I. —l’Alliance des Atomes
Considérons la Triade spirituelle, l’Atmâ- Bouddhi-Manas tri-atomique, le Jivâtmâ, la semence de conscience au sein de laquelle la chaleur du courant de vie du Logos qui l’entoure, donne naissance à de faibles tressaillements de vie responsive. Ces tressaillements sont intérieurs, et ils préparent aux activités extérieures. Après une longue préparation apparaît un mince filament semblable à une frêle radicelle, provenant de la molécule tri-atomique qui enveloppe la conscience, un fil de vie doré, dans une gaine de matière bouddhique. Un nombre incalculable de ces fils apparaissent dans
l’atome permanent
les nombreux Jivâtmâs, ondoyant vaguement, d’abord, au milieu des sept grands courants de vie, jusqu’au moment où ils «jettent l’ancre» — si l’on veut nous permettre cette expression— en s’attachant à une molécule simple, une unité, sur le quatrième sous-plan mental. Cet attachement — comme celui que nous avons vu se produire précédemment avec les trois atomes supérieurs et ensuite avec les atomes astrals et physiques — est causé par l’action des Êtres de Splendeur. Autour de cette unité attachée, s’amassent des agrégations temporaires d’essence élémentale du second règne, agrégations qui sans cesse se dissocient et se reconstituent en groupes conservant toujours comme centre cette unité attachée. Ce centre permanent, qui sert de centre à une succession infinie de formes complexes et changeantes, s’éveille graduellement sous l’action des vibrations de ces formes et commence à répondre faiblement ; et ces réponses provoquent à leur tour de faibles vibrations qui montent vers le germe de la Conscience dans laquelle elles produisent de vagues mouvements intérieurs. Il serait inexact de dire que chaque centre a toujours autour de lui une forme qui lui est propre, car une seule agrégation d’essence élémentale peut avoir plusieurs
OU même un grand nombre de ces centres en elle, tandis qu’elle peut aussi n’en avoir qu’un seul ou même pas du tout.
Avec une lenteur extrême, ces unités attachées entrent en possession de certaines qualités, c’est-à-dire qu’elles acquièrent le pouvoir de vibrer de certaines façons — en rapport avec la pensée, — vibrations qui, par la suite, rendront la pensée possible. Les Êtres de Splendeur du deuxième Règne Élémental exercent aussi, sur ces unités, leur influence, en dirigeant sur elles les vibrations auxquelles elles commencent à pouvoir répondre peu à peu, et en les enveloppant d’essence élémentale empruntée à leurs propres corps (i).
Chacun des sept groupes-types est, de plus, séparé des autres par une paroi extrêmement ténue d’essence monadique — matière atomique animée par la vie du deuxième Logos ; — c’est le commencement de l’enveloppe de l’Âme-Groupe future.
Ce processus se répète en entier lorsque le troisième Règne Élémental se trouve formé. Le minuscule filet de vie, dans sa gaine de matière bouddhique, avec son unité mentale, à laquelle il est attaché, s’efforce d’atteindre le plan des
(i) Voyez : Évolution dt la Vie et de la Formey iSi-iSz.
l’atome permanent
désirs, et s’attache à un atome astral unique dont il s’empare pour faire son centre permanent sur le plan astral. Autour de lui s’amassent comme précédemment, des agrégations temporaires d’essence élémentale du troisième Règne, se dispersant et se regroupant continuellement. Les mêmes résultats se produisent à mesure que les innombrables successions de formes viennent envelopper ce centre permanent ; sous leur influence il s’éveille, et les faibles réponses qu’il donne provoquent des vibrations qui montent à leur tour vers le germe de la Conscience dans laquelle elles produisent des mouvements imperceptibles. Ces atomes attachés entrent ainsi lentement en possession de certaines qualités ; ils acquièrent le pouvoir de vibrer de certaines façons en rapport avec la sensation, ce qui, par la suite, rendra la sensation possible. Ici, comme précédemment, les Êtres de Splendeur prennent part à ce travail, mettant en œuvre leurs pouvoirs vibratoires plus développés pour éveiller par sympathie, dans ces atomes non développés, le pouvoir de répondre aux influences qui les entourent, et en leur abandonnant une partie de leur propre substance. La paroi séparatrice de chacun des sept groupes acquiert ainsi une seconde épaisseur formée de l’essence mona-
dique du plan des désirs, et marche ainsi vers la forme qu’elle doit avoir comme enveloppe de l’Âme-Groupe à venir.
