Iliade, V, 313; VI, 423; XI, 106; XX. ISS
3. Voir Schœmaim, Antiq. grecques traduct. Galuski, p. 81 : « Les Grecs de Và.ge homérique ne franchirent pas sur mer «les espaces plus vastes que l'intervalle qui sépare la Grèce de l'Asie-Mineure et des îles semées sur la côte. L'Italie, si proche, leur est inconnue, et une traversée en Phénicie ou en Egypti une hypothèse inadmissible. Ce ne sont pas par conséquenl des Grecs, mais les Phéniciens mêmes ou quelques intermédiaires qui ont apporté de Phénicie les marchandises phéniciennes dont il es1 souvenl fait mention... . La mer q
pare la Grèce de la Lybie paraît immense à Nestor; un oiseau, dit-il, ne pourrait la franchir en un an Le commerce que des marins Grecs auraient entretenu avec l'Orient dès lui'.' héroïque esl donc une pure imagination.
pour Tyché. A son caractère champêtre s'en ajouta un autre, et elle devint une déesse marine, que prirent l'habitude d'invoquer les matelots en danger, ainsi que ceux qui couraient après la richesse sur les voies de mer et dont la fortune était sans cesse en péril.
La qualité de fille de l'Océan qu'Hésiode, dès le début, avait attribuée à Tyché, rendit facile et naturelle cette modification. Bien que l'Océan représente surtout les eaux fertilisantes des sources et des fleuves, par opposition à Pontos, dieu de l'eau salée qui baigne les sables inféconds (tcovtoç àTpjv£To;), il pouvait cependant être pris dans une acception beaucoup plus générale, et Homère a pu en faire le père commun de tous les fleuves, de toute la mer1. Nérée, le vieillard marin [-(ipm âXioç), n'est en réalité qu'une forme de l'Océan considéré comme le père des Êtres L' ; la parenté est étroite entre les Néréides et les Océanides, et il n'est pas étonnant que Tyché ait pu emprunter aux premières leur caractère de déesses de la mer. Mais, en se transformant ainsi, Tyché conserve cependant la bienveillance et la bonté pour lesquelles on l'honorait. C'est sous les traits d'une déesse secourable et tutélaire qu'elle nous apparaît par exemple dans Y Agamemnon d'Eschyle. Le héraut d'Agamemnon, répondant au chœur qui lui demande si Ménélas accompagne son maître, raconte qu'une affreuse tempête a dispersé les vaisseaux grecs à leur départ d'Ilion : « Ennemis irré- « conciliables auparavant, le feu et l'eau s'étaient ligués, « conjurés pour notre perte; le gage de leur réconciliation « devait être la destruction de la malheureuse armée des « Grecs. C'est pendant la nuit que commencèrent la tempête « et nos malheurs. Les vaisseaux poussés les uns contre les (( autres par le vent de Thrace se heurtaient de la proue « comme des béliers de leurs cornes et se brisaient, en proie