‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 165 sur 185 · Brunn, Kilnstlergesch., II, 20o · texte numérisé non relu

Brunn, Kilnstlergesch., II, 20o

de bonne époque, él ce morceau peut nous donner une idé<de ce que devail être le dessin de la peinture d'Apelle '.

3. — La conception de Tyché comme déesse marine, s'exprime surtout par son association avec d'autres divinités de la mer. Cependanl on la trouve aussi quelquefois seule : du moins nous croyons qu'il est difficile de ne p;ts la reconnaître sur certaines monnaies autonomes de la ville d'flistiée en Eubée, dont le revers porte l'image d'une femme assise sur une proue, et tenant dans la main gauche un mal auquel est attachée une voile enflée par le vent '-'. Une pierre gravée du British Muséum la représente assise sur un tronc, les pieds reposant sur une proue de vaisseau, et un rouleau dans la main droite 3. De même, le passage d'Eschyle que nous avons eu l'occasion de citer dans un précédent chapitre, et dans lequel un des soldats d'Agamemnon raconte que Tyché est venue s'asseoir à leur bord et les sauver de la tempête, semble avoir été présent à l'esprit de l'auteur d'un curieux bas-relief, formant le devant d'un sarcophage trouvé dans les jardins du palais Colonna à Rome. On y voit la déesse Tyché, nue jusqu'à la ceinture, avec une corne d'abondance en partie brisée qu'elle devait tenir de la main gauche, et assise sur un vaisseau auprès du gouvernail. Le vaisseau, chargé de marchandises, entre au port après l'heureuse traversée accomplie sous la protection de la déesse. Le pilote (une partie du corps a disparu) devait avoir la main droite sur le gouvernail et tenir de la main gauche les cordes qui ont servi à carguer les voiles. Sur le rivage, une divinité féminine est étendue à terre et le bras gauche appuyé sur une corbeille de fruits. Elle tenait peut-être aussi, comme Tyché, une corne d'abondance. Au-dessus d'elle, un homme passe sur un char attelé de deux chevaux : c'est le voyageur débarqué et arrivé à destination 4.

1. Voir le dessin du bas-relief dans Schœne, Griech. Reliefs, n° 107.

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