Le processus se répète à nouveau lorsque la grande Vague atteint le plan physique. Le frêle filet de vie enfermé dans sa gaine de matière bouddhique, avec ses unités mentales et astrales, auxquelles il est attaché, continue sa marche et s’empare d’un atome physique dont il va faire son centre permanent sur le plan physique.
Autour de lui viennent s’amasser des molécules éthériques ; mais la matière physique, plus lourde, est plus compacte que la matière subtile des plans supérieurs, et la vie, dans ce cas, augmente beaucoup en durée. Puis — à mesure que sont formés les types éthérés des protométaux, et plus tard les proto-métaux euxmêmes, ainsi que les métaux, les éléments nonmétalliques, et les minéraux — les Êtres de Splendeur du Règne physique éthérique plongent ces atomes attachés, enfermés dans leurs gaines éthériques, dans l’un des sept types éthérés auquel ils appartiennent respectivement et ils commencent leur longue évolution physique.
Avant de pousser plus loin cette étude, il nous faut considérer les Ames-Groupes qui reçoivent.
l'atome permanent
sur le sous-plan atomique, leur troisième enveloppe. Mais, examinons d’abord la nature et la fonction de ces atomes permanents — tri-unités ou triades— qui sont comme une réflexion, sur les plans inférieurs, des Triades spirituelles des plans supérieurs, et dont chacun est attaché à une Triade spirituelle, son Jivâlmâ. Chaque triade est composée d’un atome physique, d'un atome astral et d’une unité mentale, attachés d’une façon permanente à une Triade spirituelle par un fil de matière bouddhique. Ce fil a été appelé parfois le Sutrâtmâ, le Soi-Fil, parce que les particules permanentes sont pour ainsi dire «enfilées» comme des perles sur un cordon (i).
Nous pouvons encore représenter ceci par un diagramme :
(i) Ce terme sert à désigner plusieurs choses, maison Remploie toujours dans le même sens : le lien qui rattache entre
I 2. — La Trame de la Vie.
Nous avons vu plus haut que la Triade spirituelle et la Triade atomique étaient rattachées Tune à l’autre par un lien de matière bouddhique; c’est ce que représente dans notre diagramme la ligne pointillée qui relie entre eux les atomes qui partent de la ligne du triangle située sur le plan bouddhique et non de Tatome manâsique. C'est de matière bouddhique qu'est tissée la merveilleuse trame de vie qui soutient et vivifie tous nos corps. Si nous pouvions examiner nos corps avec la vision bouddhique, nous les verrions tous disparaître et à leur place apparaîtrait un tissu d'or étincelant, d’une délicate beauté et d’une finesse incomparable, reproduction de tous ces corps dans leurs plus minutieux détails, au milieu d'un réseau de mailles minuscules. Ce réseau est composé de matière bouddhique et au dedans de ses mailles se trouvent disposés les atomes plus grossiers. Un
elles des particules séparées. On l’applique à l’Ego en voie de réincarnation, pour montrer qu’il est le fil sur lequel sont enfilées de nombreuses vies séparées. On l’applique aussi au second Logos, pour indiquer qu’il est le Fil sur lequel sont enfilés les Êtres de son Univers ; et ainsi de suite. Ce terme implique une fonction plutôt que la présence d’une entité spéciale, ou d’une classe d’entités.
l’atome permanent
examen plus attentif nous montre que ce réseau est formé d’un seul fil, qui est la prolongation du Sûtrâtmâ; durant la vie prénatale, chez l’enfant,
ce fil croît et sort de l’atome physiquepermanent,
pour se ramifier dans toutes les directions; cette croissance se poursuit jusqu’à ce que le corps physique soit complètement formé. Durant la vie physique, le prâna, le souffle vital, se déverse continuellement le long de ce fil, le suivant dans toutes ses ramifications. A la mort, le fil se rétractant, les particules du corps se dissocient. On peut observer comme il se dégage lentement de la matière physique dense, emmenant avec lui le souffle de vie, pour se réfugier tout entier dans le cœur où il s’enroule sur l’atome permanent ; à mesure qu’il se retire, les membres abandonnés se refroidissent — et c’est son départ qui provoque « le frisson de la mort »; on voit briller autour de lui, dans le cœur, la flamme violet-doré du souffle de vie. Puis la flamme, la trame dorée de la vie, et l’atome permanent s’élèvent ensemble vers la tête, le long du Sushumna-nâdi secondaire (i), jusqu’au troisième
(i) Nous n'avons pas de terme capable de rendre cette expression. C’est un vaisseau, un canal, allant du cœur jusqu’au troisième lobe cérébral. Tous les étudiants de la Yoga le reconnaîtront sous ce nom. Le Sushumna primaire est le canal qui se trouve au centre de la colonne vertébrale.
