‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 135 sur 185 · Id.. Iles de Thrace. n · texte numérisé non relu

Id.. Iles de Thrace. n

une forme de Minerve '. et elle y avait comme telle un culte ancien ci national 2. Ce caractère de divinité poliade que les Athéniens attribuaient à ïyché ressort nettement du choix qu'on avait l'ait du Prytanée pour lui élever une statue : on voulait que ta déesse veillât sur les délibérations du sénat : c'était en son nom et sous sa protection qu'étaient rédigés les décret^ publics: et, comme .Minerve elle-même, elle figure sur les monnaies attiques. Klle y est rappelée quelquefois seulement par l'un de ses attributs, par le gouvernail sons les pieds de la chouette 3; mais d'autres fois, le symbole est remplacé par la déesse elle-même tenant la patère et la corne d'abondance 4. C'est celte Tyché qu'Aristophane, par allusion à la Fortune d'Athènes, l'ait invoquer par les Oiseaux de Néphélococcygie qui vient d'être fondée 5. 11 est tout simple que, mise ainsi à côté des divinités prolectrices des cités pour personnifier leur action, Tyché ait fini par représenter elle-même une divinité poliade et par être invoquée au même titre qu'elles.

Une antre cause qui dut, nous semble-t-il, contribuer singulièrement à donner une forme bien définie à la notion de la Tyché des villes, fut l'habitude qu'avaient les Grecs de personnifier les cités, les peuples, les contrées, sous la figure des femmes auxquelles on donnait souvent la couronne tourelée. On ne sait pas au juste à quelle époque remontent, dans l'histoire de l'art, les figures allégoriques ornées de ce signe distinctif6. Déjà Homère appelle les murs de Troie Tpctvjç îepà xpr)&e{Jt.va, « les mitres sacrées de la cité. » Il n'y a là sans doute qu'une image poétique : la ville est comme

i. Lenormant et de Witte, Elite des Monum. céramogr. II, p. 86, note 1.

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