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CHAPITRE III

OCCUPATION DU TERRAIN

I I. — L’Arrivée des Monades.

Lorsque l’univers dans sa forme quintuple est prêt, lorsque les cinq plans avec leurs sept sousplans respectifs sont complètement terminés — quant à leur constitution primitive— alors commence l’activité du Second Logos, le Constructeur et le Préservateur des Formes. On a donné à cette activité le nom de Deuxième Vague de Vie ; c’est elle qui déverse dans l’univers entier ses torrents de Sagesse et d’Amour — la Sagesse, qui est la force directrice nécessaire à l’organisation et l’évolution des Formes ; l’Amour, cette force attractive qui maintient les formes ensemble et leur donne de la stabilité dans toutes

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leurs combinaisons si complexes. Lorsque ce grand courant de Vie du Logos se déverse dans le quintuple champ de la Manifestation, il fait entrer en activité les Monades, les Unités de Conscience, prêtes à commencer leur évolution et à s’envelopper dans la matière.

Il n’est pas tout à fait exact de dire que les Monades entrent en activité; il serait plus juste de dire qu’elles se mettent à rayonner, à envoyer de tous côtés leurs rayons de vie. Car ellesmêmes demeurent toujours « dans le sein du Père », et ce sont leurs rayons de vie qui s’élancent, eux, dans l’océan de la matière, où ils s’approprieront les matériaux qui leur sont nécessaires pour agir dans l’univers ; ils s’emparent de la matière, la rendent plastique et la façonnent en véhicules appropriés.

H. P. Blavatsky a décrit cette émanation en termes graphiques allégoriques, employant un symbolisme beaucoup plus expressif que les

mots ordinaires; «.Le Triangle Primordial,

qui,dès qu’il s’est reflété dans « PHomme Céleste », le plus élevé des Sept Supérieurs, disparaît et retourne dans « le Silence et les Ténèbres »; et l’homme astral paradigmatique, dont la Monade (Atmâ) est représentée aussi par un triangle, car elle doit devenir ternaire durant les inter-

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valles de vie dévachanique consciente » (i). Le triangle primordial, ou la Monade à trois faces — Volonté, Sagesse, Activité — se reflète dans « l’Homme des Cieux» sous forme d’Atmâ-Bouddhi-Manas, et « retourne dans le Silence et les Ténèbres ». Atmâ — appelé souvent la Monade de l’homme inférieur ou homme astral — doit devenir ternaire, devenir une unité à trois faces, en s’assimilant Bouddhi et Manas. L’expression « se refléter » a besoin d’être expliquée. D’une façon générale, on emploie le mot réflection pour indiquer qu’une force, manifestée sur un plan supérieur, réapparaît sur un plan inférieur, où elle se trouve conditionnée par une matière d’espèce plus grossière, de sorte qu’elle perd une certaine partie de son énergie effective, et apparaît sur ce plan inférieur sous une forme amoindrie. Dans le cas spécial qui nous occupe en ce moment, ce terme signifie qu’un courant de vie découle de la Monade et prend comme enveloppe un atome de chacun des trois plans supérieurs du champ d’évolution — le troisième, le quatrième et le cinquième — produisant ainsi « l’Homme des Cieux », le « gouverneur Vivant, Immortel », le Pèlerin qui doit évoluer dans

(i) Secret Doctrine^ III, p. 444.

un système qui a été construit tout entier dans ce but.

« De même que les ondes puissantes du Soleil produisent dans la matière les vibrations que nous appelons Ses rayons (qui représentent sa chaleur, son électricité et d’autres de ses énergies), de même la Monade produit une vibrationdans la matière atomique, des plansâtmique, bouddhique et mânâsique — qui l’enveloppent de la même façon quel’éther de l’espace enveloppe le Soleil — et cette vibration est de nature triple comme la Monade elle-même. Elle est aidée dans cette tâche par des Dévas venus d’un univers antérieur,et qui ont déjà passé par des expériences semblables. Ces Dévas guident l’onde vibratoire émanant de l’aspect Volonté, et la dirigent sur l’atome ât- P^iq^e — et cet atome vibrant sous l’influence de l’aspect Volonté, devient Atmâ ; ils guident et dirigent sur l’atome bouddhique l’onde vibratoire venant de l’aspect Sagesse, et cet atome bouddhique, vibrant dès lors sous l’action de l’aspect Sagesse, devient ce que nous appelons Bouddhi ; toujours de la même façon ils dirigent l’onde vibratoire provenant de l’aspect Activité sur l’atome mânâsique, et cet atome vibrant sous l’action de l’aspect activité devient Mânas. C’est de cette façon que se trouve formé l’Atmâ-Boud-

