi entravée dans son expression, et une petite portion seulement pourra se manifester sur le plan physique sous forme de conscience de veille.
Ce qu’il nous faut étudier maintenant dans cette œuvre d’élaboration des véhicules, c’est le travail spécial de 1 organisation des véhicules comme expressions de la conscience ; nous laisserons de côté la construction qui se fait sous 1 action des désirs et des pensées, car nous la connaissons déjà. Nous nous occuperons ici des détails plutôt que des grandes lignes.
Nous savons que, tandis que c’est lors de la descente du Deuxième Logos que les qualités sont conférées a la matière, c'est à Son ascension qu’appartient la tâche de disposer ces matériaux spécialisés en formes relativement permanentes. Lorsque la Monade — par l’intermédiaire de son image réfléchie, l’Homme Spirituel — s'arroge
un certain pouvoir sur ses véhicules, elle se trouve en possession d’une forme dans laquelle le système nerveux sympathique joue un très grand rôle, mais dans lequel le système cérébro-spinal ne prédomine pas encore. Elle aura à former un certain nombre de liens entre le système sympathique dont elle hérite, et les centres qu’elle doit organiser dans son corps astral afin de pouvoir y fonctionner à l’avenir d’une façon indépendante. Mais, avant que toute activité indépendante dans un véhicule supérieur quelconque soit possible, il est nécessaire que la Monade ait fait de ce véhicule — et dans une assez grande mesure — un véhicule transmetteur y c’est-à-dire un véhicule par l’intermédiaire duquel elle pourra agir jusque dans le corps physique. Il faut faire une distinction entre le travail initial d’organisation des véhicules astral et mental — organisation qui les rend aptes à transmettre une partie de la conscience de THomme Spirituel — et le travail ultérieur de développement qui a lieu dans ces mêmes véhicules et en fait des corps indépendants dans lesquels l’Homme Spirituel peut fonctionner sur le plan correspondant à chacun d’eux. Il y a donc un double travail à accomplir ; d’abord l’organisation des corps astral et mental en véhicules
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transmettant la conscience au corps physique ; et ensuite l’organisation de ces véhicules en corps indépendants, dans lesquels la conscience peut fonctionner sans Taide du corps physique.
Les véhicules astral et mental doivent donc être organisés à seule fin que l’Homme Spirituel puisse se servir du cerveau physique et du système nerveux comme d’organes de la conscience sur le plan physique. Lfinfluence qui le pousse à se servir de ces instruments lui vient du plan physique sous l’action des impacts qui viennent frapper les différentes terminaisons nerveuses et donnent naissance à des vagues de force nerveuse qui remontent le long des nerfs jusqu’au cerveau : ces ondes passent ensuite du cerveau physique au corps éthérique et de là au corps astral et enfin au corps mental, et provoquent une réponse de la conscience, dans le corps causal sur le plan mental. Cette conscience, éveillée par ces impacts de l’extérieur donne naissance à des vibrations qui en réponse émanent du corps causal et atteignent le corps mental ; de là elles passent au corps astral, puis au corps éthérique et enfin au corps physique dense ; ces vagues produisent des courants éthériques dans le cerveau éthérique et ces courants réagissent sur la matière dense des cellules nerveuses.
Toutes ces activités vibratoires organisent graduellement les premiers nuages informes de matière astrale et mentale, et en font des véhicules qui fourniront à ces actions et réactions un terrain dans lequel elles pourront s’exercer avec effet. Ce processus se continue pendant des existences sans nombre, commençant, comme nous Tavons vu, en bas, mais tombant de plus en plus sous le contrôle de l’Homme Spirituel, celui-ci commence à diriger ses activités en se basant sur le souvenir qui lui reste des expériences passées et commence chacune de ces activités sous l’incitation de ce souvenir stimulé par le désir. A mesure que ce processus marche de l’avant, l’action directrice émanant de l’intérieur devient de plus en plus sensible, et les attractions et les répulsions des objets extérieurs perdent peu à peu leur pouvoir directeur ; de sorte que l’influence extérieure perd peu à peu tout contrôle dans la construction des véhicules, et ce contrôle a dès lors son centre à l’intérieur.
A mesure que les véhicules se perfectionnent, il s’y forme certains agrégats de matière, vagues, imprécis tout d’abord, mais qui peu à peu prennent une forme de plus en plus définie. Ce sont les futurs chakras ou roues, centre sensoriels
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du corps astral, distincts des centres sensoriels astrals qui ont rapport aux organes des sens physiques et qui sont les organes du corps physique (i). Mais, pendant une immense période de temps, rien ne vient éveiller Tactivité de ces centres qui croissent très lentement; et souvent leur mise en rapport avec le corps physique se trouve retardée, même lorsqu’ils ont commencé à fonctionner sur le plan astral; car cette liaison avec le corps physique ne peut s’accomplir que par l’intermédiaire du véhicule physique dans lequel réside la force ardente de Kundalinî.
