LONCLISION DE LA PREMIÈRE PARTIE
eée avec Isis; elle devient la Fortune intelligente et voyante, illuminant de son éclat tous les autres êtres divins quelle résume x : « 0 déesse, toi qui seule es tout, Tyehé, je m'in- « cline devant toi. être aux noms multiples, que sous des « formes diverses tous les peuples adorent; ô Aphrodite, « Adrastée que nous appelons Nuit, Isis et Athèna, légère « Artémis, antique Rhéa, Thémis, Ilestia, Destin changeant, « Espérance décevante, inexorable Mœra. Dioscures. tu es à « toi seule tous les dieux qui parent les temples de la Grèce ; « tu es tout, tu contiens tout en toi. Océanide fille de Zeus et « mère de Zeus. première-née de ta mère la Nuit2! » La Fortune a cessé d'être alors, quoi qu'en dise Lucien, un mot illusoire et vide de sens, inventé par quelques philosophes stupides. et qui n'en impose qu'aux imbéciles 3. Elle a retrouvé, par toute l'étendue du monde Romain, la personnalité et la vie; dans le nouvel état des croyances, elle finit par avoir à la fois un concept plus étendu et une existence plus réelle, plus vivement saisie , que n'importe quel Dieu d'Athènes et de Rome. Curieux exemple des é\olutions de l'idée religieuse dans le monde antique. Sorti de la déesse Nature de l'Asie, le polythéisme semble y retourner, à la veille de disparaître, par l'adoration de la déesse panthéistique: tous les dieux, en nombre infini, dont il avait peuplé le ciel et la terre sont de nouveau noyés au sein de l'être universel.
1. « la tutelam jam receptus es Fortunre, séd videntis, quro suîe lucis spletidore cseteros etiam deos illuminât, » dit le grand prêtreà Lucien qui se fait initier aux mystères d'Isis (Apulée, Métam., XI). Les monuments nous donnent une idée de cette face nouvelle des croyances, dans ces étranges statues (Fortunes Panthees) qui réunissent les attributs de tous les dieux du paganisme.