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TYCHÉ OCEANIDE 3
sions solennelles, lorsque Zens réunit une assemblée générale de toutes les divinités. Elles assistent aux festins des dieux, niais c'est pour elles un devoir plutôt encore qu'un honneur : « Puisse celui qui gouverne tout, Zens, ne jamais « faire sentir sa force a mon esprit rebelle; puissé-je ne « jamais mettre de lenteur à me rendre vers les dieux pour « les banquets sacrés où l'on immole les bœufs, près du « courant éternel de l'Océan mon père ] ». Ce n'est qu'avec crainte qu'elles approchent les immortels, dont elles redoutent l'amour : « Ah! que jamais, que jamais, ô divines Mœ- « res, on ne me voie m 'approcher de la couche de Zens 2. » Elles n'ont même pas le privilège de l'immortalité, et il nous est resté d'Hésiode un curieux fragment, où le poète calcule la longueur de leur existence : elles vivaient neuf mille sept cent vingt générations d'hommes vigoureux 3. Craintives et mystérieuses, elles préfèrent aux splendeurs de l'Olympe les belles forêts, les sources des fleuves, les prairies humides (rçi'aea) où l'herbe est épaisse 4. Mais si les dieux les tiennent à distance, les hommes du moins, reconnaissants de leurs bienfaits, leur élèvent des autels sur les places de leurs villes, auprès des belles fontaines jaillissantes : « Tout autour s'élevaient des peupliers qui se plaisent à « croître au bord des eaux, et la source glacée de cette fon- « taine se précipitait du haut d'un rocher; à son sommet « était l'autel des Nymphes, où sacrifiaient tous les voya- « geurs 5 ». Tyché, du temps même d'Homère, dut avoir aussi son culte, ses autels et ses offrandes ; elle reçut