lobe cérébral ; les yeux deviennent vitreux, tandis que le réseau vital se retire et se ramasse autour de l’atome permanent. Puis tout s'élève ensuite lentement jusqu’au point de jonction des sutures pariétales et occipitales, et abandonne alors le corps physique — mort dès cet instant.
Ce réseau de vie entoure donc l'atome permanent comme une coquille d’or, semblable au cocon finement tissé du ver à soie; il continue à l'envelopper jusqu’à ce qu’un nouveau corps physique étant formé son épanouissement devienne à nouveau nécessaire. La même chose a lieu pour les particules mentales et astrales, de sorteque, lorsqueces corps se sont complètement désintégrés, la triade inférieure apparaît sous la forme d’un noyau de lumière éclatante qui brille dans le corps causal. Ce fait était connu avant même que des observations plus minutieuses n’en aient révélé le sens.
I 3. — Choix des Atomes permanents*
Revenons maintenant au point où la monade s'approprie les atomes permanents des trois plans supérieurs et cherchons à comprendre quelle est l’utilité de ces atomes et dans quel but
L ATOME PERMANENT
la Monade se les est appropriés; les mêmes principes s’appliquent aux atomes permanents de chaque plan.
Il faut se rappeler tout d’abord que la matière de chaque plan se présente sous sept grands types principaux, variant suivant la prédominance de l’un ou l’autre des trois attributs de la matière : inertie, mobilité, rythme. Les atomes permanents pourraient donc être pris dans n’importe lequel de ces types, mais en réalité une même Monade les prend uniquement dans un seul type. De plus, tandis que, sur les trois plans supérieurs ce sont les hiérarchies dont nous avons parlé plus haut qui prennent soin de rattacher les atomes permanents au fil de vie, dans le cas présent, c’est la Monade elle-même qui s’occupe de les choisir. Cette Monade elle-même appartient à l’un ou l’autre des sept grands groupes de la 'Vie, dont il a été question précédemment; à la tête de chacun de ces groupes préside un Logos Planétaire, qui « colore » le groupe tout entier, et les Monadessont groupées par « colorations », chacune d’elles étant « colorée par son Étoile-Père (i) ». C’est là ce qui constitue la caractéristique dominante chez chacun de nous, notre « couleur fondamentale », notre
(i) Voir The Pedigree of Man, p. 24.
« note tonique » notre « tempérament ». La Monade a le choix de décider que son nouveau pèlerinage sera employé à augmenter et renforcer telle ou telle caractéristique spéciale; dans ce cas les Hiérarchies attacheront à son fil de vie des atomes appartenant à ce groupe qui, dans la matière, correspond au groupe de vie dont fait partie la Monade. Le résultat de ce choix sera une « couleur », une « tonique », un « tempérament » secondaire qui viendra accentuer, renforcer le premier, et dans l’évolution subséquente, les pouvoirs et les faiblesses de ce double tempérament se montreront dans toute leur force.
La Monade peut aussi décider d’employer son nouveau pèlerinage à développer un nouvel aspect de sa nature; les Hiérarchies attacheront à son fil de vie des atomes appartenant à un groupe de matière, correspondant à un groupede vie nouveau, groupe dans lequel prédomine Taspect que la Monade veut développer. Ce choix aura pour résultat une « couleur », une « tonique » un « tempérament » secondaire.
Ce dernier choix est sans aucun doute le plus fréquent, car il tend à produire une complexité de caractère plus grande, spécialement dans les derniers stades de l’évolution humaine, lorsque
l'atome permanent
rinfluence de la Monade se fait sentir avec plus de puissance.
