‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 129 sur 185 · A. H. Smith, Cotai, of engraved gems (1^88), n · texte numérisé non relu

A. H. Smith, Cotai, of engraved gems (1^88), n

5. C. I G. 7'(>4. Parmi les tessères de plomb, dont les ii<->-in- sont variés à l'infini, il s'en trouve une qui reproduit le type de Tyché avec la corne d'abondance et le gouvernail. C'était, semble-t-il le cachet d'un particulier. Bullet. de' corr. hellén., 1884, n" 126 de la planche qui reproduit les plombs.

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et du globe, à la déesse volage, et l'appellation féminine de Tyché appliquée au héros robuste. C'était peut-être une sorte de talisman porté par un athlète, ou une offrande faite à Tyché par un lutteur vainqueur aux jeux. Ce ne serait pas le seul exemple du souvenir dune victoire agonistique consacré par un hommage à Tyché. Une oinochoé à figures rouges, de fabrique athénienne, nous en offre un second qui n'est pas moins intéressant, en ce que Tyché y est représentée sous un type qu'elle n'a pas ordinairement, celui d'une enfant. Dans le petit chariot que traîne un personnage accompagnant Tyché, MM. Lenormant et de Witte, qui ont publié le dessin du vase, soient un emblème de victoire athlétique l.

Souvent aussi on consultait, an moyen des osselets ou des dés, Tyché déesse du hasard, avant de commencer une entreprise. Ce moyen de pénétrer la volonté des dieux par la voie du sort est très ancien. On le rencontre pour la première fois à Babylone. Palamède, en consacrant ses dés dans le temple d'Argos, semble avoir regardé Tyché comme présidant plutôt que toute autre divinité à ce moyen de connaître l'avenir, et bien plus tard on trouve encore dans Démosthène l'expression xc cj;j.6àv dwcb xtjç xôyjrjç pour désigner la décision du sort ?. Les dés très souvent étaient remplacés par des osselets. On a un assez grand nombre de figurines représentant des joueuses d'osselets. M. Ileuzey. interprétant le sens religieux de ces statuettes, y voit un contraste exprimé entre la mort et la jeunesse qui joue insouciante à la veille d'entrer au tombeau. Sans s'écarter trop de cette interprétation ingénieuse, on peut voir dans l'osselet le symbole de ce qu'il y a d'incertain dans l'avenir. En Achaïe on trouve les osselets employés dans un des plus anciens oracles de la Grèce, celui dlléraklès de Bura 3. Celui qui voulait consulter l'oracle, après avoir fait une prière devant la statue d'Hraklès,

1. Elite des Monum. céramogr-, t. Il, p. 292, planche 1. XXXIX.

2. Démosth., Midienne, 11. Cf. Epieharme, fragm. 35 : xtz'o ~j//,ï px).sïv.

3. Pausanias,VII, 25, 10 Voir Bouché Leolercq. Hist. delà divinat. dans l'antiq.

prenait quatre dés parmi un grand nombre qui se trouvaient

là. les jetait sur une table, et allait ensuite consulter un tableau pour avoir l'explication du coup qu'il avait amené. <>n a retrouvé en Phrygic. sur l'emplacement de l'ancienne Ormellé '. des fragments de tableaux du même genre que ceux qui existaienl dans le sanctuaire d'IIéraklès. Peut-être y avait-il à Ormellé un sanctuaire spécial où l'on prédisait ainsi l'avenir par l'astragalomancie. D'après ce que donnent à entendre ces fragments épigraphiques, on prenait cinq osselets portant chacun les numéros 1. 3. i. 0: on les jetait, et la combinaison produite par le hasard répondait à un oracle. Quand on amenait trois 1. un 4 et un '.). on obtenait le coup de Tyché heureuse. Tj-/r,[;] fêai^ovoç. L'oracle qui répondait à ce coup était celui-ci : « Ne fais pas maintenant ce « que tu te proposes de faire: ce que les dieux t'empêchent « d'accomplir en te retenant malade, ils le rendront possible « en supprimant cette difficulté, et tout ira bien. » Quand on amenait une combinaison de cinq 3, on avait le coup d'une autre Tyché dont l'épilhète a disparu sur la pierre. Autant qu'on peut le deviner d'après l'inscription très endommagée en cet endroit, l'oracle était l'ait pour ceux qui désiraient avoir des enfant-*, et se terminait par quelques mots d'espoir. Les somnambules modernes, on le voit, n'ont rien inventé, et le fond de ces prédictions fut le même dans tous les temps. Un marbre de Lycie, contenant également des oracles, disposés par ordre alphabétique, faisait aussi mention de Tyché et promettait son aide à celui qui les achetait -. Les songes étaient encore un moyen dont Tyché se servait pour révéler l'avenir à ses adorateurs. En général, c'est Jupiter qui envoie les songes: mais les autres dieux jouissaient du même privilège, la Fortune comme les autres. Ceux qu'envoyait cette dernière avaient-ils un caractère par-

1. Bullet. de corr. hellén. 1884, fasc. 8. Cf. Kaibel, Epigram. grœca, p. 454-460.

2, C. J. G. 4310, cf. 4379, o.

ticulier? Nous n'avons sur ce point qu'un renseignement fourni par Artémidoiv, qui appartient à l'époque des Antonins. époque où le culte de la Tyché grecque avait fait place à celui de 1;» Fortune romaine. « La Fortune, quand « elle apparaît debout sur un globe, annonce des choses fà- (( cheuses (Tuy;*] uovYjpâ), comme l'indique son dangereux sup- « port ; mais elle est toujours favorable quand elle apparaît « assise ou couchée ; car c'est là une position où il n'y a pas « de chute à craindre. Plus ses vêtements sont riches et plus « elle est belle, meilleures aussi sont les choses qu'on peut « attendre d'elle. » 1 Le globe est un attribut romain de la Fortune, et la Tû/y; Trompa n'est pas grecque. Mais peut-être sub'siste-t-il encore quelque chose de la tradition grecque dans ce passage de l'écrivain d'Ephèse, et l'on a un exemple d'un autel élevé par une femme d'Athènes à Tyché après un songe où la déesse avait dû lui apparaître en personne 2. Enfin, cette divinité dont on attendait la prospérité en ce monde, on la chargeait aussi de veiller sur le bonheur des morts dans l'autre vie. On mettait dans les tombeaux des statuettes de terre cuite représentant Tyché 3, et assez fréquemment son nom se retrouve sur les inscriptions funéraires. La douleur des parents ou des amis du mort ne parle d'ailleurs qu'avec une amère résignation de cette divinité qui leur ravit les êtres qu'ils ont aimés. En voici un exemple, dans une élégante épitaphe du icr siècle de J.-C, découverte à Cyrène : un parent ou un ami déplore le sort de Capiton, enlevé subitement à l'âge de vingt-quatre ans, dans la nuit qui devait être celle de ses noces. « File a fait bien « courts, ô Capiton, les instants qui ont séparé ta vie de ta « mort, ta tombe de ton lit nuptial, la déesse Tyché. Nuit « mensongère, nuit impitoyable! Adieu les chants des flûtes.

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