Avant que Kundalinî ne puisse les atteindre, de telle façon qu’ils puissent transmettre leurs observations au corps physique, il faut que ces centres soient reliés au système nerveux sympathique, et les grandes cellules gaaglioniques de ce système constituent les points de contact. Quand ces liens se trouvent établis, le courant ardent peut se déverser librement, et les observations de faits du plan astral pourront être transmises d’une façon précise au cerveau physique. Bien qu^'ils ne puissent être reliés au véhicule physique que de cette façon seulement, leur construction en tant que centres et leur organisation graduelle en roues peut avoir pour point (0 Voir chap. VII, g 2.
de départ un véhicule quelconque, et pour chaque individu elle partira du véhicule qui représente le type spécial de tempérament de cet individu. C’est le type de tempérament de l’individu qui détermine la place où se déploiera la plus grande activité dans la construction des véhicules et leur transformation graduelle en instruments parfaits de la conscience qui va se manifester sur le plan physique. Ce centre d’activité peut être localisé dans le corps physique, le corps astral ou le corps mental inférieur ou supérieur. Dans tous ces corps, et même dans d’autres plus élevés encore — selon le tempérament de l’individu — nous trouverons ce centre dans le principe qui caractérise le tempérament, et c’est de ce principe que le centre agira « vers le haut et « vers le bas », façonnant les véhicules de façon à les rendre aptes à manifester les caractéristiques de ce tempérament.
§ 2 . — Évolution de l’Homme.
Pour mieux comprendre ce qui se passe, nous prendrons un cas spécial — un tempérament dans lequel l’intelligence concrète prédomine. Nous al-
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Ions suivre l’HommeSpirituel dans ses pérégrinations à travers la troisième, la quatrième et la cinquième Race-Mère. Si nous l’examinons lorsqu il agit au sein de la troisième race, nous trouvons que son niveau mental est très bas, bien que la note prédominante de son type soit l’intellect. La vie qui est en pleine activité autour de lui, mais qu’il ne peut ni comprendre ni maîtriser, exerce sur lui, du dehors, une puissante influence et affecte profondément son véhicule astral. Ce véhicule retient les impressions qu’il reçoit — en vertu du tempérament de l’individu ^ et les désirs viennent stimuler la jeune intelligence, la poussant à faire des efforts pour leur accorder satisfaction. La constitution ph3^sique diffère de l’homme de la cinquième race; le système sympathique prédomine encore et le système cérébro-spinal lui est entièrement subordonné. Mais certains centres du système sympathique commencent à perdre de leur valeur effective en tant qu’instruments de la conscience, car ils appartiennent, comme tels, à un degré d’évolution inférieur au stade humain. Il y a dans le cerveau deux corps qui, à l’origine .sont reliés d’une façon spéciale au système sympathique, quoique de nos jours ils fassent partie du système cérébro-spinal — ces corps sont : la glande pinéale et^le corps pi-
tuitaire. Ces deux organes nous montrent comment une même partie du corpspeut à une période donnée fonctionner d’une certaine façon, puis perdre par la suite cette fonction particulière et ne plus agir que faiblement, et enfin, à un stade d'évolution ultérieur, retrouver son activité sous l'influence d’un courant de vie supérieur qui vient lui donner une utilité nouvelle, une fonction plus élevée.
C'est chez les invertébrés plutôt que chez les vertébrés que ces corps se développent, et c’est pourquoi les biologistes appellent le « troisième œil » r « œil des invertébrés ». Cependant on trouve encore cet organe chez certains vertébrés, chez lesquels il tient lieu d’œil; on a par exemple découvert il y a quelque temps en Australie un serpent qui présentait au sommet de la tête une disposition particulière d’écailles à demi transparentes; lorsqu’on enleva ces écailles on trouva un œil — complet dans tous ses détails — mais ne fonctionnant pas. Ce troisième œil fonctionnait chez les Lémuriens de cette façon vague et imprécise qui caractérise les stages inférieurs de Tévolution,surtout pour le systèmesympathique. Lorsque l’homme passa graduellement de la race Lémurienne à la race Atlantéenne, ce troisième œil perdit son activité; le cerveau se développa autour
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de lui et il se transforma en cet appendice que nous appelons aujourd’hui la glande pinéale.
Dans la race lémurienne, Thomme était essentiellement ps}xhique, car son système sympathique était très sensible aux vibrations du corps astral, non organisé à cette époque. Dans la race atlantéenne, il perdit peu à peu ses facultés psychiques, à mesure que le système sympathique prenait une importance secondaire et que le système cérébro-spinal se développait.
La croissance du système cérébro-spinal est plus rapide chez l’Atlante du type que nous étudions, que chez ceux d’un type différent, car chez lui l’activité principale est centrée dans l’intelligence concrète, la stimule et la façonne; le corps astral perd plus tôt sa prédominance et devient plus rapidement un instrument de transmission des vibrations mentales jusqu’au cerveau. Aussi lorsque cet individu passera dans la cinquième race, il sera tout prêt à prendre avantage de ses caractéristiques, il se construira un cerveau fort et bien proportionné; il se servira de son corps astral surtout comme un instrument de transmission et construira ses véhicules en partant du plan mental.