Comme nous Tavons dit plus haut, tous les atomes permanents semblent être pris dans un seul et même groupe de matière, de sorte que les atomes permanents de la triade inférieure correspondent avec ceux de la triade supérieure. Mais sur les plans inférieurs, l’influence qu’ont ces atomes sur la détermination du type des matériaux qui devront être employés dans la formation des corps dont ils sont les centres générateurs — question sur laquelle nous aurons à nous arrêter dans un instant — est limitée et empêchée dans une grande mesure par d’autres causes. Sur les plans supérieurs les corps, une fois établis, sont relativement permanents et reproduisent d’une façon définitive la tonique de leurs atomes permanents, si enrichie que soit cette tonique par d’autres notes secondaires augmentant tans cesse en subtilité dans leur harmonie; tandis que, sur les plans inférieurs, bien que la note tonique des atomes permanents reste la même, des causes nombreuses et variées viennent, comme nous allons le voir, influencer et déterminer le choix des matériaux qui entreront dans la composition des corps.
§ 4 . — Utilité des Atomes permanents.
Tout ceci peut se résumer ainsi :
Les atomes ont pour fonction de conserver en eux-mêmes, sous forme de pouvoirs, les résultats de toutes les expériences par lesquelles ils ont passé. Il nous sera peut-être plus facile de prendre comme exemple l’atome physique, car il est plus commode à étudier que ceux des plans supérieurs.
Un impact physique quelconque donne naissance dans le corps qui le reçoit, à des vibrations correspondant à sa nature propre; ces vibrations peuvent etre locales ou generales selon la nature et la force de cet impact. Mais, qu elles soient locales ou générales, ces vibrations sont dans tous les cas transmises par la trame de vie et même, dans les impacts violents, par simple choc, et atteignent l’atome physique permanent. Cette vibration imposée de l’extérieur à l'atome permanent, devient dans cet atome un pouvoir vibratoire — une tendance, inhérente dès lors à l’atome, de reproduire cette vibration.
Durant la vie physique le corps reçoit des impacts en nombre infini; pas un seul ne le frappe sans laisser son empreinte sur l’atome permanent, apportant ainsi à celui-ci une nouvelle
l’atome permanent
possibilité de vibration. Les résultats de toutes les expériences physiques restent emmagasinées dans l’atome permanent sous forme de pouvoirs vibratoires. Lorsque la vie physique arrive à son terme, l’atome permanent a accumulé ainsi d’innombrables pouvoirs vibratoires, c’est-à-dire, a appris à répondre d’une infinité de façons aux impacts du monde extérieur, a appris à reproduire en lui-même les vibrations qui lui sont envoyées parles objets qui l’entourent.
Le corps physique se désintègre à la mort; les particules qui le composent s’éparpillent, emportant en elles-mêmes le résultat des expériences par lesquelles elles ont passé — comme le font du reste journellement toutes les particules de notre corps, qui meurent continuellement dans un organisme pour renaître dans un autre. Mais l’atome permanent, lui, demeure; il est le seul atome qui ait passé par toutes les expériences auxquelles prennent part ces agglomérations toujours changeantes qui constituent ce que nous appelons notre corps — et il s’est approprié les résultats de toutes ces expériences. Enveloppé dans sa chrysalide d’or, il sommeille pendant les longues années durant lesquelles le Jivâtmâ auquel il appartient passe par d’autres expériences dans d’autres mondes ; il reste insen-
sible à ces expériences, étant incapable d’y répondre, et sommeille paisiblement pendant toute sa « nuit (i) ».
Lorsqu’arrive le moment de se réincarner, lorsque la présence de l’atome permanent rend possible la fécondation de l’ovum d’où croîtra le nouveau corps (2), sa note tonique retentit, et devient l’une des forces qui guident le Constructeur éthéré, l’Élémental chargé de façonner le nouveau corps et de choisir les matériaux appropriés à ce travail, car il lui est impossible d’employer des matériaux qui ne puissent, dans une certaine mesure, s’harmoniser avec l’atome permanent. Mais ce n’est là qu’uNE des forces ; le Karma des vies passées, Karma mental ou émotionnel, Karma envers autrui, exige des matériaux capables de fournir les expressions lesplus variées. De tout ce Karma, les Seigneurs du Karma choisissent celui qui convient le mieux au cas présent, c’est-à-dire celui qui peut trouver expression dans un corps appartenant à un
(1) H.-P. Blavatsky donne quelques explications sur ces « atomes dormants » dans la Doctrine Secrète^ II, p. 710 éd., angl.
