Acte- des Apôtres, \i
dépassé la mesure dans La réaction contre ses anciens dieux. Du moins, au temps de Julien, les sanctuaires autrefois vénérés étaienl tout à fail déserts, el l'empereur réprimanda le sénat de ce qu'un jour, s'éiant rendu au temple d'Apollon pour y sacrifier, il n'y trouva ni encens, ni gâteaux, ni victimes; point de concours de peuple, point de jeunes gens rangés en ordre ni de chœurs pour célébrer les louanges ^ïi's dieux : il n'y vit pour tout assistant et pour tout officiant qu'un prêtre ; et pour toute victime qu'une oie l. Le Tychaeon aussi resta sans doute abandonné; ou du moins il semble l'avoir été du temps de Julien. On pourrait en voir une preuve dans la sollicitude particulière que le restaurateur des dieux grecs lui témoigne. « César, dit-il dans le Miso- « pogon - en parlant de lui-même, a sacrifié une l'ois dans « le temple de Jupiter, puis dans celui de la Fortune; et il « est allé trois t'ois de suite à celui de Cérès...; arrive la « Néoménie des Syriens, et César se rend de nouveau au « temple de Jupiter Philius ; ensuite une fête générale, et « César se rend au temple de la Fortune. » L'attitude du peuple, lors de l'une de ces visites de l'empereur au Tychaeon fut même loin de le satisfaire; il ne trouva pas à l'assistance tout le recueillement voulu, et il s'en plaint dans une lettre aux habitants d 'A ntioche : « Si j'entre incognito • dans un théâtre, applaudissez; mais si c'est dans un temple « (il s'agit du Tychaeon), restez tranquilles et réservez vos " applaudissements pour les dieux. Avant tout, les dieux « ont droit à vos applaudissements3. »
Il ne faudrait point cependant se méprendre sur cette attitude irrespect ueuse de la foule et y voir \n\c manifestation hostile à son antique déesse; en réalité, le premier enthousiasme pour la foi chrétienne une fois éteint, les habitants d'Antioche étaient assez vite devenus indiffé-