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dhi-Manas, la Monade dans le monde manifesté, le Rayon de la Monade qui, elle, reste toujours en dehors de cet univers quintuple. Voilà le mystère du Veilleur, du Spectateur, de l’Atmâ inactif qui, dans sa triple nature, demeure toujours sur son propre plan, et vit dans le monde des hommes, par son Rayon, qui vient animer les ombres fugitives et les vies éphémères d’ici-bas... Ces ombres agissent sur les plans inférieurs, animées par l’influence de la Monade qui envoie cette influence sous la forme d’une Image d’elle-même, d’un Rayon; cette influenceestbien faible d abord, si faible que c’est àpeinesielleest perceptible, mais elle devient peu à peu de plus en plus sensible» (i).

Cet Atmâ-Bouddhi-Manas, c’est l’Homme des deux, l’Homme Spirituel ; c’est l’expression de la Monade, dont les trois aspects Volonté, Sagesse, Activité, deviennent en se réfléchissant Âtmâ, Bouddhi et Manas. On peut donc considérer l’Âtmâ humain comme l’Aspect Volonté de la Monade, animant un atome âkâshique ; Bouddhi, comme l’Aspect Sagesse animant un atome de l’air (la flamme divine); et Manas comme l’Aspect Activité animant un atome du feu.

(i) Pedigree of Man, p. 25-27, avec un léger changement, ce passage s’appliquant, dans ce livre, à la quatrième chaîne seulement.

Cette triadespirituelle d’Âtmâ-Bouddhi-Manas, l’Homme Céleste comprend donc les trois aspects ou énergies, de la Monade incorporée dans la matière atomique; c’est « l’Esprit» dansThomme le Jivâtmâ ou Soi Vital, le Soi Séparé (i); c’est l’Esprit à l’état de germe et, dans son troisième aspect, r « Ego enfant ». En essence, cette triade est identique à la Monade, elle est la Monade même ; mais sa force et son activité se trouvent amoindries par les voiles de matière qui l’enveloppent. Mais cet affaiblissement de pouvoir ne doit cependant pas nous faire oublier l’identité de nature ; il faut toujours se rappeler que la conscience humaine est une unité, et que, bien que ses manifestations se présentent sous des formes variant à l’infini, ces différences sont dues uniquement à la prédominance de l’un ou l’autre de ces aspects et à la densité relative des matériaux dans lesquels ils agissent. Les manifestations de la triade varient, il est vrai à l’infini, parce qu’elles sont conditionnées ; mais ellemême reste toujours une.

Ainsi la portion de conscience monadique qui peut se donner expression dans l’univers

(i) Le terme Jivâtmâ s’applique naturellement également à la Monade mais c’est surtout pour désigner la réflexion de cette monade qu’on l’emploie.

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quintuple, pénètre d’abord dans la matière la plus subtile de cet univers, s’incorporant dans un atonie de chacun des trois plans les plus élevés ; lorsqu’elle a ainsi rayonné et qu’elle s’est approprié ces atomes pour son usage personnel, son œuvre est commencée; sa nature subtile l’empêche encore de descendre plus bas que le plan Anupâdaka, et c’est pourquoi l’on dit qu’elle est «dans le Silence et les Ténèbres», non-manifestée ; mais elle vit et agit dans ces atomes qu’elle s’est appropriés et qui forment l’enveloppe de sa Vie sur les plans les plus rapprochés de son propre plan. Nous pouvons représenter ceci sous la forme d’un tableau.

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