(2) H. P. B. donne au nucléus permanent des deux plans et demi inférieurs le nom «d’atomes de Vie ». Elle dit: «Les atomes de vie de notre (prâna) principe vital, ne sont jamais complètement perdus lorsque l’homme meurt ; ils sont transmis de père en fils. » Doctrine Secrète^ II, p. 709, éd.angl.
l’atome permanent
groupe matériel particulier; cette masse de Karma, dont l’influence passe avant celle de Tatome permanent, détermine le groupe de matière dans lequel prendra place le nouveau corps, et c"est dans ce groupe que l’Élémental choisit les matériaux capables de vibrer en harmonie avec Tatome permanent, ou du moins ne présentant pas de désaccords pouvant nuire par leur trop grande violence. L’atome permanent n’est donc, ainsi que nous l'avons dit, qu’une seule des forces qui déterminent la troisième « couleur » tonique, ou tempérament, qui caractérise chacun de nous. C’est de ce tempérament que dépend l’époque de la naissance du corps ; il faut que ce corps vienne au monde à un moment où les influences planétaires physiques conviennent à son troisième tempérament ; c’est ainsi qu’il naît « sous son étoile » comme on dit en astrologie. Il va sans dire que ce n’est pas l’étoile qui impose le tempérament, mais c’est le tempérament qui détermine l’époque de la naissance sous telle ou telle étoile. C’est en cela que réside l’explication des correspondances entre les étoiles — les Anges Planétaires plutôt — et les caractères ; et nous voyons par là de quelle utilité, dans l’éducation, peut être un horoscope érigé avec soin et précision pour dé-
terminer le tempérament personnel d’un enfant.
Il peut sembler vraiment inconcevable que des résultats aussi compliqués, capables d’imprimer leurs particularités sur la matière environnante puissent trouver place dans un espace aussi restreint que celui qu’offre un atome — et cependant il en est ainsi — Et il est bon de noter que la science soutient des idées identiques, puisqu’on suppose que les biophores infinitésimaux de la cellule germinale de Weissmann transmettent à l’enfant les caractéristiques de toute la lignée de ses ancêtres. Tandis que l’une apporte au corps les particularités physiques de ses ascendants, l’autre lui fournit les caractéristiques acquises par l’homme qui se développe pendant toute son évolution. H. P. Blavatsky nous montre ceci très clairement : « Le philosophe embryologiste allemand, passant pardessus Hippocrate et Aristote et se mettant au niveau des enseignements des vieux âryens, montre une cellule infinitésimale à l’œuvre parmi un million d’autres cellules dans la formation d’un organisme, déterminant seule et sans aide par la segmentation et la multiplication constantes l’image exacte de l’homme ou de l’animal futur dans ses caractéristiques physiques, mentales et psychiques... Complétez
l’atome permanent
le plasme physique dont nous venons de parler, la cellule germinale de l’homme avec toutes les potentialités matérielles, par le « plasme spirituel » — ou fluide qui contient les cinq principes inférieurs du Dhyânî à six principes—et vous aurez le secret, si vous êtes assez spirituel pour le comprendre (i). »
Une étude, même sommaire, de l’hérédité physique, à la lumière des enseignements de Weissmann, suffira pour nous convaincre des possibilités d’un corps tel que l’atome. Un individu, par exemple, reproduit les traits d’un ancêtre disparu depuis longtemps, ou bien montre certaines particularités physiques qui caractérisaient une personne plusieurs siècles auparavant ; ou bien encore, nous rencontrons par exemple le nez des Stuart dans une longue suite de portraits : de tels cas de ressemblance se rencontrent à chaque instant. Pourquoi, alors, y aurait-il quelque chose d’extraordinaire à ce qu’un atome accumule en lui-même, non des biophores comme la cellule germinale, mais des tendances à répéter d’innombrables vibrations déjà vécues ? Il n’y a là aucune difficulté d’espace, pas plus qu’il n’y en a à tirer d’une seule et même corde, en passant dessus un (i) Doctrine Seçrètey I, p. 212-213,
archet, plusieurs notes différentes, chacune de ces notes renfermant elle-même plusieurs sousnotes. Il ne faudrait pas nous représenter l’espace étroit qu’offre Tatome encombré d’un nombre infini de corps en vibration, mais comme occupé par un nombre limité de corps, chacun d’eux étant capable de donner naissance à d’innombrables vibrations.
