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Étude sur la déesse grecque Tyché

L'OcÉANIDE TYCHÉ. — TYCHÉ DÉESSE DE LA RICHESSE CHAMPÊTRE. — TïCHÉ DÉESSE MARINE.

Première mention de Tyché dans Hésiode et dans les Hymnes homériques, comme nymphe des eaux. — A quelle époque Tyché commence t-elle à recevoir un culte spécial ? — Les xoana de Tyché. — Tyché représente à l'origine la richesse qui tire sa source de la fécondité du sol. — Son association avec Agathos Démon. — Tyché déesse marine. — Origine de Tyché.

La déesse Tyché apparaît assez tôt dans la mythologie grecque. Ce n'est qu'après Homère, il est vrai, que les textes et les monuments parlent d'elle avec quelque précision. Homère n'en fait mention ni dans Y Iliade ni dans YOdyssée, comme Macrobe en avait déjà t'ait la remarque 1.

1. Macrobe, Sat. 5, 16 : « Fortunam Ilomerus nescire maluit, et soli deo, quem Mot'ox'j wjeat, omnia regenda committit; adeo ut hoc vocabulum Tû^tq in nulla parle Homerici voluminis nominetur ».

Maison la trouve déjà dans la Théogonie d'Hésiode x et dans l'hymne homérique à Déméter 2. Dans l'hymne homérique, le poète la met au nombre des océanides; elle l'ait partie de la troupe qui joue avec Coré, quand Poséidon vient l'enlever3 : « Nous étions toutes ensemble dans une aimable oc prairie : Leucippe, Phaeno, Electre, lanthé, Mélite, lace chè, Rhodia, Callirhoé, Mélobosis, Tyché et Ocyrhoé, « fraîche comme une (leur... » Dans Hésiode, le nom de Tyché fait partie d'une énuméralion semblable, qui parait avoir été imitée par l'auteur de l'hymne à Déméter : « Unie « à l'Océan, Téthys enfanta les fleuves rapides; elle donna « encore le jour à ces filles divines que les hommes hono- « rent en tous lieux sur la terre en leur sacrifiant leur che- ■ velure comme à Apollon et aux fleuves. C'est un hom- « mage que Zens leur a donné en partage Ce sont Pitho, « Admète, lanthé... Rhodia. Callirhoé :... c'est encore Mé- « lobosis, Thoé, la belle Polydore... Eudore, Tyché, Am- « phirhoé, Ocyrhoé, c'est la nymphe Styx, qui leur est supé- « rieure à toutes. Voilà les filles qui naquirent les premières « de l'Océan et de Téthys. 11 en est encore beaucoup d'autres ; a car il y a trois mille Océanides aux pieds gracieux; ré- « pandues partout, elles veillent sur la terre et sur les source ces profondes, race brillante et divine. »

Quoique Homère ne nomme pas Tyché, son silence cependant ne prouve pas qu'il ne l'ait pas connue. Il est, probable seulement qu'à son époque elie ne s'était pas encore distinguée de ses compagnes, el le poète la confond sans doute dans la foule de ces divinités bienveillantes, inférieures aux grands dieux, mais puissantes déjà parleur nombre et honorées des hommes, auprès desquels elles vivaient, et avec qui elles étaient sans cesse en rapport. Les nymphes, en effet. n'habitent pas l'( llympe : elles n'y pénètrent que dans les occa-

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