Mionnet, Thessalie. a
des rois Azès », on reconnaît une imitation du dieu fluvial de la Tyché d'Antioche, dans la figure placée sous les pieds de Neptune l.
Cette extension surprenante de la Tyché d'Antioche prouve qu'elle n'avait pas eu trop à souffrir de l'installation auprès d'elle d'une antre Fortune qui avait cependant pour elle l'appui des vainqueurs de l'Asie. La nouvelle venue avait été apportée à Antioche par César, lors de son passage dans la ville, quand, parti d'Alexandrie pour aller combattre Pharnace, il traversa la Syrie (47 av. J.-C). Au fond d'une basilique qui fut appelée, de son nom, Caesarium, et qu'il fit construire pour plaire à une population toujours avide de somptuosités nouvelles, il fit dresser la statue d'airain de Tj/y) P(Î)[jly)ç -, représentée sans doute, comme elle l'est le plus souvent sur les monnaies, et comme l'était aussi la Tyché d'Antioche, avec une couronne murale et une corne d'abondance. Dans la même basilique, en face de l'image de Rome se dressa aussi celle du dictateur 3. Il y avait quelque droit : avant son arrivée à Antioche, il s'était fait précéder d'un décret déclarant la ville sainte, inviolable, autonome, souveraine et capitale de l'Orient 4. Les empereurs romains continuèrent à Antioche la bienveillance que lui avait témoignée César, et c'est peut-être pour cette raison que la ville remplaça souvent sur ses monnaies les épis que tenait Tyché par une palme, insigne de victoire et de puissance, et allusion flatteuse aux succès de l'empire.
A partir de ee moment jusqu'au règne de Julien, il n'est plus question de la Tyché d'Antioche : les monnaies seules continuent à nous la représenter toujours sous le même
1. Raoul-Rochette, ,/<»/;),/. des Sav., 1836., p. 202. On trouve aussi une figure fluviale sous les pieds d'Astarté sur une monnaie de Césarée en Palestine, frappée à l'époque d'Hadrien (Vaillant, 1, p. 223, <;ilit. 168S). Comme il n'y avait pas de fleuve à Césarée, Vaillant suppose que c'est la représentation du fleuve Adonis qui coulait à Byblos, d'où le culte d'Astarté était venu â Césarée.