En réalité cette difficulté d’espace n’est qu’illusoire, car il n’y a pas plus de limites à l’infiniment petit qu’à l’infiniment grand. La science moderne voit dans l’atome un système de mondes qui tournent, chacun dans son orbite particulière, le tout offrant l’apparence d’un système solaire. Ce grand maître de l’illusion, l’Espace, pas plus que son frère en pouvoir, le Temps, ne saurait nous intimider. Il n’y a pas de limite aux possibilités de divisions de la pensée ; il n’y en a par conséquent pas non plus pour cette expression de la pensée que nous appelons la matière.
Le nombre normal de spirilles à l’œuvre dans les atomes permanents est de quatre dans la quatrième Ronde, de même que dans les atomes ordinaires non attachés composant la matière dans son ensemble à ce stade d’évolution. Mais prenons l’atome permanent du corps d’un
L*ATOME PERMANENT
homme très développé, un homme très en avance sur ses semblables, nous trouverons probablement dans Tatome permanent cinq spirilles en pleine activité. Essayons de voir quelle influence cet état de choses peut avoir sur les matériaux composant son corps dans son ensemble. Durant la vie prénatale, la présence de cet atome permanent à cinq spirilles aurait obligé rÉlémental Constructeur à choisir, parmi les matériaux à sa disposition, n^importe quels atomes similaires disponibles. En général, il en serait réduit à employer ceux qu’il pourrait trouver, ceux qui auraient été temporairement en relation avec un corps quelconque dont le centre serait un atome permanent à cinq spirilles. La présence de cet atome aurait fait naître, dans tous ceux avec lesquels il aurait été en contact, une activité correspondante à la sienne, spécialement — peut-être uniquement— si ces atomes avaient fait partie du cerveau ou des nerfs de cet individu très développé. La cinquième spirille serait devenue plus ou moins active en eux et, bien qu’elle fût retombée dans l'inactivité dès que l’atome abandonne le corps, son activité temporaire l’aurait prédisposée à répondre plus facilement, par la suite, au courant de vie monadique. C’est donc parmi ces atomes autant que
possible que l'Élémental choisirait ses matériaux. Si Toccasion s’en présentait, il pourrait aussi s’approprier, dans le corps du père et de la mère, — à la condition que ces corps fussent d’ordre élevé — les atomes dont il pourrait s’emparer, pour les prendre sous sa dépendance.
Après la naissance et durant la vie entière,un tel corps attirerait à lui tous les atomes similaires qui viendraient à entrer dans son champ magnétique. Ce corps, s’il se trouvait en compagnie de personnes hautement développées, profiterait de cette promiscuité à un degré exceptionnel, attirant à lui tous les atomes à cinq spirilles qui pourraient se trouver dans la pluie de particules qui s’échappent du corps de ces personnes, et il profiterait ainsi physiquement, mentalement et moralement, de leur compagnie.
L’atome permanent astral a autant de rapports avec le corps astral que l’atome permanent physique en a avec le corps physique. À la fin de la vie astrale, dans le Kâmaloka — le Purgatoire — la trame d’or de la vie se sépare du corps astral, l’abandonnant à la désintégration, comme précédemment le corps physique, et enveloppe l’atome astral permanent en vue de son long sommeil. Des relations semblables existent entre la particule permanente mentale et le corps
l’atome permanent
mental durant la vie physique, astrale et mentale; durant les premiers stades de révolution humaine, les brèves existences dévachaniques occasionnent peu d’améliorations, de progrès, dans l’unité mentale permanente, non seulement à cause de leur brièveté, mais aussi et surtout parce que les faibles formes-pensées engendrées par l’intelligence peu développée n’affectent que d’une façon insignifiante cet atome permanent. Mais lorsque le pouvoir de là pensée s’est développé, la vie dévachanique devient une période de grands progrès; d’innombrables énergies vibratoires sont emmagasinées pour s’épanouir dans toute leur force lorsque arrive le moment de construire un nouveau corps mental pour un nouveau cycle de réincarnation. Au terme de la vie mentale, dans le dévachan, la trame d’or se sépare du corps mental, l’abandonnant lui aussi à la désintégration, et va envelopper la particule mentale permanente; la triade inférieure d’atomes permanents reste dès lors seul représentant des trois corps inférieurs.
Ces atomes, comme nous l’avons dit précédemment, sont emmagasinés sous forme de particules rayonnantes, semblables à un noyau de lumière, dans le corps causal. Ces atomes sont tout ce qui reste à l’Ego des corps qu’il a occupés
dans les mondes inférieurs, lorsque le cycle de ses expériences est terminé, et ils ont été ses moyens de communication avec les plans inférieurs durant la vie de ces corps.
