‹ Étude sur la cure radicale des herniesChapitre 1 sur 12 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le pansement antiseptique, en permettant d’accomplir presque sans danger des opérations auxquelles on n’eût pas osé penser sans lui, a conduit les chirurgiens modernes à êlre plus audacieux, sans s’écarter des règles de la prudence. C’est ainsi que l’ovariotomie, la laparotomie sont pratiquées avec succès en Europe et en Amérique. Il était donc tout naturel de penser qu’un our ou l’autre on appliquerait celte méthode à une

I opération qui, de tout temps, a préoccupé les chirurgiens, à savoir la cure radicale des hernies. Aussi, tandis que cette opération était absolument abandonnée en France depuis les travaux de Gerdy, qui a été en somme le promoteur de toutes les méthodes qui onJ

pour principe l’invagination, elle était communément praliquéeà l’étranger et particulièrementen Angleterre, en Amérique et en Allemagne.

La dernière thèse soutenue sur ce sujet en France, l’a été en 1 866. Elle est de M. le Dr Brillaud (1). Nous pourrions cependant citer une thèse de Galland, 1878, qui a pour titre : « De l’occlusion du péritoine par la ligature élastique après la kélotomie » ; celte opération ayant en somme une grande analogie avec la méthode qui consiste à lier le sac et à le réséquer.

Nous avons donc pensé qu’il serait intéressant de faire connaître les résultats obtenus à l'étranger, et pour cela nous avons dû rechercher les faits éparpillés dans les publications périodiques étrangères. Un excellent ami a bien voulu faire pour nous ces recherches dans la littérature ‘allemande. C’est dans ces travaux préparatoires que nous avons senti toute la difficulté de la lâche. Les procédés employés et décrits comme nouveaux ne sont souvent que des méthodes anciennes, depuis longtemps délaissées. La moindre modification apportée à l’opération suffit à son auteur pour en faire un procédé.

Les observations sont loin d’être toutes publiées; celles qui le sont, sont souvent incomplètes, et le sont presque toujours au point de vue du résultat définitif.

Quoi qu’il en soit, nous avons cherché à classer les procédés dans un certain nombre de méthodes. Puis à l’aide des observations dues à chaque méthode, nous avons essayé d’en déterminer la valeur.

(l) Brillaud, do la cure radicale des hernies ing., 1866.

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Nous avons tâché de ne comparer que des faits semblables, et c’est pour cela que nous avons toujours mis à part les opérations de cure radicale faites à l’occasion d’un étranglement. Celle division a été adoptée déjà par M. le professeur Tilanus (d’Amsterdam), en •1879, dans un rapport au congrès international des sciences médicales.

Nous avons dû faire précéder notre travail d’un historique aussi bref que possible. Car toutes les époques se sont préoccupées de guérir une infirmité aussi gênante, et les essais infructueux des chirurgiens ne décourageaient pas leurs successeurs. Chaque siècle apportait son contingent de méthodes et de procédés. Comme l’a dit Velpeau (1) : « La cure radicale des lier' nies serait une conquête trop importante de la chirurgie, une ressource qui intéresse à trop haut point l’humanité, pour qu’il ne soit plus permis d’en perfectionner, d’en modifier les méthodes, pour qu’il n’y ait pas lieu de se livrer à de nouveaux essais dans le but de l’obtenir. »

Quant à nous, notre principal mérite sera d’avoir fait connaître un grand nombre de cas, et nous saurons nous en contenter, nous rappelant que Malgaigne disait dans ses leçons sur les hernies (Consid. prél., p. 6) : « Sachez-le bien, il est impossible de recueillir et de comparer plusieurs centaines d’observations sur une seule classe d’afïections, sans qu’il en sorte d’importants corollaires. »

(1) Dict. en 30, 1837.

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