Lorsqu’arrive l’heure de la renaissance, un tressaillement de vie provenant de l’Ego vient réveiller l’unité mentale; la trame de vie commence à se développer à nouveau et l'unité permanente entrant en vibration, agit comme un aimant, attirant à elle les matériaux dont les pouvoirs vibratoires sont semblables aux siens, sont en accord avec les siens. Ce sont les Êtres de Splendeur du Second Règne Élémental qui amènent ces matériaux à sa portée; pendant les premiers stages de l’évolution ils façonnent la matière en un nuage sans consistance entourant l’unité permanente, mais à mesure que l’évolution progresse, l’Ego exerce sur ce façonnement de la matière une influence qui devient de plus en plus sensible. Dès que le corps mental est partiellement formé, le tressaillement de vie vient réveiller l’atome astral et le processus se répète d’une façon identique. Finalement ce tressaillement de vie atteint l’atome physique et agit de la façon que nous avons décrite aux pages 65 et 66.
On demande souvent : Comment ces atomes
l’atome permanent 109
permanents peuvent-ils être emmagasinés dans le corps causal sans perdre leur nature physique, astrale ou mentale, puisque le corps causal existe sur un plan plus élevé, sur lequel le corps physique, en tant que physique, ne saurait prendre place? Ceux qui posent cette question oublient que tous les plans s’interpénétrent et qu’il n’est pas plus difficile pour le corps causal d’envelopper la triade des plans inférieurs que pour cette triade elle-même d’envelopper les centaines de milliers d’atomes composant les corps mental, astral et physique qui sont sa propriété durant une période d’existence terrestre. La triade forme une particule minuscule, dans le corps causal ; chaque partie constituante de cette particule appartient à son plan particulier; mais comme les plans ont partout des points de contact, il n’y a aucune difficulté à ce que ces parties se juxtaposent comme il est nécessaire. Nous sommes tous sur tous les plans à tous les instants de notre vie.
§ 5 . — Action exercée par la Monade sur LES Atomes permanents.
Nous pouvons nous demander ici : Y a-t-il quelque chose que l’on puisse proprement dé-
im ÉTÜDE SUR LA CONSCIENCE
nommer action monadique — action de la Monade sur le plan Anupâdaka — sur l’atome permanent? D’action directe, il n’y en a certainement pas et il ne peut y en avoir, avant que la triade spirituelle, à l’état de germe, n’ait atteint un stage avancé de l’évolution; mais il y a à tout moment une action indirecte, une action sur la triade spirituelle qui réagit elle-même sur la triade inférieure. Mais dans la pratique nous pouvons considérer cette influence comme celle de la triade spirituelle elle-même qui, ainsi que nous l’avons vu, est la Monade voilée de matière plus dense que celle de son plan à elle.
La Triade spirituelle, baignée comme elle l’est dans le torrent de la Vie, dérive du Deuxième Logos la plus grande partie de son énergie, et toute la capacité directrice de cette énergie. Ce qu’on pourrait appeler son activité particulière n’a aucun rapport avec l’activité façonnante et édificatrice de la Seconde Vague de Vie; son intérêt, associé au Troisième Logos est d’évoluer, avec lui, l’atome même. Cette énergie venant de la triade spirituelle se limiteaux sous-plans atomiques et jusqu’à la Quatrième Ronde semble ne s’occuper que des atomes permanents. Elle s’occupe d’abord uniquement à façonner et ensuite à vivifier lesspirilles formant la paroi de l’atome.
l’atome permanent
Le vortice — qui est l’atome lui-même — est la vie du Troisième Logos; mais la paroi des spirilles est construite graduellement sur la surface externe de ce vortice durant la descente du Deuxième Logos; elle n’est pas vivifiée par Lui, mais simplement tracée d’une façon légère à la surface de ce vortice de vie tourbillonnante.
Ces spirilles restent, en ce qui concerne le Deuxième Logos, de simples canaux pelliculaires sans emploi; mais, à mesure qu’elle descend, la vie de la Monade pénètre dans le premier de ces canaux et le vivifie, de telle sorte qu’il devient un organe actif dans l’atome. Ce processus se poursuit pendant les Rondes successives, et lorsque nous atteignons la quatrième Ronde, nous trouvons quatre courants de vie distincts venant de chaque Monade, et circulant dans quatre groupes de spirilles, dans les atomes permanents appartenant à chacune d’elles. Mais, tandis qu’elle travaille ainsi dans les atomes permanents et joue le rôle d’un noyau autour duquel se forme un corps, la Monade commence à agir aussi de la même façon dans les atomes qui se trouvent attirés autour de cet atome permanent, et vivifie leurs spirilles à leur tour; cette vivification toutefois n’est que temporaire et non continue comme dans Tatome permanent. Elle fait ainsi
entrer en activité ces pellicules, si ténues qu’elles semblent une simple nébuleuse, formées par la Seconde Vague de Vie, et lorsque la vie du corps cesse, les atomes ainsi stimulés retournent au grand réservoir de matière atomique après avoir subi l’influence modificatrice et bienfaisante de cette vie qui les a amenés à l’activité tandis qu’ils étaient en rapport avec l’atome permanent.
Les canaux des spirilles, ainsi développés, recevront avec plus de facilité un nouveau courant de vie semblable, lorsqu’ils feront partie d’un autre corps dans lequel ils entreront en relation avec un atome permanent appartenant à une Monade quelconque.
Ce travail se poursuit sans interruption sur le plan physique, le plan astral et sur le plan mental dans l’atome permanent mental ; les matériaux avec lesquels la Monade se trouve en rapport d’une façon continue ou simplement temporaire s’affinent peu à peu. Cette évolution des atomes se poursuit sans interruption, sous l’influence des Monades. Les atomes permanents évoluent plus rapidement, étant en rapport continu avec la Monade, tandisque les autres atomes profitent simplement des avantages que leur procure une association temporaire répétée avec les atomes permanents.
l’atome permanent
Durant la première Ronde de la Chaîne terrienne, le premier groupe de spirilles des atomes physiques entre ainsi en activité sous l’influence de la Vie monadique qui se déverse par la Triade spirituelle. C‘est par ce groupe de spirilles que se déversent les courants prâniques — souffles de vie — qui agissent sur la partie dense du corps physique. Dans la seconde Ronde, le deuxième groupe de spirilles entre en activité et devient le champ d’action des courants prâniques agissant sur le double éthérique. Pendant ces deux Rondes il n’y a encore rien — quant aux formes — qu’on puisse appeler sensations de plaisir ou de douleur. Dans la troisième Ronde, le troisième groupe de spirilles entre en activité et c’est à ce moment seulement qu‘apparaît ce que nous nommons la sensation ; c’est par 1 intermédiaire de ces spirilles que l’énergie kâmique ou énergie des désirs peut affecter le corps physique, et que le prâna kâmique peut circuler et mettre ainsi le corps physique en communication directe avec l’astral. Pendant la quatrième Ronde, le quatrième groupe de spirilles s’éveille et le prâna kâma-mânasique y circule librement, préparant les spirilles à l’usage qui en sera fait dans la construction du cerveau, qui plus tard deviendra l’instrument de la pensée.
Lorsqu’un être humain quitte révolution normale pour entrer dans cette évolution anormale qui constitue la préparation à l’entrée, et l’entrée elle-même, sur ce Sentier qui se trouve au delà de l’évolution normale, une tâche d’une difficulté extrême s’offre à lui dans la personne de ces atomes permanents ; car il va avoir à vivifier des groupes de spirilles en plus grand nombre que ceux qui sont en activité chez les hommes de son époque. En qualité d’homme de la quatrième Ronde, il a déjà à son service quatre groupes de spirilles. Il commence à en vivifier un cinquième et fait ainsi entrer en activité un atome de la cinquième Ronde tandis qu’il se trouve encore dans un corps de la quatrième Ronde. C’est à cela qu’il est fait allusion dans quelques-uns des premiers ouvrages théosophiques lorsqu’il est dit : que des « Hommes de la cinquième Ronde» et de la «sixième Ronde»
apparaissent dans notre humanité présente. Ces êtres ont évolué dans leurs atomes permanents le cinquième et le sixième groupe de spirilles, ce qui met à leur disposition un instrument grâce auquel leur conscience, hautement évoluée, pourra se manifester d’une façon plus complète. Cette transformation s’opère par certaines pratiques de la yoga ; mais leur emploi demande
L ATOME PERMANENT
beaucoup de prudence, car elles pourraient occasionner des lésions dans le cerveau dans lequel ce travail d’élaboration se fait, ce qui arrêterait tout progrès dans ce sens, durant l’incarnation présente.